
DANIELE GILLEMON
mercredi 24 septembre 2008, 09:51
Le sujet est un peu scolaire et l’entrée en matière, qui groupe une série de bustes au bout d’une longue salle vide, pas vraiment attrayante. Pourtant, il faut porter au bénéfice du musée d’avoir résisté à l’agaçante tentation de pimenter son expo de facéties contemporaines. Ni Koons ni Fabre, pas la moindre intervention postmoderne ou néopop dans cet alignement de portraits sculptés d’époque, assortis de quelques gravures et peintures ! Il s’agit d’une question d’histoire de l’art, du buste sculpté aux XVIIe et XVIIIe siècle dans les anciens Pays-Bas, de l’histoire d’un genre et elle est traitée comme telle. Seule la scénographie dans les caves voûtées du musée lui donne un peu de relief.
Il en va de l’impact des sculptures comme du talent, essentiellement variable, qui a présidé à leur élaboration. Portraits de prélats, d’hommes politiques, de dignitaires inspirés peu ou prou du modèle antique et plus tard portraits d’acteurs, d’artistes, de femmes du monde parfois modelés d’après nature, tous ne requièrent pas la même attention. Souvent académiques, plus rarement de « caractère » et vivants, ils déclinent pourtant la palette complète des matériaux, des techniques, des manières – classique, baroque, préromantique – et du message véhiculé par chacun d’eux.
Seuls les grands noms en définitive – Rubens pour la peinture, Artus Quellinus, Faydherbe, Duquesnoy, et quelques anonymes pour la sculpture – tirent leur épingle du jeu et soustraient l’exposition à un ennui distingué.
Musée des Beaux-Arts d’Anvers, jusqu’au 14 décembre.
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