Le week-end foot en un coup d'œil

VINCENT JOSEPHY

lundi 03 septembre 2012, 13:57

Entre la revanche de Tchité et de Benteke d'un côté et de l'autre, la déprime de Ronaldo vs l'efficacité d'Ibrahimovic, la planète football a encore vibré ce week-end.

Le week-end foot en un coup d'œil

Le masochiste du week-end

Rendez-vous tous les lundis

Notez-le dans votre agenda, le rendez-vous hebdomadaire décalé du lundi est de retour. Soucieux de vous proposer un regard décalé et subjectif sur ce sport-roi qui fait tant parler au boulot ou sur zinc du bistrot du coin, le soir.be s'attelle à décortiquer pour vous, chaque lundi, l'actu foot du week-end écoulé, que ce soit en Belgique ou à l'étranger.

C'est marrant, finalement, d'entendre et de lire les points de vue au sujet de John van den Brom. A l'inverse du poissard Ariel Jacobs, recordman du nombre de qualifications pour la Ligue des champions ratées aux barrages, l'entraîneur néerlandais du Sporting semble avoir une patte de lapin en poche qui transforme tous ces changements en or. Tant mieux, finalement.

Mardi, contre Limassol, il avait déjà fait monter le jeune Massimo Bruno ainsi que Sacha Iakovenko et bardaf, c'est le second qui avait marqué sur un bel assist du premier, visiblement grand pote de Stef Pauwels vu leur tutoiement respectif en interview post-qualification (Deschacht, par contre...).

Dimanche,lors du second « topper » de ce « Super Sunday » (paraît qu'il faut jazzer plusieurs langues pour faire genre), petit v - petit d - grand B s'obstine à... ne pas s'obstiner trop longtemps, comme s'il était un peu masochiste sur les bords, mais tout de même assez lucide pour ne pas mourir avec ses idées. On l'annonçait offensif et novateur, il continue dans un premier temps à accorder sa confiance au moustachu Kljestan pour faire le gendarme de service dans l'entrejeu bruxellois sans apporter la moindre once de créativité, où à un Denis Odoï que le bon peuple mauve trouve plus cinglant dans sa production de tweets que par la rigueur de ses interventions défensives.

A la mi-temps du duel face à Genk, alors que le Sporting était mené, Van den Brom a donc aidé Marc Wilmots en forçant Guillaume Gillet à travailler son positionnement au back droit et fit à nouveau monter Iakovenko et Bruno. Partiellement formé à Anderlecht mais aussi à Mons puis à Charleroi, Bruno a donc, pour le remercier, claqué son tout premier but chez les pros sous les yeux embrumés de sa maman et a ainsi permis à son entraîneur d'éviter une première défaite en championnat.

Juste une question en passant, John: y aurait pas moyen de se montrer ambitieux dès le coup de sifflet initial ou c'est une tactique réfléchie pour éliminer quelques cardiaques? Et puis, pour les autres, tous les autres, c'est un signe: être sur le banc d'Anderlecht, que Roger Vanden Stock voit toujours comme un « vainqueur potentiel de l'Europa League » (sic) ou un « candidat sérieux aux 8es de finale de la Ligue des champions » (resic), reste un privilège réservé aux meilleurs.

Tom De Sutter pourrait écrire une encyclopédie sur le sujet. A ce rythme, Dennis Praet pourra sans doute l'épauler dans cette lourde tâche.

Le magicien du week-end

Zlatan Ibrahimovic est un peu le Chuck Norris de la Ligue 1. Partout où il passe, tout le monde trépasse. La Ligue 1, il ne l'a pas rejointe, elle a simplement été créée il y a une centaine d'années pour lui. Débarqué au PSG avec le statut de légende vivante, incarnation footballistique des rêves de grandeur des richissimes propriétaires qataris du club de la Ville Lumière, le Suédois avait déjà réussi un doublé pour ses débuts face à Lorient. Le début du parcours de rêve (si, si) qui doit aussi le mener à Brest, Ajaccio, Troyes, Valenciennes, Reims ou Evian Thonon Gaillard. Miam, rien que ça!

Raillé par certains pour ce choix de carrière lucratif dicté, paraît-il, par l'envie d'intégrer un « futur tout grand d'Europe », Zlatan n'en a cure. Dimanche, pour le premier vrai gros test de la saison du PSG, le magicien « Ibracadabra » a frappé deux fois dans ce somptueux Grand Stade de Lille, dont une première après seulement 27... secondes de jeu. Et les médias français de s'emballer dans leur quête de superlatifs, eux qui ont plutôt l'habitude de vibrer aux exploits mollassons de Jérémy Morel, André Pierre-Gignac (quoique...) ou Grégory Pujol.

« Ibra est magique », « Ibrahimovic, monsieur 100% », on en passe et pas toujours des meilleures. Après avoir rappelé qu'il n'était précisément pas encore à 100% de ses moyens à cause d'une douleur à la jambe, l'ancien Milanais s'est fait humble. « Sans mes équipiers, je n'aurais pas réussi tout cela. On se cherche encore un peu mais on commence à se trouver. Tout ne devient pas facile du jour au lendemain dans le football. Dieu n'a pas fait le monde en sept jours. » Tout est dit.

L'ingrât du week-end

Ainsi donc, Mèmè Tchité a été l'homme du premier véritable test des Brugeois et des Standardmen, qui s'est soldée par une victoire locale assez logique, dimanche après-midi.Auteur d'un beau tir croisé victorieux à la 35e, passeur décisif sur le 4e et dernier but flandrien et régulièrement décisif... défensivement, le Burundo-Congolo-Rwando-pas-encore-et-probablement-jamais-Belge a réglé ses affaires avec le Standard « balle au pied » comme il l'avait indiqué la saison passée dans une pub avec un aplomb et un naturel qui feraient presque passer Franck Dubosc pour un candidat sérieux aux Oscars.

En fait, c'est un peu chaque année la même chose avec le Standard. Ils ont un bon attaquant? Ils le filent - parfois via un club étranger, c'est vrai - pas trop cher à un concurrent direct et ce dernier se venge tranquillement. En attendant le rétablissement de Zorro Cyriac (Anderlecht), Tchité s'est engouffré avec délectation dans la brèche ouverte avant lui par Milan Jovanovic et Dieumerci Mbokani.

En face, Imoh Ezequiel, un mètre vingt sans talonnettes et un physique de Speculoos de combat, n'a étonnamment su convertir aucun centre de la tête, coincé entre les deux tours que sont Donk et Almebäck. Comprenne qui pourra. Après le match, Ron Jans, affable et souriant devant l'éternel (laissons-lui au moins cela), a expliqué que son équipe devait « davantage jouer avec sa tête qu'avec son cœur », qu'elle devait « continuer à viser l'offensive (NDLR: 14 buts marqués) sans oublier le travail défensif (NDLR: 10 buts encaissés). » Bon, en fait, il juste a dressé le profil-type de l'entraîneur batave, là, ou je me trompe?

Reste que les entraîneurs passent à Sclessin et le constat reste le même: pour battre Waasland ou Charleroi, y a du monde. Pour remporter les gros matchs, par contre...

La phrase du week-end

« Je suis triste pour un motif professionnel, c'est pour cela que je ne fête pas mes buts. »

Aaah, Cristiano Ronaldo. Pauvre Cristiano Ronaldo! Dimanche soir, quatre jours après avoir remporté la Supercoupe d'Espagne face au vilain Barça, le Portugais plante deux nouvelles banderilles face à Grenade, offrant au passage son premier succès de la saison en Liga au Real. Bon, ça, non? Et bien non, il est comme ça CR7. Boudeur, bougon, même quand il est bon. Ses deux buts, il ne les célèbre pas avec une joie ostensible, ce qui étonne et détonne le public du stade Santiago Bernabeu, qu'il quitte prématurément, officiellement en raison d'un petit bobo d'ordre musculaire.

« Je suis triste pour un motif professionnel, c'est pour cela que je ne fête pas mes buts », explique-t-il après le match, énigmatique. Avant, tout de même, de préciser que cela n'a rien à voir avec son absence au palmarès du joueur européen de l'année remis à Andres Iniesta. Mouais. Forcément, même si elles ne volent pas toujours très haut, les paroles du natif de Funchal suscitent un flot de commentaires acerbes et inquiets. Qu'a-t-il voulu dire? N'en a-t-il pas dit de trop? On veut une explication, bordel!

En état d'alerte, la presse ibérique se déchaîne, émet des hypothèses parfois farfelues: Ronaldo se serait engueulé avec des partenaires, Ronaldo aurait des envies de départ (PSG, Anzhi Makachkaetcetera...), Ronaldo ferait simplement la moue pour que ses modestes émoluments soient revus à la hausse en cette période de crise, Ronaldo rêverait de jouer aux côtés de Reginal Goreux (ben quoi, on peut rêver, non?). Pendant ce temps-là, madame Ronaldo, la sublime Irina Shayk, ne fait rien qu'à l'embêter pour enfler les rumeurs en postant une photo de la Tour Eiffel agrémentée d'un « I love Paris ».

En attendant, le mal est fait, le doute est là. Cristiano n'est pas heureux. On en est bien triste.

Le transfert en or du week-end

Personne ne pourra y échapper: vendredi (en plein Mémorial Van Damme, les salauds) et mardi prochains, l'équipe nationale belge va entamer son parcours qualificatif pour le Mondial 2014 au Brésil par un déplacement au pays de Galles suivi de la visite de la Croatie. Avant d'aller se perdre dans la forêt amazonienne ou sur ces plages de Copacabana qui leur tendent les bras (ou les crampons, c'est selon), les Diables rouges ne seront pas obligés de chanter la Brabançonne mais on espère surtout qu'ils ne vont pas déchanter dans ces matchs à enjeu. Car, franchement, qui pourrait encore résister aux p'tits Belges après avoir écarté les Pays-Bas en amical?

Aujourd'hui, le foot belge a la cote, il ne se passe d'ailleurs pas un jour sans que les journaux anglais, français, espagnols voire même américains ne consacrent une ou deux pleines pages à l'ascension fulgurante de nos meilleurs éléments, notamment en Premier League. « Le talent, on l'a, reste à former une équipe conquérante et réaliste », martèle prudemment Willie le sauveur à la cantonade. En tout cas, s'il y en a bien un qui a profité vendredi de l'incroyable élan d'optimisme au sujet des Diables, c'est bien de Christian Benteke dont il s'agit. Si on s'est souvent foutu de sa gueule jusqu'ici, notamment au Standard, le grand échalas liégeois a obtenu le transfert lucratif qu'il souhaitait en Premier League, à Aston Villa pour être précis, en forçant un peu le destin, son destin. Pour dix millions d'euros. Si, si, vous avez bien lu, dix millions d'euros!

On veut bien qu'il soit jeune, ai une certaine facilité à scorer mais quand même, dix millions, c'est juste en-deça du prix payé par le Barça pour s'attacher les services de Jordi Alba, c'est trois fois plus que ce qu'a payé l'AC Milan pour recruter ce poète de Nigel de Jong à City.

Bon, ok, c'est aussi quatre fois moins qu'Eden Hazard (de Lille à Chelsea), ou à peine deux fois moins que Zlatan, mais tout de même. Franchement, je serais footballeur belge, international de surcroît, je me ruerais vers les managers bien introduits en Premier League pour évoquer, déjà, le prochain mercato hivernal. Au fait, ça date de quand que Carl Hoefkens, Thomas Buffel ou Denis Odoï n'ont plus revêtu la vareuse des Diables?