Une cathédrale d’art au cœur d’un quartier en mouvement

JEAN-MARIE WYNANTS

mercredi 24 août 2011, 09:47

Une cathédrale d’art au cœur d’un quartier en mouvement

Dans le vaste espace d’exposition, les œuvres de Jean-Luc Moerman, Yasumasa Morimura et Sudarshan Shetty dialoguent dès l’entrée © Thierry Du Bois

Al’entrée, une cour assez discrète aménagée par le bureau Lhoas et Lhoas. Dans celle-ci, on repère une grande sculpture métallique : un des Christ torsadé de Wim Delvoye. Sur la gauche, on pénètre dans l’espace d’accueil, vaste et aéré. Puis, aussitôt, on plonge dans la grande salle du rez-de-chaussée. Les yeux se lèvent vers les étages, la large galerie qui entoure tout l’espace, les volumes énormes permettant de mettre en valeur les installations les plus imposantes comme les œuvres les plus intimistes.

En choisissant ce lieu, Walter Vanhaerents ne s’est pas trompé. Évidemment, l’homme a l’œil. Entrepreneur puis promoteur immobilier, il a l’habitude de repérer des espaces bourrés de potentiel là où d’autres ne voient que des friches industrielles.

En tant qu’amateur d’art, l’envie de montrer sa collection le travaille depuis toujours. « Je suis quand même dans la construction à la base et j’avais envie de pouvoir installer les œuvres dans un lieu qui les mettrait en valeur. Sans penser nécessairement à l’ouvrir au public. Il y a dix ans, on a commencé à chercher. D’abord en Flandre orientale, puis à Gand, à Anvers… Puis j’ai exploré divers lieux à Bruxelles, notamment dans ce quartier entrer le boulevard du midi et le Canal où il y a encore pas mal d’anciens espaces industriels. Lors d’une visite, je suis entré ici par la toute petite porte. J’ai eu l’impression de pénétrer dans une cathédrale. J’avais trouvé ! »

Une fois le lieu trouvé, il faut l’aménager. Passionné d’architecture, Walter Vanhaerents s’adresse d’abord au Japonais Shigeru Ban qui a réalisé le toit en chapeau chinois du Centre Pompidou à Metz. « C’était une rencontre d’une richesse incroyable mais on n’a pas réussi à concrétiser le projet car il voulait une visibilité à l’extérieur du bâtiment. D’autres architectes sont venus comme Christian de Portzamparc. Finalement, j’ai choisi de travailler avec Paul Robbrecht. En une minute, c’était arrangé. Ce qu’il voulait, c’était se mettre au service du musée. Aujourd’hui, il prétend même avoir « juste nettoyé l’espace ». Tout est toujours sobre chez lui. »

Et remarquablement agencé. D’autant que l’entreprise familiale a aussi acquis (bien avant que le quartier redevienne attrayant) les bâtiments avoisinants et prévoit, pour l’avenir, du logement, un espace dédié aux galeries d’art et un ensemble de parking en sous-sol.

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