Le week-end foot en un coup d'œil

VINCENT JOSEPHY

lundi 30 avril 2012, 13:56

Anderlecht pourrait être champion dès ce mercredi. Hazard a brillé avec Lille. Le derby mancunien le plus important depuis des lustres se joue ce lundi soir.

Les visiteurs du week-end

Mercredi, le Sporting d'Anderlecht pourrait théoriquement remporter méritoirement un nouveau titre de champion de Belgique. Pour ce faire, il faudrait que le Standard s'impose à Bruges, mardi et que lui-même se joue de Gand, mercredi, devant son public qu'il entend enfin gâter à sa juste valeur.

Histoire, aussi, qu'on n'entende plus les mouches voler et les sifflets résonner dans les travées du stade Constant Vanden Stock. Bref, s'il a foiré au début de ces playoffs, le club bruxellois a, depuis, parfaitement redressé la barre, notamment en déplacement, où il vient d'aligner deux succès convaincants, à Bruges et, surtout, à Genk, vendredi. « Je me demande si je ne vais pas demander que l'on joue tous nos matchs à l'extérieur », a même plaisanté ce facétieux Ariel Jacobs après la rencontre.

Au-delà de cette démonstration de maturité et d'efficacité anderlechtoises, il est symptomatique de constater qu'hormis Gillet (qui traînait quand même un peu la patte depuis son changement de coiffure), les buteurs de ce match rapidement plié et déserté par le malheureux De Bruyne (look de Tintin, orteil cassé, quoi de plus normal ?), ont pour nom Kanu (2) et De Sutter. Deux gars aux profils diamétralement opposés… si ce n'est qu'ils n'entraient pas trop dans les plans de Jacobs, le Guardiola du parc Astrid (4 ans sur le banc, épuisé par la pression).

Au Standard aussi, on a retrouvé un semblant de sourire après ce premier succès acquis dans ces PO1 avec le seul Imoh Ezequiel (18 ans, un physique de spéculoos de combat mais une belle activité) comme attaquant valide. La cinquième place semble en bonne voie. Quoi, elle ne rapporte rien ?

Le tonton haï du week-end

Invité de marque, Abbas Bayat va faire un carton ce soir, à la Troisième mi-temps (Vivacité) puis à La Tribune. Dans quel autre club que Charleroi un président qui a sorti financièrement le club du rouge (laissons-lui cela) et l'a fait remonter directement après sa culbute en D2 (bon, ok, il l'avait légèrement provoquée aussi, mais on ne va pas chicaner, hein ?) se fait huer de la sorte devant plus de 9.000 personnes en folie après une… défaite contre l'AFC Tubize de Dante Brogno ? Ben personne, en fait.

Ce qu'il y a de bien chez tonton Abbas, c'est qu'il ne déroge jamais à ses principes tirés du monde impitoyable des affaires, où il ne connaît pas trop la crise. Si personne ne pense comme lui, c'est qu'il a raison ! Après avoir viré son neveu (qui, depuis, a bien rebondi et fait fortune dans le placement de joueurs moyens), après s'être mis tout le monde à dos au club (joueurs, entraîneurs, employés), il vient de virer Pierre-Yves Hendrickx (une aubaine pour l'Union belge), a dégoûté les icônes du club (dont Beugnies, c'est dire), certains joueurs-clés (dont le capitaine et gardien Coqu, qui a déjà dit qu'il ne resterait pas à ses conditions) et même le… speaker du stade, qui en est resté sans voix.

Restent quelques petites mains et Super-Zèbre, ce qui sera peu pour se maintenir en D1, la saison prochaine. Alors, Bayat va-t-il vendre le Sporting zébré comme il affirme espérer le faire ? Possible, pas certain, parce que les repreneurs ne se bousculent quand même pas dans son bureau de l'avenue Louise. « Je veux bien revendre le club mais pas à n'importe quel prix », a-t-il expliqué. « S'il le faut, je resterai encore. Peut-être bien dix ans ». Ah ouais, quand même.

Le coup de foulard du week-end

Y a pas à dire, il est quand même fort cet Eden ! Et même un peu dingue, finalement. Logiquement nominé, la semaine passée, parmi les candidats au titre de meilleur joueur de Ligue 1 (avec les Montpelliérains Belhanda, Giroud et le Parisien Nené), le feu follet belge du Losc n'est pas seulement le meilleur passeur (13 assists), le meilleur dribbleur et le deuxième meilleur buteur (17 buts) du championnat de France. Il en est « la » star, que tout le monde épie, jalouse, descend aussi, parfois parce que merde, quoi, il n'est pas humain ce type. Et qui peut, sur un coup de génie (ou de folie), influencer tout le championnat.

Dimanche, avant de répéter une fois encore qu'il irait parfaire son anglais de l'autre côté de la Manche, la saison prochaine (le frangin de Ferguson était encore là pour l'épier), Eden a de nouveau éclaboussé le match au sommet qui opposait Lille au PSG de sa classe folle. Incertain durant la semaine après s'être fait entailler l'arrière du mollet par un boucher dijonais la semaine passée, il a finalement su tenir sa place. Et plutôt pas mal d'ailleurs puisqu'après avoir frappé le poteau puis égalisé sur un penalty transformé en force (Messi et Ronaldo peuvent aller se rhabiller), Hazard a permis à son équipe de s'imposer en adressant un centre audacieux via un coup de foulard parfaitement exécuté qui a profité à Nolan Roux pour faire 2-1.

« J'ai préféré faire ça plutôt que que de centrer avec mon pied gauche », a-t-il nonchalamment justifié. Logique et trop simple, en fait ! Du coup, outre le fait que le commentateur du match pour Losc TV en a perdu la voix, il a permis au club nordiste de se rapprocher de sa victime du jour et à Montpellier de faire le trou en tête.

Exceptionnel coup du foulard d'Hazard par LOSCTV

Dans son salon, bien au chaud près de ses poubelles, « Loulou » Nicollin a apprécié en connaisseur. Son équipe de bras (finalement pas si) cassés possédant désormais cinq unités d'avance sur les nantis Qataris-parisiens à quatre journées du terme, le président héraultais peut préparer sa tondeuse pour se faire une coupe à la Jérémy Menez, comme il l'a promis en cas de sacre. Tiens, au fait, juste pour l'anecdote : avec Kombouaré (qui est nominé pour le titre d'entraîneur de l'année), le PSG avait pris 2,1 points/match. Sous Ancelotti, il n'en a pris qu'1,8 par match. Cherchez pas à comprendre…

Le grand huit du week-end

C'est peut-être bien l'image de ce week-end et elle nous vient du Portugal. Dimanche, à Leiria, l'Uniaõ locale, déjà mal embarquée sportivement, s'est lourdement incliné face à Feirense (0-4) et s'est, du coup, encore rapprochée de la D2. Jusque-là, rien de bien anormal, me direz-vous. Mais ce qui est cocasse, c'est de constater qu'au coup d'envoi, il n'y avait que 8 joueurs (dont un junior) sur la pelouse du côté de la formation locale. Huit guerriers qui ont empêché au club un forfait retentissant et qui ont même tenu la dragée haute à leurs hôtes durant 45 minutes avant de craquer, juste avant la pause.

La raison de cette mauvaise farce dont les supporters de l'Uniaõ sont les dindons ? Une gestion financière calamiteuse, des investissements foireux, un vice-président qui démissionne alors que le président essaie vaille que vaille de récupérer un partie de ses billes avec certains joueurs qu'il continue à payer. Et donc à mettre en vitrine, au cas où il y aurait des moins infortunés que lui. Au bout du compte, pas moins de seize joueurs ont claqué la porte la semaine passée, lassés des promesses non tenues, fatigués d'attendre en vain qu'on leur verse le salaire qui leur est dû depuis quatre ou cinq mois.

À Mouscron, les jeunes avaient pris le relais quand le club était au bord de la faillite mais le club avait quand même périclité avant de renaître superbement de ses cendres en promotion puis en D3 (où il a finalement perdu pour la première fois, dimanche). À Leiria, les grévistes ont aussi tenu bon. « Je condamne l'attitude des fugitifs qui ont déserté le club », explique le président João Bartolomeu, furieux. « Nous n'avons pas eu connaissance d'une quelconque résiliation. Nous allons donc activer les tribunaux ». En attendant, l'Uniaõ est loin de faire la force !

Le lundi, c'est derby !

En Angleterre, davantage encore que les trois pions placés par le renaissant Fernando Torres (c'est fou ce que la perspective de disputer d'une finale de Ligue des Champions et d'un Euro peut vous faire bouger le cul après une saison… disons… calamiteuse) dans les filets accueillants de QPR, le nouveau coup de boule victorieux de Marouane « Monchichi » Fellaini ou les diatribes sur le galbe des fesses de Pippa Middleton un an après le mariage de sa frangine, c'est l'impatience liée au « derby de tous les derbies » (copyright Ferguson) qui fait jaser aux zincs des pubs. Manchester – Manchester, enfin on veut dire City-United, c'est le derby mancunien le plus important depuis des lustres. Un véritable combat des chefs avec, en toile de fond, la perspective alléchante d'accrocher un titre de champion que les rivaux historiques de la cité ouvrière du Nord de l'Angleterre se sont disputés ardemment cette saison.

Pointé, il n'y a pas si longtemps à 8 longueurs d'United, City n'a rien à perdre, si ce ne sont ses illusions de grandeur. La bande à Vince « The Prince » Kompany, où Carlos Tevez rêve de jouer un rôle majeur (il était parti fâché d'United en 2009 et avait notamment déclaré : « Je ne retournerais plus jamais à Manchester, même en vacances parce qu'il n'y a rien à y faire » avant de quand même y revenir mais chez le voisin honni), reste intraitable à domicile (49 sur 51 !) et avait infligé un terrible camouflet à son voisin, lors de leur première confrontation en Premier League (1-6 !).

Si City s'impose ce lundi soir, il reviendrait à égalité de points à deux journées du terme. Un peu partout, la pression s'intensifie, comme les railleries…

Les buts du week-end

Parce que demain, c'est congé, on vous propose non pas un mais bien trois buts du week-end, à consommer sans modération.

Il y a d'abord celui de Luis Suarez (comme quoi, ce mec n'est pas qu'un déglingo raciste) pour Liverpool. Fallait oser. Un peu de réussite aussi, qui est l'apanage des grands.

Y a aussi celui de Franco Di Santo, inscrit en fin d'une première mi-temps de folie pour Wigan, contre qui Newcastle a été complètement surclassé. Un but magique pour un succès important pour le maintien. Par moments, Wigan a carrément proposé des séquences de jeu dignes du Barça (qui pour l'anecdote, n'est pas encore morte et a salué le prochain départ de Guardiola en empilant 7 cartouches à Rayo Vallecano). S'il continue de la sorte, Wigan mérite amplement de rester en Premier League.

Forza! pick - Franco Di Santo par Forzamediadivision

Et puis, celui qu'on préfère. Moins beau, mais nettement plus drôle, inscrit à la 94e minute du match Udinese-Lazio par Roberto Pereyra après qu'un petit malin a sifflé les trois coups finaux depuis les tribunes. Tout le monde s'est arrêté à la Lazio et l'Argentin, jusqu'au-boutiste, en a lâchement profité. Bon, ok, ça ne change pas grand-chose, mais il a sa place dans pas mal de bêtisiers.