Mark Webber double la mise à Monaco

THIERRY WILMOTTE

lundi 28 mai 2012, 06:37

Webber est devenu le 6e vainqueur différent de cette saison de F1 en remportant dimanche le GP de Monaco devant Nico Rosberg (Mercedes) et Fernando Alonso (Ferrari). par notre envoyé spécial à Monaco, Thierry Wilmotte

Mark Webber double la mise à Monaco

Mark Webber © AP

L’Espagnol Fernando Alonso s’isole en tête du championnat devant Sebastian Vettel (Red Bull), 4e dimanche, rejoint au championnat par Mark Webber, déjà victorieux en Principauté il y a deux ans.

La série continue : après Button en Australie, Alonso en Malaisie, Rosberg en Chine, Vettel à Bahreïn et Maldonado en Espagne, le championnat du monde de Formule 1 a consacré un 6e vainqueur différent en autant de Grands Prix. Du jamais vu en plus de 60 ans de F1 !

Cette fois, c’est l’Australien Mark Webber qui s’est imposé à l’issue d’un GP de Monaco qui, sans atteindre l’intensité des premières épreuves de la saison, a cependant réservé un final à suspense avec les six premiers classés qui se tenaient en 3 secondes à peine à 8 tours de l’arrivée. Et alors que le ciel se faisait de plus en plus menaçant, sans cependant ouvrir les vannes avant les tout derniers kilomètres de course, d’aucuns s’attendaient à d’éventuels changements ou incidents, mais ceux-ci ne vinrent pas. Et le petit train de six voitures franchit la ligne d’arrivée dans le même ordre : Webber, Rosberg, Alonso, Vettel, Hamilton et Massa.

« Comme je me sens bien ! », s’exclama Mark Webber à sa descente de voiture, et avant de ponctuer ses traditionnelles obligations d’après-course par un plongeon collectif orchestré avec les mécanos de Red Bull sur la gigantesque terrasse aménagée dans le port de Monaco. La course fut intéressante car il ne pouvait pas y avoir de faux-pas dans notre stratégie. Après un départ raisonnable, j’ai bien tenté de creuser l’écart avec Nico Rosberg, mais celui-ci ne se laissait pas distancer. Et il a même décidé de ravitailler un tour plus tôt que moi. J’ai cependant pu garder l’avantage tout en veillant à ne pas commettre la moindre faute au long des 78 tours de course. Comme la pluie menaçait autour de cette fenêtre de ravitaillement, il fallait attendre qu’un premier pilote se décide, et une fois qu’il donna le signal en optant pour les slicks, nous avons tous suivi le mouvement. »

La menace Vettel

À ce moment de la course (soit au tiers de la distance), d’aucuns se mirent à observer Sebastian Vettel comme un candidat inattendu à la victoire. Certes qualifié en troisième partie de qualification (Q3) le samedi, le double champion du monde avait décidé de ne pas signer de chrono afin de rester libre de choisir ses pneus pour la course (les autres doivent prendre le départ avec le train de pneus utilisés en fin de qualif). L’Allemand opta donc pour les pneus tendres (et non super-tendres), ce qui lui permit d’effectuer un premier relais plus long. Et durant celui-ci, il commença même à prendre ses distances par rapport à Webber et son groupe de poursuivants. « Le train de pneus tendres chaussés au ravitaillement avait du mal à monter en température, confirma Mark Webber. Et tandis que les gommes de Seb ne se dégradaient pas trop, il faillit se ménager un avantage suffisant pour rentrer à son tour aux stands et chausser son deuxième train de pneus. Je peux vous dire que ce n’était pas prévu et que je regardais l’écart avec angoisse. »

Celui-ci se stabilisa cependant. Mais si Vettel ne fut pas en mesure de barrer la route à Webber, Rosberg et Alonso, lorsqu’il ravitailla enfin au 45e tour, il parvint toutefois à ressortir tout juste devant Lewis Hamilton et ainsi s’assurer d’une méritoire 4e place. Tout cela en étant parti 10e ! Le départ, justement, fit une victime de choix en la personne de Romain Grosjean, 4e sur la grille, mais un moment bousculé par Alonso, au point d’entrer en contact avec Schumacher et de se retrouver en tête-à-queue au milieu du peloton peu avant Sainte-Dévote ! Rien de fâcheux ne se produisit heureusement, sauf pour le Français et l’écurie Lotus qui vit une nouvelle opportunité de victoire s’envoler d’entrée de jeu. Seul Kimi Raikkonen sauva 2 points en terminant 9e.

Rosberg 2e « à la maison »

Si Nico Rosberg resta menaçant pour Mark Webber jusqu’au dernier virage du dernier tour, l’Allemand ne trouva donc jamais la faille, mais se satisfaisait malgré tout de sa 2e place conquise dans les rues de la Principauté de Monaco où il vit depuis tout petit. « Mes ingénieurs m’ont aidé à prendre un super départ grâce à une procédure parfaite, mais je n’ai malheureusement pas pu en profiter pour brûler la politesse à Mark qui a ensuite effectué la course parfaite, dit-il. Qu’à cela ne tienne, je suis heureux de cette 2e place, qui m’a permis de monter sur le podium tout proche du chemin que je prenais pour aller à l’école. Et puis je suis surtout heureux de la voiture qui, ce week-end, était sans conteste la meilleure du plateau. C’est prometteur pour la suite du championnat… »

Alonso seul en tête du championnat

Que dire alors de Fernando Alonso qui, avec sa 4e place, est désormais seul en tête du championnat… « Mon plan était de finir devant Vettel, avec qui je partageais la tête du classement provisoire, et Lewis Hamilton, qui était notre plus proche poursuivant, dit l’Espagnol. L’objectif a donc été atteint et c’est important car ce championnat est tellement serré qu’il va devoir se construire dans le temps et sur la longueur. Mon prochain objectif sera donc de devancer Mark et Sebastian qui sont à mes trousses. Mais avant cela, il faudra poursuivre le développement de la Ferrari, car nous n’avons toujours pas la meilleure voiture du plateau. Il reste du boulot ! »

Parmi les premiers classés, seul Lewis Hamilton recula de façon significative puisqu’après être (bien) parti depuis la 3e place sur la grille, il se fit passer d’abord par Alonso à la faveur des ravitaillements, ainsi que par Vettel donc. « Je n’aime pas perdre des places en course ; c’est dire si je ne suis pas très satisfait de ce résultat final, même si je dois aussi admettre que je ramène quelques points précieux, et que ce championnat complètement fou nous réserve encore pas mal de surprises, dit le Britannique, surtout déçu de son départ, même le rififi entre Grosjean, Alonso et Schumacher lui permit de pas perdre des places à ce moment-là. Au-delà de ce qui s’est passé en course, il faut surtout constater que nous n’avons certainement plus l’avantage que nous semblions avoir en début de saison. Nous reculons course après course et il va falloir réagir… »

Un constat que son équipier Jenson Button, transparent ce week-end, ne contredira certainement pas, lui qui s’est finalement classé 16e et dernier après avoir même renoncé en vue de l’arrivée.

Derrière Felipe Massa, les derniers points allèrent aux Force India de Paul di Resta (7e) et Nico Hulkenberg (8e), tandis que Kimi Raikkonen termina donc 9e, juste devant Bruno Senna, pas encore prêt de prendre la succession de son oncle en Principauté…

Enfin, la palme de la malchance ira bien sûr à Michael Schumacher. Virtuellement en pole samedi, mais dépossédé de celle-ci en vertu d’une pénalité dont il avait écopé en Espagne il y a deux semaines, touché par Grosjean au moment du départ, et finalement contraint à l’abandon à 15 tours de l’arrivée suite à un problème de pompe à essence…

Dimanche en fin d’après-midi, seul un léger suspense persistait quant à une éventuelle plainte que pourraient déposer certaines écuries contre Red Bull pour un bidouillage technique au niveau du fond plat. Mais cette menace semblait s’éteindre au fur et à mesure que le temps passait. De moins en moins de monde semblait prêt à contester la victoire de Mark Webber sur le Rocher de Monaco, sa deuxième en trois ans. Pas mal !