Abbas Bayat : « Séparer les émotions de la gestion »

BASTIEN DOYEN

mardi 01 mai 2012, 08:50

Lundi soir, Michel Lecomte et son équipe accueillaient le président du Sporting de Charleroi, Abbas Bayat, conspué par les supporters après le titre de son club en division 2. Fidèle à son image, il est revenu sur la montée du club carolo en division 1 et son implication dans celui-ci.

Abbas Bayat : « Séparer les émotions de la gestion »

©Belga

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« Je veux vendre le club. Mais il faut une offre acceptable pour le céder. En attendant, je n’exclus pas d’être encore le président du Sporting de Charleroi la saison prochaine » a lancé Abbas Bayat, adoptant une attitude défensive sur le plateau de « La Tribune », émission diffusée sur la RTBF lundi soir.

Avant d’évoquer sa relation avec les supporters et l’objectif poursuivi lors de la saison écoulée. « Dans la vie, les gens ne doivent pas toujours être d’accord avec ce que vous entreprenez. Il ne faut pas se focaliser sur les gens qui trouvent que vous ne travaillez pas bien. Mon seul objectif était de retourner en division 1. Et dans un moment comme celui-là, nous devions concentrer nos forces sur ce but. On a réduit les coûts au minimum et fait en sorte d’avoir des joueurs capables de jouer en division 2 afin de pouvoir revenir parmi l’élite. À présent, c’est fait et l’on peut à nouveau entreprendre de reconstruire quelque chose pour redonner vie au football à Charleroi. Par le passé, j’ai souvent insisté auprès des entraîneurs pour que des jeunes soient intégrés au noyau et que certains figurent dans le onze de base. » Une façon pour le président de montrer qu’il n’a pas oublié l’école des jeunes dont la gestion est souvent critiquée.

« Séparer les émotions de la gestion »

« Au départ, je ne suis pas arrivé à Charleroi pour gagner de l’argent. Mais c’est devenu commercial lorsque je suis tombé dans ce club avec des mauvaises informations financières. Si j’avais eu les vraies données, je ne serais jamais venu. Après la reprise, il fallait créer une société commerciale avec une capacité financière pour maintenir le club sur pied. » a déclaré Abbas Bayat qui a reconnu des problèmes de gestion par le passé.

« Oui, nous avons fait des erreurs. Je n’étais pas souvent là non plus. D’autres responsables étaient en charge de certains dossiers mais je ne veux pas discuter de cela, ici sur le plateau. J’ai dû me séparer de certaines personnes parce que lorsqu’il y avait des actions illégales qui prenaient place dans le club, il fallait réagir. Et ce n’est pas uniquement Moggi Bayat qui a permis au club de redresser financièrement la barre. Mais je ne veux pas parler davantage de la cuisine interne qui reste de l’ordre du privé. Mais j’assume simplement ma responsabilité en tant que directeur dans un club dans lequel je travaille comme dans n’importe quelle autre société. »

Souvent critiqué pour son manque d’écoute à l’égard des supporters Carolos, Abbas Bayat a rappelé qu’il avait permis la conservation d’un club de football dans la région. « Douze ans plus tôt, il n’y avait aucun espoir de garder un club de football à Charleroi où il n’y a pas grand-chose à part cela. On ne doit pas toujours prendre plaisir dans ce que l’on fait, ce sont les affaires. Les gens qui m’aiment sont ceux qui doivent m’aimer à mes yeux, c’est suffisant. On ne peut pas m’imposer une vision sur la gestion d’un club de football. Et personnellement, j’estime qu’il faut séparer les émotions de la gestion. Aujourd’hui, la remontée, ce n’est pas l’œuvre à 100 % d’Abbas Bayat. »

Enfin, Abbas Bayat ne s’est pas opposé à un rachat du club par un groupe de supporters qui souhaiterait réellement s’impliquer dans celui-ci. Sans pour autant fixer publiquement le montant exigé par ses soins pour la revente du club.