Le week-end foot en un coup d'œil

VINCENT JOSEPHY

lundi 14 mai 2012, 14:03

Le suspense, les rebondissements et les trahisons ont animé le week-end foot un peu partout en Euroope. Pendant que démarrait une impressionnante valse des entraîneurs en Belgique, Vince "The Prince" Kompany est devenu roi d'Angleterre.Par Vincent Joséphy

Le week-end foot en un coup d'œil

Belga

Le capharnaüm du week-end

Rendez-vous tous les lundis

Notez-le dans votre agenda, le rendez-vous sera désormais récurrent. Soucieux de vous proposer un regard décalé et subjectif sur ce sport-roi qui fait tant parler au boulot ou sur zinc du bistrot du coin, le soir.be s'attellera désormais à décortiquer pour vous, chaque lundi, l'actu foot du week-end écoulé, que ce soit en Belgique ou à l'étranger.

Là, franchement, on s'attendait à tout sauf à vivre un dernier week-end foot aussi chahuté, aussi bordélique, aussi incroyable… sur les bancs de touches ! Alors que presque toutes les décisions étaient déjà tombées dans ces playoffs 1 qui ne resteront pas gravés dans les mémoires (le Standard pouvait encore espérer accrocher la 4e place à Gand mais le semblant de suspense n'a guère duré), les communiqués, effets d'annonce et autres conférences de presse organisées à la va-vite se sont succédés à un rythme infernal qui ferait presque passer les 59 matchs disputés cette saison par le Standard pour une agréable promenade digestive. Durant cet après-midi légèrement printanier, on a eu droit à une étonnante valse des entraîneurs qui a touché directement les trois clubs les plus prestigieux du Royaume. Que retenir de tous ces mouvements ?

1. Que Georges Leekens est un indécrottable pigeon voyageur, qu'il ne pourra jamais avoir de projet à long terme (malgré ce qu'il annonce partout où il passe), sans respect pour ses employeurs mais qu'il s'appuie aussi sur un culot aussi énooooorme que la liste des clubs par lesquels il a transités… sans (presque) jamais rien gagner. Recruté par Bruges alors qu'il s'était récemment payé un voyage-samba au Brésil aux frais de la Princesse (l'Union belge), le désormais ancien sélectionneur national nous a gratifié de quelques phrases déjà mythiques : « Je ne pars pas pour l'argent « (bien sûr), « 90 % du travail a été effectué en équipe nationale « (ah bon ?), « quel honneur de reprendre un club pareil « (ben tiens), on en passe et des meilleures, le tout affirmé avec le sourire du mec qui se fout ouvertement de votre gueule, style Vandereycken de la grande époque. Surnommé « Long Couteau « durant sa carrière de joueur, on pourrait le renommer « coup de canif « dans son rôle d'entraîneur tant ses contrats ne semblent rien valoir.

En attendant, ce départ irrite les gens de la Fédé, et en particulier l'Anderlechtois Philippe Collin, qui aurait voulu l'attirer mais s'en était volontairement privé pour respecter une certaine éthique. Et paf dans sa tronche pleine de dents ! A l'heure actuelle, on ne sait pas qui succédera au beau Georges. Wilmots ? A-t-il assez d'expérience et est-il seulement demandeur ? Preud'homme et Gerets ? Les seuls qui font l'unanimité mais il sont sous contrat et de toute manière trop chers ! Jacobs ? Pas intéressé. Un étranger ? Pourquoi pas mais vu l'état des finances de la Fédé, on doute qu'on puisse attirer un tout gros poisson… qui de toute façon, pourrait ensuite la snober comme Advocaat en son époque.

Pourtant, avec les meilleurs joueurs d'Angleterre, de France, des Pays-Bas ou de Grèce, un champion d'Europe, un champion du Portugal, on en passe et des meilleurs, y a un gros potentiel chez nos Diables, non ? Finalement, peut-être que le microcosme du football belge pourra remercier, lors du Mondial 2014, les impertinents dirigeants brugeois d'avoir recruté Leekens, dont le bilan comptable (on ne parle pas de son compte en banque) n'était tout de même, rappelons-le, pas terrible : de 15 sur 30 durant la campagne qualificative, face à l'Allemagne et une armée de seconds… couteaux. Mathématiquement, cela ne fait que 50 %, et la qualification pour l'Euro était quand même l'objectif majeur, non ? Alors, ces fameux 10 % restant, c'était quoi ? Le sourire de la cr

2. A Anderlecht, Ariel Jacobs a fait pleurer le pauvre Roger Vanden Stock, qui a répété à trois reprises que son coach avait lui-même choisi de rendre les armes « pour le bien du club », sous la pression populaire et des médias. Trop mignon ! Jacobs, qui s'en va au bout de quatre ans et demi de stress mâtiné d'un cynisme qu'il a érigé en art de vivre, présente un bilan convenable, sans plus (2 titres, 1 Coupe, peu de réussites européennes) et a été porté en triomphe un semaine après avoir été sifflé par une frange du public anderlechtois au soir du titre. Comprenne qui pourra. Son successeur devrait être étranger. Il devra être champion et résister à la pression tellement intense qui hante les couloirs du stade Constant Vanden Stock.

3. Au Standard, enfin, José Riga a lui aussi décidé de quitter le navire après avoir brillamment arraché la 5e place au détriment de Courtrai, battu à Bruges pendant que les Rouches buvaient le calice jusqu'à la lie à Anderlecht. Lassé des promesses non tenues, le dandy liégeois s'en va par la petite porte, affublé d'un bilan indigne du Standard, au terme d'une saison de transition qui fut finalement catastrophique à tous les étages du club principautaire. Là aussi, c'est le flou le plus total pour sa succession alors que lui ira (se) nourrir d'un projet paraît-il ambitieux au Qatar. Quénne affaire à Lidge ! Comme partout ailleurs, au fait. Le dimanche, n'est pas toujours de tout repos pour les journalistes sportifs.

Le champion du week-end

Sacré meilleur joueur de Premier League, vendredi soir, Vince « The Prince » Kompany est devenu roi d'Angleterre, dimanche, au terme d'un final époustouflant, probablement le plus incroyable qu'ait connu la Premier League. Menée 1-2 par QPR jusqu'à la 92e minute, Manchester City, qui devait s'imposer, son équipe est en effet parvenu à renverser la vapeur en deux minutes, via des buts de Dzeko puis Agüero.

Seuls les supporters du Standard, raillés par leurs homologues anderlechtois eu égard aux autocollants « Standard champion » qui ornaient leur voiture depuis 25 ans avant le titre de 2008, peuvent comprendre le soulagement des supporters des « Citizens » au coup de sifflet final de cette rencontre de légende. 44 années après son dernier sacre, City, qui était encore en D2 il y a dix ans et même en D3 en 1998-99, a donc retrouvé la lumière au détriment de son imposant voisin et rival d'United, grâce au pétrodollars de ses richissimes patrons venus des Emirats.

Autre preuve que cette rencontre fut complètement folle, on retiendra que Barton a frappé Aguëro dans le dos après son exclusion (logique, il a même tenté de mettre un coup de boule à Kompany, en vain) et que Balotelli, qui n'aurait plus dû jouer cette saison (selon Mancini) après les frasques dont il s'est rendu coupable, fut décisif en offrant le ballon du but au beau-fils de Diego Maradona. « Nous sommes les meilleurs et c'est pour ça que nous avons gagné «, a modestement clamé l'Italien. Après avoir confessé qu'il venait de « vivre le meilleur moment de ma vie «, Kompany insistait sur le fait que ce n'était que le début d'une longue série, « mais de grâce plus comme ça ! », ajoutait-il. Ce n'était évidemment pas l'avis de tout le monde. Comme quoi, il peut y avoir un suspense de fou sans avoir recours aux playoffs.

L'érection du week-end

On ne sait pas où il va chercher ses réflexions fleuries mais Louis Nicollin reste un drôle de coco, toujours aussi imprévisible, toujours aussi brut de décoffrage dans ses commentaires d'après-match, souvent connotés sexuellement. Un habitué de cette rubrique, aussi, qui n'a pas sa langue en poche comme la grande majorité des manieurs de langue de bois professionnels qui peuplent le milieu du foot. Le truculent président de Montpellier n'est plus qu'à quatre-vingt-dix minutes d'un exploit que même dans ses rêves les plus fous, il n'aurait pas osé imaginer.

Son équipe de Montpellier, sans stars patentées (mais certaines sont peut-être en train de le devenir), drivée par un entraîneur talentueux mais sans charisme particulier (René Girard), est en effet en train de faire la nique aux ténors et, s'il elle arrache ne fut-ce qu'un point à Auxerre, dimanche prochain, elle sera sacrée championne de France pour la toute première fois de son existence. Qui l'eût cru ? Vainqueur de Lille grâce à un but inscrit à la 94e minute par Aït-Fana, le MHSC devance toujours, ce matin, le puissant PSG de trois unités. « C'est quelque chose de grandiose pour un club comme le nôtre. Ça me fait bander ! Un petit nul à Auxerre et hop, une branlette espagnole ! », a explosé Loulou au coup de sifflet final.

Et, évoquant le probable titre d'entraîneur de l'année qui devrait être décerné à Girard lundi soir, le roi des poubelles embraya, plus percutant encore. « Quel coup de pied au cul à ces connards de la DTN qui l'ont viré. Ce n'est pas bien ce qu'ils ont fait à ce type. Tant mieux pour nous, on en a profité. « Déjà assuré de la 2e place et d'une participation en Ligue des champions, Montpellier, avec son budget presque 5 fois intérieur à celui du club de la capitale (33 M€ contre 150 M€), s'apprête à faire une fête incroyable, le week-end prochain dans ce stade de l'Abbé-Deschamps promis à la Ligue 2 la saison prochaine après 42 ans de présence ininterrompue en Ligue 1. Et Nicollin de confirmer qu'il se fera bien une crête à la Jérémy Menez. « Mon coiffeur est prêt. Je vais être « intronchable » mais tant pis. Quand on a dit quelque chose, il faut le faire. » On imagine quand même mal Roger Vanden Stock, Florentino Perez, Andrea Agnelli ou le cheikh Mansour bin Zayed Al-Nahyan partir dans de tels délires. Dommage, finalement !

Les adieux du week-end

En Italie, l'info du week-end n'est pas spécialement la victoire de la Juventus (face à l'Atalanta), qui a réussi l'exceptionnel exploit de terminer le championnat invaincue. Une première depuis l'AC Milan de Fabio Capello en 1991-92 mais, à l'époque, la Serie A ne comptait que 18 équipes, pas 20 comme aujourd'hui. Non, l'info majeure dans la Botte, c'est plutôt une émotion, ou une somme d'émotions avec les départs de deux mastodontes du claquage de buts, deux serial killers du trouage de filets, deux gentlemen qui, en plus d'être « nés hors-jeu « comme l'avait un jour indiqué malicieusement Alex Ferguson, s'étaient fait une spécialité, un sacerdoce même d'être toujours présents au bon endroit. Dimanche, donc, « Pippo « Inzaghi et Alessandro Del Piero ont tiré leur révérence avec classe, le premier à l'AC Milan, le second à la Juventus, les deux équipes qui ont terminé aux deux premières places du classement. A 38 ans, Inzaghi a inscrit, à la 82e minute, le but de la victoire de « Rossoneri « face à Novara. Pour ce qui constituait son 300e et dernier match pour le compte de l'AC Milan, « Super Pippo « s'était offert une page de publicité dans les quotidiens sportifs dimanche pour dire merci à ses supporters. Il est monté au jeu en cours de match, a contrôlé le ballon de la poitrine avant de marquer en renard des surfaces son… tout premier

but de la saison. Tracassé par de nombreux pépins de santé qui ne lui ont permis de disputer que 7 bribes de matchs, Inzaghi n'avait plus connu pareil bonheur depuis un doublé réussi contre le Real en novembre… 2010.

Quant à Del Piero, d'un an son cadet, il a quitté la Vieille Dame turinoise en plantant un nouveau pion lors du succès de prestige face à Bergame mais lui n'arrêtera pas définitivement sa carrière, il la continuera pour une ou deux ans supplémentaires… mais on ne sait pas encore où. C'est juste la page turinoise, riche de 19 saisons et 289 buts, qui se ferme par le biais d'un tir croisé qui a fait mouche. Emu et heureux à la fois, « Pinturicchio » s'est même offert un tour d'honneur en plein match, juste après sa sortie sous les vivats d'une foule qui lui sera éternellement reconnaissante de cette fidélité exceptionnelle. Ciao, bello !

Le but du week-end

Héros de la finale de l'Europa League, mercredi à Bucarest, l'attaquant colombien Falcao a encore marqué un but décisif pour l'Atletico, dimanche. Ce but inscrit de la tête à la 88e minute, n'est certainement pas le plus beau de la saison ni le plus important pour l'Atletico. S'il offre bel et bien la victoire aux partenaires de Thibaut Courtois, à nouveau infranchissable et repris dans l'équipe-type de l'Europa League au même titre que… Guillaume Gillet, il ne permet toutefois pas aux « Colchoneros » d'accrocher la dernière place qualificative pour la Ligue des champions puisque, dans le même temps, Malaga n'a pas craqué.

Par contre, il est terrible pour son adversaire du jour, la Villarreal qui, du coup, descend en D2 après douze années de présence ininterrompue en Liga et quelques saisons de folie dans l'ombre du Barça et du Real. Torpillé en plein cœur, le « sous-marin jaune » évoluait pourtant encore cette saison en Ligue des champions, dont il avait atteint la demi-finale en 2006. Sinon, pour l'anecdote, le Real a atteint la barre des 100 points (avec 121 buts marqués) et c'est Lionel Messi qui a été sacré meilleur buteur avec 50 buts pour seulement 46 à Cristiano Ronaldo. Le Standard, lui, en a marqué 53 en 40 journées.