« Rire et pleurer devant la saga de l’été »

JULIE HUON

vendredi 15 juin 2012, 10:44

Y avait hors-Ju Les étés d’Euro ne sont pas comme les autres. Et cette fois, ce sont les Irlandais qui nous ont fait pleurer. La chronique de Julie Huon

« Rire et pleurer devant la saga de l’été »

Les étés d’Euro ne sont pas comme les autres. D’habitude, en cette saison, ce qui nous fait pleurer en télé, c’est le feuilleton de TF1. Les grandes sagas familiales dans un mas provençal où la mère est aveugle et la fille veut partir à Paris alors qu’il faudrait sauver le moulin ou l’entreprise de poterie.

Cette année, c’est devant le foot qu’on verse une larme. Comme hier. Conversation par sms : « T’es devant Espagne-Irlande ? – Non, je mange de la tortilla. – Ah ben presque alors :) – Pourquoi ? Qu’est-ce qui se passe ? – Tain, j’ai les larmes aux yeux : il reste cinq minutes à jouer, c’est 4-0 pour l’Espagne et les supporters irlandais, ça fait un quart d’heure qu’ils chantent pour soutenir leur équipe en plein supplice. Hyper poignant ! Des milliers de mecs qui chantent d’une seule voix, même les commentateurs se taisent ».

C’est christique. Pas d’autre mot. Déjà, les Irlandais, avec leur chapeau vert mousse et leur fausse barbe rousse, on dirait des Trolls. Ou des Hobbits, un truc surnaturel, quoi. Un rien flippant.

En plus, il pleut. Et la pluie sur Gdansk, allez savoir pourquoi, ça vous file un cafard plus noir que l’âme de Dark Vador.

Alors d’entendre cette litanie désespérée porter les joueurs qui continuent de courir et d’éperdument essayer de marquer alors qu’ils savent très bien qu’ils vont rentrer chez eux, toute cette Irlande catholique debout qui se signe en même temps qu’elle chante l’« Amhrán na bhFiann » (le Chant des soldats) et quand elle croit ouvrir ses bras, son ombre est celle d’une croix (oups, on s’égare, ah ce Brassens, quel mec quand même)…

Enfin voilà, après fallait décompresser. Et sur le plateau de la RTBF, c’était fou rire généralisé. Une grosse fatigue générale, des jeux de mots foireux – « Ah, l’Irlande, une nation bien sympatrick » –, juste ce qu’il fallait pour bien clôturer ce 14e épisode du feuilleton de l’été. Celui où il y a une vingtaine de potes qui quittent leur île pour aller tenter de gagner une Coupe là-bas, à l’Est, alors qu’à la maison, y a sans doute un moulin ou une entreprise de Kilkenny à sauver…