Portraits olympiques: Maxime Luycx

PHILIPPE VANDE WEYER

lundi 23 janvier 2012, 10:14

Le capitaine de l'équipe nationale de hockey a été de toutes les batailles. À 29 ans, il en est le chaînon transgénérationnel. .

Portraits olympiques:  Maxime Luycx

ERIC LALMAND / BELGA

Paru dans Victoire le 21/01/2012

QUI ?

Naissance 18 septembre 1982, à Uccle.

Taille 1,81 m.

Poids 75 kg.

Résidence Waterloo.

Discipline hockey sur gazon.

Club Waterloo Ducks.

Sélections 311.

Passé olympique 2008.

Il a un nom à problèmes, où l'absence du « k » en bout de course donne des maux de tête à ceux qui doivent l'orthographier. Je sais, admet-il, on me l'a déjà fait remarquer ! D'ailleurs, il arrive souvent que l'on se trompe lors des flocages de maillots !

Mais si Eddy Merckx est Eddy Merckx, Maxime Luycx est Maxime Luycx. Un patronyme à part, qui claque au firmament du hockey belge depuis plus d'une décennie. Entre ceux qui sont partis et ceux qui sont arrivés, lui est toujours resté. Inamovible milieu d'aile des Red Lions avec lesquels il va disputer cet été ses deuxièmes Jeux olympiques consécutifs. Avec, cette fois, le brassard en bandoulière. Qu'il n'a pas demandé mais qui lui fait plaisir. J'essaie surtout d'apporter mon expérience, répond-il quand on lui demande comment il voit son rôle de capitaine.

Le hockey pour lui, c'est comme la marmite de potion magique pour Obélix : il est tombé dedans tout petit. Une passion transmise par son père, joueur puis président. Après avoir hésité avec le tennis, il a opté pour la balle blanche plutôt que la jaune. À Waterloo, son club de toujours, qu'il n'a délaissé que l'espace de deux saisons, de 2001 à 2003, l'année de son Stick d'or, avant d'y revenir pour replonger dans son biotope naturel.

Ma vie est ici, dit-il. Le monde du hockey est un petit monde et celui des Watducks l'est encore plus. Mes coéquipiers sont mes meilleurs amis et leurs copines sont les meilleures amies de la mienne. On est donc souvent ensemble.

Pour s'échapper de ce coin privilégié du Brabant wallon, il lui reste l'équipe nationale. Découverte un jour d'été en 2000, peu avant ses 18 ans, contre la Malaisie avec d'emblée un goal à la clé. Bart Van Lith, le sélectionneur de l'époque, voulait rajeunir les cadres. Aujourd'hui, je suis le dernier de la « génération 82 » à être encore là.

Une présence qu'il considère plus comme un privilège que comme un sacrifice, même si, il y a trois ans, il a eu besoin d'un congé sabbatique pour recharger ses accus et faire le point. Les Jeux de Pékin et leur préparation l'avaient épuisé tant physiquement que mentalement et son arrivée sur le marché du travail et l'obligation d'y faire ses preuves, incité à prendre du recul.

J'étais saturé, j'avais perdu le plaisir de jouer. J'ai franchement voulu arrêter. Mais Adam Commens (le coach, NDLR) m'a donné six mois pour réfléchir et retrouver l'envie et la motivation. J'ai changé d'avis et je suis content de l'avoir fait.

Aujourd'hui, du haut de ses 29 ans, il doit plus que jamais se battre pour ne pas céder face à la vague de la génération montante, qu'il estime être la plus talentueuse de toutes celles qu'il a fréquentées. Mais il le fait avec plaisir, aidé en cela par un patron compréhensif dans la fiduciaire où il a été engagé à l'issue de ses études de marketing et de comptabilité.

Les horaires sont exigeants, mais ce qu'on vit est fabuleux, avoue-t-il. Et, quoi qu'il arrive, je serai heureux à jamais d'avoir pu contribuer à l'évolution de cette équipe nationale. Qui n'a plus rien à voir avec celle que j'ai connue à mes débuts.

Le professionnalisme est passé par là. Pas celui des joueurs, mais des structures. Un staff élargi avec des entraîneurs de pointe, venus d'Australie et des Pays-Bas. Un préparateur physique. Un analyste vidéo. Un psychologue. Plus rien n'est laissé au hasard, à commencer par le programme individuel des hockeyeurs.

On a tous été équipés d'un cardiofréquencemètre muni d'une puce électronique que l'on doit relier à un ordinateur une fois par semaine. Impossible de « carotter ». Même à distance, l'entraîneur peut vérifier tout ce que l'on a fait !

Maxime Luycx a le droit de comparer. Il a tout connu. Du traumatisme de 2004, avec cette qualification pour les Jeux d'Athènes loupée à 11 secondes de la fin, qui a servi de déclencheur des consciences, à la récente victoire dans le Challenge Trophy et cette accession au top 8 mondial, en passant par sa première expérience olympique à Pékin, rendue notamment possible par un de ses coups francs dévié à la dernière seconde par Jérôme Truyens, à la qualification pour Londres lors de l'Euro 2011 face à l'Espagne, le jour de sa 300e sélection.

À Pékin, en 2008, on a découvert un nouveau monde. Quand, au petit-déjeuner, tu te retrouves à côté de Rafael Nadal, Ronaldinho ou Laure Manaudou, forcément, tu t'émerveilles. Au bout du compte, on a fini 9es, mais on aurait pu faire mieux. À Londres, on visera le top 8, voire le top 6.

Parole de capitaine.