Euro : premiers accrochages entre supporters russes et polonais

Rédaction en ligne

mardi 12 juin 2012, 19:08

Groupe A La sécurité a été renforcée à l'approche du match Pologne-Russie à Varsovie. En cause : les tensions qui existent entre les deux pays au regard de l'histoire, exacerbées par la fièvre sportive. Des rixes ont éclaté à l'entrée du stade. Le direct dès 20h30

Euro : premiers accrochages entre supporters russes et polonais

© AP

L'affiche de la 2e journée du groupe A de l'Euro est le choc Pologne-Russie à 20h45. Un match tendu. Un match à risques en raison des tensions entre ces pays et du comportement des fans russes qui ont appelé sur les réseaux sociaux « à venir casser du Polonais ». Des accrochages ont opposé des supporters polonais et russes et la police est intervenue avec un canon à eau. Elle a aussi utilisé des gaz lacrymogènes.

Une rivalité de longue date

La Russie a envahi la Pologne à trois reprises. En 1944, l'Armée de libération polonaise qui se battait pour sa liberté avait demandé de l'aide. Lors de l'insurrection de Varsovie, les troupes russes n'ont pas bougé, laissant les Polonais se faire massacrer (180.000 habitants de Varsovie ont perdu la vie). Pendant 45 ans, la Pologne a ensuite vécu sous l'ère du communisme et les Polonais rejettent aujourd'hui tout ce qui a trait à la Russie.

La provocation de l'équipe russe

L'installation de l'équipe nationale russe, à l'hôtel Bristol, en plein centre de Varsovie, a aussi mal été perçue. L'hôtel est contigu au palais présidentiel. Le frère du président polonais, Lech Kaczynski, mort dans un accident d'avion à Smolensk, en Russie, a très mal pris la présence de l'équipe nationale russe à cet endroit. Jaroslaw Kaczynski a en effet l'habitude de se recueillir le 10 de chaque mois devant le palais présidentiel, en mémoire à son frère. Or, comme beaucoup de Polonais, il est persuadé que la mort de son frère est due à l'incompétence des Russes.

Pour les supporters polonais, gagner face à la Russie constituerait donc une formidable revanche sur l'histoire.

« Casser du Polonais »

Les Russes ont mis le feu au poudre sur les réseaux sociaux. Ils ont appelé à se rendre à l'Euro pour « casser du Polonais ». Les fans russes sont aussi pointés du doigt depuis quelques jours pour leurs débordements notamment pendant et après le match Russie-République Tchèque (4-1) de vendredi dernier. Des supporters russes ont attaqué à coups de poing et de pieds les bénévoles du service d'ordre dans le stade de Wroclaw.

Mais ce n'est pas moins de 12.000 supporters russes qui sont attendus mardi à Varsovie, principalement dans le stade et dans des zones de supporters en ville.

Les patrouilles de police et les contrôles ont été renforcés à Varsovie, où affluent des supporters russes. Selon la municipalité, quelque 5.000 fans russes doivent marcher vers le stade à partir de 19 heures, le match lui-même commençant à 20h45.

« Aucune provocation »

Sur place, les supporters russes affirment qu'il n'y aura aucune provocation de la part des Russes : « Nos supporters viennent dans un état d'esprit pacifique. On vient pour soutenir notre équipe et non pour faire de la politique », (r)assure un fan russe.

« Les supporters russes n'ont aucune motivation politique. Je pense que ce sont les médias qui jettent de l'huile sur le feu. Les gens sont venus pour voir du football », témoigne encore un autre supporter.

Dans un geste de bonne volonté, les supporters des deux pays ont même disputé un match amical dans un camping installé dans le nord de Varsovie.

P.LA. (avec Belga)