F1: Alonso, immense en Malaisie

THIERRY WILMOTTE

dimanche 25 mars 2012, 15:01

Le pilote Ferrari a devancé l'étonnant Mexicain Sergio Perez (Sauber-Ferrari), un moment en lice pour la victoire, et Lewis Hamilton (McLaren), parti depuis la pole position, mais incapable de revenir aux avant-postes après une interruption due à la pluie. Par Thierry Wilmotte

F1: Alonso, immense en Malaisie

©AP

Grande Alonso ! Le double champion du monde a une nouvelle fois démontré qu'il comptait parmi les géants de la discipline en remportant de maîtresse manière le GP de Malaisie, dimanche à Sepang. Parti depuis la 8e place sur la grille de départ au volant d'une Ferrari toujours aussi peu à l'aise par rapport à la concurrence, l'Espagnol a pris la direction des opérations peu après la relance de la course. Celle-ci avait été interrompue au 9e tour en raison de fortes chutes de pluie.

Sur une piste rendue piégeuse, l'Espagnol a fait étalage de sa science du pilotage et de la course pour prendre la direction des opérations au 15e tour, c'est-à-dire après que la plupart des concurrents furent repassés par les stands pour chausser des pneus intermédiaires (après les pneus pluie) et déjouer ainsi les pièges d'une piste allant en s'asséchant. À ce moment, Hamilton parti depuis la pole position ressortit moins favorablement des stands, tandis que l'autre pilote McLaren, Jenson Button, fut victime d'un accrochage avec Narain Kathikeyan qui lui ruina sa course. Le Britannique, premier vainqueur de la saison il y a une semaine à Melbourne, n'était cependant pas exempt de tout reproche dans cette manœuvre. Plus tard dans la course, on allait cependant se rendre compte des limites du pilote indien lorsque celui-ci se trouva cette fois sur la trajectoire de Sebastian Vettel et… ruina à son tour la course du champion du monde en titre, contraint à repasser par les stands suite à une crevaison, et finalement classé 11e, hors des points donc.

Alonso : « Une grosse surprise »

« Cette victoire est une énorme surprise !, s'exclama Fernando Alonso à sa descente du podium sur lequel était apparu Stefano Domenicali, le patron de la Scuderia qui a dû vivre cette victoire comme un énorme soulagement. Nous n'étions pas plus compétitifs ici qu'en Malaisie, et à partir de là, nous avions dit que notre objectif serait de sauver le plus de points possibles afin de limiter les dégâts. Alors en marquer 25, c'est énorme ! Je crois que nous allons tous nous souvenir de ce dimanche. C'est un très beau résultat pour le team aussi qui est resté très calme pendant les moments critiques de cette course. Cela dit, cette victoire ne change rien ou presque : nous sommes dans une position qui ne nous convient pas, alors que nous devons nous battre pour arriver en Q3. Ce n'est pas normal. Nous voulons nous battre pour la pole et la victoire en toutes occasions. Et ici, face à Sergio (Perez) qui a fait une très belle course, nous avons eu un peu de chance pour conserver la victoire jusqu'au bout. »

Perez superstar

Car l'événement de ce deuxième Grand Prix de la saison, ce fut la prestation du Mexicain Sergio Perez. Classé 3e lors de l'interruption de la course, celui-ci devint une véritable menace pour Fernando Alonso peu après la mi-course. Au volant d'une Sauber manifestement très à l'aise sur cette piste très piégeuse, le protégé de l'homme le plus riche du monde (Carlos Slim, patron de TelMex notamment) se montra incroyablement performant. Il revint au contact de l'Espagnol peu après le 40e tour, moment que choisit Alonso pour chausser des pneus slicks, comme la plupart des pilotes, et ainsi reprendre un peu d'avance sur le Mexicain. En une petite dizaine de tours, celui-ci refit cependant la jonction, et alors qu'on s'apprêtait à vivre un coude-à-coude dans les six derniers tours de course, Sergio Perez commit une petite erreur de pilotage qui lui fit perdre le contact et le ramena surtout à la réalité. Plutôt que de tenter l'impossible exploit, il préféra alors assurer une 2e place largement méritée.

« Je pense que la victoire était possible aujourd'hui, dit le Mexicain déchaîné, désormais 5e du championnat avec 22 points. Le team a fait un très bon travail en me faisant chaque fois renter aux moments opportuns. Malheureusement, j'ai perdu le contrôle de la voiture alors que je revenais sur Fernando. Je savais que je devais faire vite pour me rapprocher de lui et tenter de le passer en raison de la dégradation des pneus. Je cherchais une ouverture, et je suis sorti un peu large d'une courbe, ce qui m'a fait passer sur le vibreur et fait perdre quelques précieuses secondes. J'ai même eu de la chance de ne pas sortir de la piste ! Cela dit, je pense que ce jour restera comme un tout grand jour pour l'équipe qui le mérite amplement. Nous n'en sommes qu'à la deuxième course et je pense que nous pouvons encore progresser… »

Hamilton à nouveau 3e

Pour la deuxième fois en une semaine, Lewis Hamilton termina donc à la 3e place. Clairement en avance sur la concurrence, les McLaren ont clairement marqué le pas dans des conditions de piste humide. Et le Britannique a donc sauvé les meubles grâce à ce deuxième podium qui lui permet d'occuper la 2e place provisoire du championnat, 5 points derrière Alonso, mais 5 points devant son équipier Button, et un de plus devant Mark Webber, à nouveau classé 4e, lui aussi, dimanche à Sepang.

« Je ne vais pas me plaindre, confia Hamilton. Je pense que la voiture a été bonne tout au long du week-end, et ce deuxième podium consécutif rejoint mon objectif qui est d'être consistant tout au long de la saison. La course a été intéressante, et j'aurais bien sûr été plus heureux de terminer à la même place que celle d'où j'ai démarré la course, mais les deux autres pilotes ont fait un boulot fantastique ! J'ai fait de mon mieux pour tenter de les rattraper, et aussi d'effectuer les changements de pneus au meilleur moment, ce qui a peut-être été notre point faible : je pense qu'on est rentré un peu tard, mais bon, cela n'a pas changé grand-chose. »

Le dernier point pour Schumi

Le top 10 a été complété par Kimi Raikkonen, à nouveau très solide tout au long de l'épreuve et notamment signataire du tour le plus rapide en course, tandis que Bruno Senna (Williams) a devancé Paul di Resta (Force India), Jean-Eric Vergne (Toro Rosso), Nico Hulkenberg (Force India) et Michael Schumacher (Mercedes), qui aura sauvé le dernier point après être parti depuis la 3e place de la grille de départ ; une position qu'il n'avait plus occupée depuis le GP de Grande-Bretagne en… juillet 2006, c'est-à-dire avant son premier départ à la retraite !

Kobayashi (problème mécanique) et Grosjean (accident au 4e tour) furent les deux seuls pilotes à ne pas franchir la ligne d'arrivée. Une trêve un peu plus longue, de trois semaines, va maintenant être observée avant le prochain GP de Chine, programmé le 15 avril à Shanghai.