Un accord culturel en ligne de mire

JEAN-MARIE WYNANTS

mardi 22 mars 2011, 09:44

Entretien Un accord culturel entre les deux Communautés se prépare. Rien ne sera signé avant les décisions au fédéral.

Un accord culturel en ligne de mire

Fadila Laanan Photo : Belga

Samedi, nos confrères du Standaard publiaient une interview commune de Joke Schauvliege et Fadila Laanan, ministres de la Culture des Communautés flamande et française. Celles-ci évoquaient notamment la mise sur pied d'un accord culturel entre les deux parties. Certains ont cru y voir un peu vite un fait accompli. Actuellement à Hong Kong, Fadila Laanan précise quelques points à ce sujet.

Existe-t-il un accord ?

Non ! Nous n'en sommes encore qu'à l'état de projet. Et le terme d'accord « light » n'est pas vraiment approprié. Ma collègue, Joke Schauvliege, l'a utilisé mais pour répondre à une question qui portait notamment sur des questions de territorialité. Les journalistes du Standaard évoquaient la question de savoir si cet accord permettrait par exemple à la Communauté française de subventionner des activités culturelles dans la périphérie de Bruxelles. Il est évident que dans le climat actuel, nous devons être très prudentes. Il ne sert à rien de vouloir faire passer en force des choses qui mettraient tout l'accord en péril.

Comment travaillez-vous ?

On a fixé une série de points de base permettant d'avancer. Des choses sérieuses, pertinentes. Evidemment, on ne signera pas aujourd'hui l'accord qu'on aurait pu signer il y a 20 ans. Et il s'agit d'un accord qui sera appelé à être revu et amendé au fil du temps. L'important, c'est qu'un premier accord puisse exister. Mais pour cela, il faut d'abord que les choses soient réglées au niveau fédéral.

Mais alors ne discutez-vous pas dans le vide ?

Non. Nous avons commencé ces discussions lors de la législation précédente avec Bert Anciaux. Quand il s'est avéré que nous ne pourrions signer un accord rapidement, chacun de nous a transmis le projet aux administrations afin qu'elles continuent à préparer une série de choses. Depuis, elles n'ont pas cessé d'avancer.

En pratique, de quoi s'agit-il ?

Il y a des choses très variées : la mise en commun d'agenda, l'échange de fonctionnaires, l'inventaire de l'ensemble des choses que nous gérons déjà ensemble (Kunstenfestivaldesarts, Flagey, Ars Musica, Toernee generale…). Il y a aussi un volet international. A ce sujet, j'ai un exemple tout frais puisqu'il date de ce matin (NDLR : lundi matin). Je suis actuellement en mission en Chine et j'ai rencontré aujourd'hui les représentants de la Business of Design Week de Hong Kong. C'est une manifestation très importante dans le monde du design. Chaque année, divers pays postulent pour être l'invité central. J'ai défendu notre candidature, au nom de la Communauté flamande, de la Communauté française, de la Région wallonne et de la Région bruxelloise. En tant que porte-parole unique de toutes les entités belges.

Les artistes et institutions culturelles vous ont devancée en mettant au point des collaborations efficaces…

Bien sûr. Le travail a été largement entamé par eux. Et ils ont montré leur efficacité comme dans le cas des liens entre le KVS et le Théâtre national. Mais un accord culturel leur simplifierait la vie. Notamment parce que nous devons leur garantir de pouvoir continuer ce type d'échange, de coproduction, de travail en commun, sans risque d'être mis en danger par d'éventuels règlements futurs influencés par des replis identitaires. Un accord de coopération garantirait une stabilité.

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