Chattez avec Colette Braeckman
Mercredi, au terme de la visite diplomatique belge à Kinshasa, le président congolais Joseph Kabila a accordé au Soir une interview où il met les points sur les “i”. Il déclare refuser “qu’une sorte de tutelle continue à s’exercer sur nous“. Aux Belges de choisir, dit-il, entre de “bonne relations” ou des relations “de maître à esclave”. Chattez avec Colette Braeckman, spécialiste de l’Afrique du Soir.

Frederic dit:
Madame Braeckman, Comment expliquez-vous l’absence totale de critiques de la part de Mr de Gucht à l’encontre du pouvoir rwandais? Ce pouvoir est sans doute moins corrompu que ne l’est celui du Congo (ce qui n’es guere difficile)mais son développement spectaculaire actuel ne résulte-il pas en partie de l’incroyable pillage organisé au Congo pendant de nombreuses années.
Christian Willame dit:
Bonjour Madame BRAECMAN,
Merci encore pour vos reportages, et l’information neutre et détaillée que vous apportez.
J’ai suivi de près la visite de nos ministres : je suis vaiment gêné vis-à-vis de nos frères congolais :
1/ l’arrogance et le comportement non diplomatique de nos ministre, avec le discours en néerlandais du Min. Decrem !
2/ la Belgique souhaite placer des observateurs en RDC : pourquoi ? Bonne gouvernance ? Je pense que la RDC pourrait nous aider aussi en mettant des observateurs congolais à Bruxelles, pour nous aider aussi à bien gouverner.
Observateurs ?
Que feront-ils si un problème survient ? Le 7 avril 94 : diplomates, paracommandos sous ONU, un massacre d’un milllion de personnes : personne n’a bougé parmis les occidentaux. Personne n’a pensé : “je ne respecte pas le mandat ONU je porte secours à peuple en danger”.
Je pense que c’est à ce moment tragique là que notre pays a perdu sa crédibilité.
Toujours dans la même idée : il y a des violences inacceptables dans l’est dE la RDC. Violence dûes …aux génocidaires rwandais, installés là bas en masse. Qu’attends notre pays pour y envoyer l’armée, sous mandat onu, avec l’inviation du président congolais?
Nos ministres donnent leçons sur conseils, larmes de crocodile, et absence de réelle coopération efficace.
3/ je suis très heureux que la RDC collabore avec d’autres pays, comme l’Inde, l’Afrique du Sud, l’Angola, la Chine.
4/ pour rappel à Mr Degucht : si les politiciens Belges des années 60 n’avaient pas fait assassiner Mr Lumumba, la RDC ne serait pas dans cette situation en 2008.
Merci encore de vos analyse pertinentes, bien cordialement,
Christian Willame, Leuze-en-Hainaut.
Colette Braeckman dit:
Vous avez raison de parler des étudiants congolais, ils représentent l’avenir des relations entre les deux pays. Malheureusement, il est de plus en plus difficile d’obtenir des bourses ou des visas pour la Belgique et les jeunes Congolais sont obligés de se rendre ailleurs, en Afrique du Sud par exemple. A long terme c’est dommage car les diplômes d’aujourd’hui sont les cadres économiques et politiques de demain, et en fermant nos frontières, nous risquons de perdre les liens, les générations changent…
Monblan dit:
… et, dans cette hypothèse, indépendamment de la méthode déficiente dans le chef des émissaires belges, la réaction de M. Kabila, en se focalisant sur l’arrogance belge, ne traduit-elle pas une dénégation du problème? J’ai bien lu l’interview, je n’y ai trouvé aucun passage sur d’éventuelles difficultés du gouvernement Gizenga et du soutien qu’il accorde au premier ministre dans la lutte contre la corruption.
Pierre DUBOIS dit:
Rerebonjour,
Vous semblez donc penser qu’il sera bien difficile de faire l’économie d’une solution militaire, dans un cadre international.
Je le pense aussi.
Mais si la monuc se comprte comme en 94 au Rwanda…c’est pas gagné.
D’ou pourrait, selon vous, venir une volonté politique forte assortie des moyens?
Colette Braeckman dit:
Sur papier l’aide que la Belgique attribue au Congo est importante. Mais elle n’est pas entièrement dépensée et retourne alors au budget. Un tiers, au minimum, par dans des postes de bureaucratie, d’administration, de trautement des expatriés etc, il serait intéressant de voir la différence entre ce qui qui est officiellement attribué, ce qui arrive dans le pays, et ce qui aboutit réellement auprès de la population. Ce qui me frappe, par exemple dans le cas des femmes du Kivu, c’est que tout le monde collecte de l’argent en leur nom, émeut l’opinion avec le récit de leurs souffrances, mais sur place, les femmes victimes de viols et autres mauvais traitements ne peuvent même pas se payer un transport pour consulter un médecin….
Kalon dit:
Je pense que Karel de Gucht profite de sa position pour faire un travail de sape au détriment des francophones.
Détruire la Belgique n’est plus suffisant pour nos élites flamandes, empécher Bruxelles et la Wallonie de prendre leur essor devient impératif pour la Flandre politique. Hors, la RDC est plus favorable aux Belges d’expression francophone.
De plus en plus d’entrepreneurs flamands viennent investir en Wallonie, le climat y est moins stressant pour des résultats supérieures !
Laurent dit:
Je trouve cela également désolant de voir comment peut se comporter un Ministre des Affaires Etrangère vis-à-vis d’un pays souverain avec lequel nous avons une relation privilégiée depuis longtemps.
Nous ne ferons evidemment pas le poids par rapport aux Chinois, Américains… quant à l’aide financière mais nous pouvons continuer une relation privilégiée en permettant toujours plus d’échanges avec nos frères étudiants congolais. Espérons que nous continuerons plus avant la possiblité à ceux-ci de parfaire leurs connaissances en Belgique; nous garderons alors cette magnifique relation contructive basée sur la connaissance et l’amitié.
Mais si certains continuent à mettre des bâtons dans les roues…
Monblan dit:
… et l’action de M. Gizenga n’apparaît-elle pas justement aussi lente car elle est freinée de l’intérieur par tous ceux qui ont à perdre à l’établissement d’une situation “normale”? Si c’est le cas, M. Gizenga ne gagnerait-il pas à plus de communication, voire de transparence, sur ce sujet, afin d’obtenir le soutien de la population à son action plutôt que de la voir critiquée ?
ben_p dit:
Madame Braeckman, c’est mieux si vous n’introduisez pas de communautaire ici.
D’autant qu’on ne dispose pas de sondage sur l’avis des francophones.
Colette Braeckman dit:
A propos du Kivu, le gouvernement souhaite fermement le départ des combattants hutus rwandais qui terrorisent la population, violent les femmes,volent les minerais. Il souhaite aussi établir son autorité sur les terres occupées par Nkunda et ses hommes afin que les dizaines de milliers de déplacés puissent rentrer chez eux. Mais il va d’abord tenter d’obtenir le retour des combattants hutus par la négociation, essayer de les persuader d’aller s’installer ailleurs dans le pays ou de rentrer au Rwanda en déposant les armes. mais pour cela il faut que le Rwanda rassure ces gens et aussi ne les renvoie pas discrètement au Congo par la suite car alors le problème n’aura pas de fin. si l’option négociée ne suffit pas, il faudra passer par le recours aux armes et là, la Monuc devrait se montrer beaucoup plus active, elle en a le mandat et la possibilité militaire, mais préfère observer…Sur le plan militaire il devrait être possible de érsoudre la question, mais ce sera un gros effort car le territoire est vaste et l’armée congolaise encore faible et mal équipée, d’autant que l’embargo sur les armes demeure en vigueur…
Dany dit:
C’est flagrant de voir combien les USA peuvent s’intéresser aux pays qui ont des richesses et jettent aux oubliettes les pays qui n’en ont pas. Ils n’agissent jamais que dans leur propre intérêt.
Alex V dit:
Si la Belgique donne 100 millions d’euros par an au Congo, n’est-il pas normal de donner des bons et des mauvais points ? De voir si cet argent est bien utilisé ? Si les Congolais ne sont pas d’accord avec ça, ils n’ont qu’à refuser notre généreuse dotation en signe de protestation !
Kalon dit:
La Belgique aurait versé 150.000.000 €uros à la république démocratique du Congo, C’est beaucoup !
Je trouve qu’il serait utile de publier sur internet la ventilation de nos aides ainsi que le nom des heureux bénéficiaires.
Ainsi, nous pourrions savoir à quoi servent les impots que nous payons.
Selon certaines statistiques officielles, +/- 35 % des montants alloués au titre de l’aide au dévellopement, disparait en ” frais de voyage, d’études et divers “.
Est ce exact ?
Monblan dit:
Vous soulignez à juste titre l’insécurité juridique et économique sur place comme frein à l’investissement privé. Ne serait-ce pas justement sur ces points, où le bât blesse le plus, càd dans l’absence persistante de ce que qualifiais de “normailté institutionnelle”, qu’il faudrait que l’action du gouvernement de M. Gizenga devrait se focaliser, afin de créer des conditions propices à l’investissement privé, l’État et la coopération internationale ne pouvant tout faire ?
Colette Braeckman dit:
Je me demande aussi si le Congo intéresse encore les Flamands; ils ont une autre sensibilité que les francophones, sont plus tournés vers l’Asie et le business et quelquefois leur rudesse d’expression peut choquer. Mais des Flamands qui ont vécu depuis longtemps au Congo trouvent le ton juste, font des choses formidables, je pense en particulier à certains religieux qui sont très engagés auprès de la population et font moins de bruit que nos ministres…
Dany dit:
Les américains, ben voyons, une exemple pour la planète de dictature décomplexée se cachant sous le manteau de la démocratie !
yves dit:
Il me semble que c’est d’abord devant sa population, devant l’Assemblée nationale et le Sénat que le gouvernement doit répondre. D’ailleurs une motion de censure est en train d’être déposée contre le gouvernement Gizenga à cause de sa lenteur, de ce que l’on considère comme de l’inefficacité. Personne n’a élu les Belges pour jouer le rôle de l’opposition congolaise, il y a des parlementaires pour cela, et une presse très critique. Cela étant, les Belges n’ont pas tort de soulever certains points, mais ils doivent tout de même respecter les formes. Demander à lire et à commenter des contrats commerciaux, cela ne se fait nulle part, qui demande à lire les contrats que la Belgique ou la France passent avec la Chine à l’issue de visites officielles là bas? Il est vrai que l’aide doit demeurer vigilante, plus que conditionnée, pour éviter les détournements. mais le fait que plus de 30% de l’aide occidentale parte dans notre bureaucratie, dans nos frais de fonctionnements et donne de l’emploi au Nord plus qu’à des Congolais, c’est choquant aussi et on se demande qui aide qui? ===Si ce que vous prétendez est véridique , en tant que frais de fonctionnement perdus à l’avantage du Nord, alors oui, je suis d’accord avec votre analyse
Colette Braeckman dit:
Ce qui a été dit dans l’entretien se trouve dans l’article d’aujourd’hui, il me semble que certaines questions étaient fondées, mais sur d’autres points les Belges n’étaient pas bien informés. Par exemple, le Congo vient de signer un accord avec les Américains en vue de créer un organisme officiel de lutte contre la corruption et cela nos ministres l’ignoraient… Mais ce qui a choqué surtout, c’est le ton et la manière: on ne se présente pas devant des officiels étrangers en lisant une sorte de bulletin de bons et de mauvais points, nul ne peut accepter cela, quelle que soit la pertinence des questions. Il me semble aussi que l’agressivité du ministre De Gucht était due au fait que le port d’Anvers a perdu un gros contrat de rénovation du port de Matadi…
Eddy dit:
Bonjour Madame Braeckman,
Pouvez-vous nous dire quelles sont concrètement les intentions du gouvernement Congolais concernant les problèmes de violence continue dans le Kivu ? Est-ce que l’on envisage l’intervention d’une force armée pour déloger ceux qui sèment la terreur depuis des années ou est-ce que c’est politiquement encore trop délicat ? L’Union Africaine aurait-elle un rôle à jouer ?
Note : je suis le neveu de Marcelin C. Quand vous le voyez, faites-lui bien mon bonjour !…
farfadet dit:
Madame, J. Kabila est bien susceptible. Qu’il relise un peu son Histoire pour compter le nombre de Belges qui, à la fin du XIXème, ont versé leur sang pour éradiquer l’esclavage pratiqué alors par des marchands arabes et des potentats congolais locaux. Qu’il se souvienne de l’état des infrastructures du Congo ( routes, écoles, hopitaux, chemins de fer et industries ) au moment du 30 juin 1960 et sans oublier de le comparer à ce qui existait dans son pays avant que les belges n’arrive. Qu’il n’oublie pas non plus de se souvenir des Belges tués, après ce 30 juin, suite aux appels à la haine lancés à la radio par votre ami Anicet Kashamura ainsi que ceux tués par les hordes dirigées par Antoine Gizenga, actuel 1er ministre et un autre de vos amis, Madame. Alors, pourquoi se voiler la face, peut-être Mr. De Gucht a-t-il été maladroit, mais sur le fond, il avait raison. Comment voulez-vous qu’un pays puisse fonctionner correctement et honnêtement avec des gens qui se réclament des disciples de Lumumba, une autre de vos idoles, Madame. Sincèrement, je pense que la Belgique pourrait diriger son aide financière vers d’autres contrées, elle rencontrerait de meilleurs résultats. Je vous précise encore que je ne suis pas Belge, dans l’hypothèse où vous penseriez que c’est le chauvinisme qui me fait tenir des propos admiratifs à propos des réalisations de vos compatriotes au Congo.
ben_p dit:
Pour paraphraser André Flahaut, un partenariat, ce n’est pas seulement des chiffres, c’est une relation de confiance entre des responsables …
Ce serait mentir de dire que les congolais respectent leurs engagements en matière de droits de l’homme. Mentir de dire que la démocratie y a progressé en cinq ans. Ca fait longtemps que la Belgique dépense des sommes énormes là-bas, et le robinet continue à couler … compréhensible que ça nous irrite, parfois.
Monblan dit:
Bonjour madame Braeckman,
Si je vous lis bien, vous avez l’air de penser que, plus que le fond du message, c’est la méthode belge actuelle qui pose problème dans les relations avec les autorités congolaises. Ne pensez-vous pas que c’est justement la crainte de voir les efforts belges ne déboucher sur rien (ou sur si peu) et l’impatience par rapport à l’établissement d’un semblant de “normalité” institutionnelle qui est le déclencheur de ce type de réaction intempestive?
pascal dit:
Bonjour, ne croyez-vous pas, madame Braeckman, que le congo intéresse encore les flamands?
André dit:
Ce message, simplement pour vous remercier de la qualité de vos analyses sur le Congo.
Grâce aux éclairages que vous proposez, les choses sont beaucoup plus compréhensibles. Votre interview de M. Kabila est une gifle salutaire à certains dont l’arrogance n’a d’égale que le peu de compétence.Intéressant d’apprendre aujourd’hui que M. De Crem s’est fendu d’un long discours en néerlandais: “Congo Vlaams” la prochaine étape de nos”excellences”?
Leo dit:
Bonjour madame Braeckman.
J’ai lu avec beaucoup d’intérêt vos articles sur la visite de la délégation belge au Congo et l’interview avec le président Kabila.
J’ai bien apprécié la façon que vous observez les choses. Aussi une phrase que j’ai lu dans l’article “A peine arrivé à Kinshasa que le trio belge est déjà divisé” reste toujours dans ma tête.
C’est la phrase prononcé par Le Ministre des Hydrocarbures Lambert Mende:
« certes, nous mettons en gage nos ressources minières, mais c’est pour nous développer au plus vite. C’est un continent que nous devons construire et pour ce faire, nous avons besoin de tout le monde… »
Moi je suis ingénieur si bien en electro-mécanique qu’ingénieur des mines. Les deux années passées, j’ai travaillé au Congo dans les mines de cuivre. D’abord chez Forrest, après chez DCP/NIKANOR à Kolwezi. A Kolwezi j’étais responsable pour le dénoyage de la mine de KOV. NIKANOR a été absorbée par KOL en novembre de 2007 et après on a arrêté mon contrat. Entre-temps, j’ai entendu que la plupart des expatriés ont été mise à la porte, un grand nombre des projets ont été arrêtés.
Ma motivation pour aller travailler au Congo était justement de pouvoir aider à construire le continent africain. Plus particulièrement, je trouve que le peuple congolais, après si tant d’années de guerre et avec un président qui veut aller de l’avant, mérite un peu de l’aide.
Pour cette raison, en 2002, après 10 de travail, je suis retourné à l’université pour y apprendre le métier d’ingénieur des mines.
Je suis convaincu que le gouvernement congolais veut exploiter les mines pour développer le pays. Mes deux années d’expérience au Congo m’ont laissé avec une grande frustration. Pendant ces deux ans, je voyais toutes les conneries que des entreprises comme Forrest et DCP faisaient au Congo. Mais jamais j’ai trouvé des gens de l’administration congolaise pour mettre fin à des pratiques qui ne sont pas dans l’intérêt du peuple congolais.
Le Congo a pu sortir d’une guerre terrible. Je crois que le même Congo sera capable à mettre son économie en ordre. J’aimerais seulement savoir : Où est-ce que se trouvent ces congolais veulent aller de l’avant. Je crois un ai trouvé un dans votre article : Lambert Mende. Et certainement aussi le président Kabila et son entourage.
Comment pourrais-je entrer en contacte avec de tels gens qui veulent développer le pays ? Est-ce que vous pouvez me conseiller ?
Pierre DUBOIS dit:
rebonjour,
cette fois pour une question bien plus grave.
Quelles sont à votre avis les possibilités réalistes de contribuer à court terme à mettre fin à l’horreur qui se déroule presqu’en silence au Kivu?
merci
Pierre DUBOIS
Colette Braeckman dit:
Il me semble que c’est d’abord devant sa population, devant l’Assemblée nationale et le Sénat que le gouvernement doit répondre. D’ailleurs une motion de censure est en train d’être déposée contre le gouvernement Gizenga à cause de sa lenteur, de ce que l’on considère comme de l’inefficacité. Personne n’a élu les Belges pour jouer le rôle de l’opposition congolaise, il y a des parlementaires pour cela, et une presse très critique. Cela étant, les Belges n’ont pas tort de soulever certains points, mais ils doivent tout de même respecter les formes. Demander à lire et à commenter des contrats commerciaux, cela ne se fait nulle part, qui demande à lire les contrats que la Belgique ou la France passent avec la Chine à l’issue de visites officielles là bas? Il est vrai que l’aide doit demeurer vigilante, plus que conditionnée, pour éviter les détournements. mais le fait que plus de 30% de l’aide occidentale parte dans notre bureaucratie, dans nos frais de fonctionnements et donne de l’emploi au Nord plus qu’à des Congolais, c’est choquant aussi et on se demande qui aide qui?
yves dit:
Madame Braeckman, il serait urgent que quelqu’un, dans ce gouvernement fédéral, prenne la peine d’expliquer la situation de la coopération belge au congo. Le citoyen se demande si l’investissement financier y est nécessaire ou “à fonds perdus”. En effet, devant les difficultés que rencontrent les plus faibles d’entre nous, il y a lieu de s’interroger sur les sommes allouées à un pays ami, certes, mais qui ne donne pas une image , et le passé est là pour nous éclairer, de république démocratique. Les Droits de l’être humain y sont quotidiennement bafoués, vous ne pouvez le nier. le Tibet, c’est une chose, mais le Congo nous est encore plus proches
Pierre DUBOIS dit:
Bonjour,
je vous ecris de Montpellier, après vous avoir contacté récemment par courrier papier.
J’ai été complètement catastrophé en voyant le reportage tourné pour le voyage du ministre flamand de la culture.Ce film était visible sur le site:
http://www.brusselnieuws.be/site/templates/media_view?id=1203875603&stre
On y voit ce couillon imposer le vlaamse leeuw au congolais stupéfaits.
Comme par hasard, le film a été retiré du site, et le ministre est toujours en place.
Ma question: auriez-vous une copie de cette désolante perle?
avec mes remerciements
Pierre DUBOIS
Thierry dit:
J’ai lus dans la Meuse de Huy que Leterme avait soutenu De gukt. Est-ce que ça veut pas dire que tout le gouvernement veut donner des leçons aux congolais. Et que le PS est aussi d’accord avec ça? Ca m’étonne qu’anne-marie a pas encoré réagi tiens…
Poly dit:
Ce qui m’intrigue c’est de savoir ce que la délégation belge lui a vraiment dit pour qu’il se mette en colère…?
Colette Braeckman dit:
Vous avez tout à fait raison de souligner l’importance des PME. Un centre existe, de développement de l’aide aux entreprises, mais du côté du “privé” belge il n’y a pas encore beaucoup de répondant. Il est vrai que beaucoup craignent la corruption, les dessous de table,l’insécurité juridique et sur ce point les Congolais devront faire un effort, ils l’envisagent mais on n’y est pas encore…Quant à la démocratie, la liberté d’expresison qui règne au Congo est remarquable: il y a un vrai pluralisme de la presse, à la télé des programmes insultent souvent le président, il y a de très nombreux débats, très suivis. Dans les pays voisins une telle liberté de ton est inimaginable.
Au parlement aussi, il y a de vrais débats, une véritable vie démocratique qui prend racine. Ce qui cloche, je l’ai dit, ce sont les pratiques de corruption, provoquées aussi par la faiblesse des salaires: lorsqu’un prof d’univ gagne 100 dollars par mois, comment voulez vous qu’il ne fasse pas payer les diplômes?
André dit:
Ma question est simple : comment se fait-il que DeGucht ait conservé son poste aux Affaires étrangères alors qu’on connaît depuis longtemps son manque total de diplomatie ?
Laurent dit:
Sinon Charles Michel a-t-il remercié Mr Kabila pour avoir accepté que Mbokani aille jouer pour le Standard ? En tout cas moi, je le remercie…
Fred Surrey dit:
Bonjour Maradme Braeckman,
Pourriez-vous nous dire où nous en sommes avec l’affaire Immo-congo qui a secouée la Belgique durant l’été dernier.
D’autre part, en tant qu’ancien coopérant, il serait intéressant si vous pouviez jeter un coup d’oeil avisé du côté de la coopération de la Région Wallonne, APEFE aussi au Congo qu’ailleurs.
PS: Merci encore pour votre excellent article. C’est un plaisir que de vous lire!
Colette Braeckman dit:
Tous les Congolais y compris le président, souhaitent que lee Belges restent au Congo, accentuent leur aide et leur présence. Ils ont été déçus par la faiblesse des investissements, la lenteur des programmes de coopération (par exemple il a fallu quatre ans pour rénover un seul quai à Matadi, et il y en a dix en tout…) et comme leurs besoins en infrastructures sont urgentissimes, ils ont fait appel aux Chinois, sur une base de troc: des travaux d’infrastructures contre des minerais. Mais tous assurent qu’il y a place pour tout le monde, que beaucoup reste à construire, que nombre de ressources doivent encore être mises en valeur et qu’ils ont vraiment besoin des Belges. Mais si ces derniers traînent, se montrent arrogants, évidemment, les Congolais iront voir ailleurs: à Kinshasa aujourd’hui on croise non seulement des Chinois, mais des Brésiliens, des Indiens, des Japonais, des Coréens. Tous font des offres, des propositions, et ne se mêlent pas de considérations politiques, se comportent normalement…Même des alliés européens, comme les Britaniques, ont proposé une relation triangulaire: l’argent des Chinois, les ressources et les besoins du Congo et entre les deux, ce qu’ils présentent comme leur expertise africaine. Tous les Congolais assurent que cette place là revenait à la Belgique, mais elle n’a pas voulu la prendre…
Dany dit:
Bonjour Madamee Braeckman,
J’ai lu le contenu du discours de Karel De Gucht, il est évident que le gouvernement congolais n’a pas été ménagé, mais de manière tout à fait correcte, et c’est une bonne chose. Il est déplorable de constater la réaction puérile du président Kabila qui évoque un temps révolu afin de ne pas répondre des actes de son gouvernement ultra corrompu.
Si l’aide Belge ne doit pas être interrompue vis à vis de la population, notre gouvernement se doit d’être ferme vis-à-vis de ce gouvernement fantoche dont le seul but est de dépouiller le pays de ses richesses au mépris des gens.
Quelle sera donc la position Belge à l’avenir si Kabila refuse de prendre ses responsabilités ?
Nicolas dit:
Bonjour Madame,
concernant l’aide au développement, ne devrait-on pas mieux répondre aux attentes des Congolais en se lançant plus directement vers des activités économiques de petites et moyennes envergures, sponsorisées par notre Ministère sous contrôle de certains critères, comme le font certains entrepreneurs indiens et chinois qui prennent de très bonne place dans l’Est et le centre de l’Afrique.
Ces entrepreneurs semblent recevoir bon accueil parce qu’ils développent un pouvoir d’achat rapide par les salaires et achats connexes de fournitures.
Ce canal pourrait en partie éviter la trop grande corruption dûe à l’ensemble des budgets passant dans les mains des fonctionnaires congolais, et aussi important, permettrait de ne pas laisser trop de latitude à l’Inde et la Chine d’emporter le trésor de matières premières à bas prix, ces matières devant au maximum rester en Afrique ?
Merci pour votre réponse
Quentin dit:
Est ce que la belgique qui a soutenu l’election du president Kabila dans dans les conditions que l’on connait peut aujourd’hui se dire decu du meme president qu’ils ont soutenu?et qu’elle sanction ils peuvent rendre par rapport a cela?Et aussi vous qui revenez de kin,pensez vous qu’il ya democratie au congo?
FAFARIEL dit:
j’attends la réponse aux premières questions possées avant de tenter les miennes
Albert dit:
Si Kabila venait chez nous et nous parlait de BHV, des ripoux de Charleroi, comment réagiraient Leterme, De Gucht et consorts?
Colette Braeckman dit:
Cher Jef: merci pour la question. Les Belges ont au Congo de bons programmes de coopération, civile et militaire et pourraient faire beaucoup plus, beaucoup plus vite s’ils le voulaient. Mais il est dommage qu’ils se comportent sans beaucoup de respect pour les autorités en place, qui ont tout de même été élues et sont légitimes. ils agissent comme en terrain conquis, fixent les agendas et lorsqu’ils se trouvent en présence du chef de l’Etat se comportent avec beaucoup d’arrogance. Précédemment, des ministres comme Armand De Decker disaient aussi certaines vérités, mais avec diplomatie, en petit comité et sans faire perdre la face à leur interlocuteur, ce qui n’est jamais bon, en Afrique encore moins qu’ailleurs…
Laurent dit:
La Belgique peut-elle faire le poids face à la puissance d’investissements des Chinois? L’histoire n’est-elle pas effacée par l’économie ?
Herve dit:
Bonjour, avez-vous l’impression que le ‘deal chinois’ accentue cette idee presente chez beaucoup de congolais ainsi que chez le president que la RDC n’a plus besoin de ses partenaires traditionnels?
Le Vince dit:
40 à 50.000 morts r mois je voulais dire…
Le Vince dit:
Vécu à Kinshasa en 2003. C’est vrai que l’aide devrait être un minimum conditionnée. Avec un budget qui de mémoire consécre 20 % au Minsitres (NB : l’affaire des 4×4 pour tous les édputés). Et pour rappel, actuellement, les maîtres-esclaves, ce n’est pas les discours avec les belges, mais une réalité dans les zones reculées du pays, et pour les congolais entre eux. Pour rappel, encore environ à 40 à 50.000 morts tous les jours des conséquences directes ou indirectes de la guerre. Le 11/09 tous les deux jours. Et devrait fermer sa guele et ne pas s’ingérer. Les USA se sont “ingérés” en 2 pays pour moins que cela…
V
fentoche dit:
Chère Madame Braeckman,
D’après vos yeux de grande spécialiste du Congo, pensez-vous que les relations avec le Congo vont être gelées ou bien qu’il s’agit d’un grand coup de bluf du président Kabila
jEF dit:
Quelle impression vous a fait la visite des Belges au Congo? Kabila a–t-il eu raison de se fâcher?
Colette Braeckman dit:
bonjour: je suis rentrée de Kinshasa ce matin et jattends vos questions sur la situation au Congo et les relations avec la Belgique…