Le week-end foot en un coup d'œil

VINCENT JOSEPHY

lundi 17 septembre 2012, 12:51

Le Standard a bêtement laissé filer la 2e place, Charleroi a réalisé une performance. À l'étranger, Alain Traoré s'est illustré avec Lorient, José Mourinho a piqué une colère.

Le week-end foot en un coup d'œil

Belga

Le gaspillage du week-end

Le week-end foot

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Notez-le dans votre agenda, le rendez-vous hebdomadaire décalé du lundi est de retour. Soucieux de vous proposer un regard décalé et subjectif sur ce sport-roi qui fait tant parler au boulot ou sur zinc du bistrot du coin, le soir.be s'attelle à décortiquer pour vous, chaque lundi, l'actu foot du week-end écoulé, que ce soit en Belgique ou à l'étranger.

Dimanche, sur le coup de 19h45. « Quand on mène 1-2 au Beerschot, on ne peut pas perdre », assène, péremptoire, un Dominique d'Onofrio particulièrement remonté sur les ondes de Voo Foot. Ben si, mi p'tit fi, quand on veut, on peut en fait. Il suffit simplement d'un peu de mauvaise volonté accompagnée d'une pincée de trouillomètre à zéro et le tour est joué. Avec grande classe, encore bien. Le Standard, qui avait mal débuté chez les Rats anversois suite au but d'ouverture du déménageur Coulibaly contre lequel Ciman s'est écrasé, avait pourtant réussi en début de seconde période à passer entre les mailles du filet et les coups de kung-fu de Stijn « kamikaze » Stijnen pour mener au score en Métropole.

Ce premier revirement de situation, il le devait essentiellement à la vivacité du jeune Imoh Ezequiel buteur et fauché, tout heureux d'avoir encore ses deux jambes suite à la sortie incroyable du plus célèbre des pirates informatiques brugeois. Stijnen, un gars qui laissera son nom à la postérité. Il y avait le penalty à la mode Panenka, la talonnade à la sauce Madjer, il y aura désormais la sortie les pieds en avant à la Stijnen. Prends ça, Harald Schumacher !

À ce propos, petite digression : j'ai toujours adoré le choix des parents de Stijn-l'innocent (« ça méritait une jaune tout au plus, il ne filait pas au but », raconta-t-il le plus sérieusement du monde) de quasiment faire concorder son nom et son prénom. Tout le monde devrait faire pareil, en fait : Eve Evens, Ronald Ronaldo, Simon Simaeys, Brahim Ibrahimovic (mon préféré !), Gilles Gillet, Bill Biglia ou Simon Simons, ce serait bien plus facile pour tout le monde.

Bref, je m'égare. Avec ces trois points, disais-je, le club liégeois s'apprêtait à faire la toute bonne opération du week-end vu les partages concédés par Anderlecht au Lierse grâce à Dolly Menga, la brebis liégeoise clonée par un paternel qui se rend au stade avec un uniforme de l'armée… angolaise (véridique), de Bruges à Courtrai, de Genk face à Waasland et même la défaite de Gand contre Malines. Mais, au Standard, c'est devenu une habitude, rien n'est jamais aisé. Alors, pour avoir trop reculé (« J'avais pourtant prévenu le coach durant la 2e mi-temps », asséna Jelle Van Damme), et laissé beaucoup trop de liberté à Coulibale, euh Elimane, Coulibaly, ce n'est pas deux mais trois points et une inattendue deuxième place (à égalité avec Anderlecht et Zulte-Waregem) que le Standard a bêtement laissé filer.

« On pratique pourtant le meilleur football du Royaume », s'est même autorisé Nacho Gonzalez. Bon, d'accord, peut-être l'un des moins mauvais par moments mais, au général, le Standard n'a toujours que 10 points en 7 rencontres, ce qui constitue son plus maigre bilan initial depuis… 2003. Vendredi, à Sclessin, on assistera en tout cas à un un duel de grands malades face au Gand de Solide Sollied. Malheur au vaincu !

Le résultat du week-end

Yannick Ferrera n'a pas encore 32 ans, n'a un groupe au complet depuis quelques jours mais il faut lui laisser ceci : il tient ses promesses. Vendredi, le neveu de Manu et d'Emilio, fils de Cisco et accessoirement T1 du Sporting de Charleroi avait assuré que son équipe ne se déplacerait pas au stade Tondreau pour bétonner. Fort de l'arrivée de plusieurs éléments intéressants (Rossini, qui n'a encore pu faire admirer sa coiffure… originale qu'à l'échauffement, Aoulad, Diandy et surtout l'excellent Badibanga), Charleroi a abordé cette rencontre pour la gagner et c'est précisément ce qu'il a fait avec l'aide complaisante d'Olivier Werner, qui s'est pris pour Jurgen Sierens l'espace de quelques secondes (« Je suis assez grand pour assumer cette bourde et ne pas chercher de fausses excuses », a-t-il toutefois honnêtement admis) et de Mustapha Jarju, qui a voulu priver Perbet du statut de superhéros et a (mal) pris ses responsabilités en voyant son penalty être brillamment stoppé par Parfait Mandanda. Avec sept points au compteur, le Sporting new-look, désormais privé d'Abbas « casse-toi » Bayat, revient à une petite longueur de son hôte très fatigué d'un jour et à trois du Standard. Sa saison semble enfin lancée. Et oui, à coup de boissons énergisantes pour haltérophiles, les Carolos sont bel et bien de retour…

La patate du week-end

Bon, ok, Alain Traoré n'est pas une star. Le milieu de terrain international burkinabé joue à Lorient mais sa frappe de mule sur coup-franc, à Rennes, est digne de celles d'un certain Roberto Carlos et a déjà fait le tour du monde via la toile.

Quand on sait qu'il avait déjà ouvert la marque d'une frappe puissante et que Lorient est actuellement troisième au général derrière l'OM (15 sur 15, qui l'eût cru ?) et Lyon mais avec deux unités d'avance sur le PSG, on comprend mieux l'importance de ces deux patates. En plus, Traore est un récidiviste. L'an passé, contre Ajaccio, il avait déjà réussi pareil doublé sensationnel. C'était avec Auxerre :

szólj hozzá: Auxerre 4-1 Ajaccio

La colère du week-end

José Mourinho jouera gros, ce mardi, face à Manchester City pour l'entrée en lice du Real Madrid en Ligue des champions. L'entraîneur portugais, à vrai dire, ne sait plus trop à quel saint se vouer. Le Real, son Real, balbutie son football, suscite interrogations et déceptions teintées, en Catalogne, de railleries. Bien que vainqueur de la Supercoupe d'Espagne (« les seuls matchs aboutis jusqu'ici ») en début de saison, il cherche son football et a déjà concédé deux revers et un partage en quatre matchs de Liga. Du coup, le Barça de Villanova lui a mis un beau doigt dans l'oeil avec son sans-faute réalisé dans le même temps grâce, une fois encore, au génie de Messi (6 buts, 61 sur l'ensemble de l'année 2012, record battu). Donc huit points dans la vue. « En ce moment, je m'en balance des points de retard sur le Barça », a seriné le « Mou » après la défaite à Séville. « Le problème, c'est que je n'ai pas d'équipe, tout simplement. Il y a, dans mon groupe, très peu de têtes pensant au match et à la victoire. En tant qu'entraîneur, je me sens également responsable. » Donc, en lisant entre les lignes, on résume : le « Special One » en a ras la casquette des exigences financières et de départ de diva de Cristiano Ronaldo (« ouin ouin, suis malheureux avec mon modeste salaire de smicard de star, ouin oui, j'aurais voulu

aller à City moi aussi »), des problèmes capillaires de Fabio Coentrao ou des soucis de finition de la Benz. Comme le comique Bob Peeters au Cercle (1 sur 21), il a quelques individualités de talent, certes, mais son équipe est aux abonnées absentes et cela, ça l'énerve. Parce qu'il sait qu'il est grand. Très grand.

Le but gag du week-end

Il nous vient cette semaine des Etats-Unis et d'un certain Henry, Thierry de son prénom. Un corner, un peu de vent, un gardien surmonté, personne au poteau et le tour est joué. Même à 35 balais, le Français garde toujours un pied magique. La preuve.

L'incroyable corner direct de Thierry Henry ! par evidenceprod