La caricature, une arme pacifique

STAGIAIRE

vendredi 19 septembre 2008, 09:53

DES « DESSINS POUR LA PAIX » au Mundaneum de Mons ou comment l'insolence est une preuve de citoyenneté.

La caricature, une arme pacifique

Photo : Zlatowski

Pratique

Mundaneum, 76, rue de Nimy, Mons, jusqu'au 21 décembre 2008. Infos : 065/31.53.43 ou www.mundaneum.be

Ils n'ont pas leur crayon en poche et des quatre coins du monde ils n'hésitent pas à dégainer : le Mundaneum de Mons rassemble leurs caricatures dans l'exposition Dessins pour la paix.

Bush et Ben Laden déclinés à toutes les sauces, le réchauffement climatique, le port du voile, la liberté de la presse, autant de thèmes autour desquels les caricaturistes s'engagent. Tous ces dessins, suspendus à des fils, sont classés par thème et par pays. La scénographie fait circuler le visiteur dans un dédale d'images, créant ainsi un rapport intimiste entre l'homme et la caricature.

Le projet Cartooning for peace a été mis sur pied par Plantu, dessinateur et éditorialiste au Monde, sous l'égide de l'ONU et de Kofi Annan. Plantu, Pierre Kroll, Jeff Danziger (États-Unis), Boukhari (Palestine), No-Rio (Japon), au total une trentaine de nations sont représentées.

Plantu nous explique les ambitions du projet : « Il faut d'abord responsabiliser les journalistes, mais pas seulement. Tout le monde doit sortir de l'expo révolté. Nous devons réagir : nous sommes dans un monde en guerre. » Et d'ajouter que la censure n'existe pas seulement dans les dictatures : « Il faut savoir que partout la liberté de la presse est menacée. La peine de mort n'est plus d'actualité chez nous. Mais pour tuer un journaliste, il suffit de le traiter d'antisémite, ça a été le cas de Siné . En fait le statut du dessinateur de presse est le baromètre de la liberté d'expression de chaque pays ». Pour sa part la seule limite qu'il admet est celle qu'il se pose lui-même : face à la vie privée ou l'intégrité physique de ses sujets c'est l'autocensure qui sert de régulateur.

Plusieurs points de vue

Dans le centre d'archives du Mundaneum, l'exposition s'ouvre sur une vidéo montrant la main du caricaturiste à l'action, le but étant d'insister sur le lien entre le bouillonnement des idées et le tracé du dessin. Sur deux étages la multiplicité des artistes permet d'avoir plusieurs points de vue sur des faits de société tels que les événements du 11 septembre, le fossé Nord-Sud, les dérives écologiques, etc. Cette rencontre d'artistes a pour vocation de « contribuer à la communication pacifiste entre les peuples », selon les dires des organisateurs. Dans le même esprit viendront s'ajouter à partir du 7 novembre les affiches palestiniennes de la collection Ezzeddine Kalak – représentant de l'OLP en France, assassiné en 1978 – et une trentaine de caricatures ayant trait au conflit israélo-palestinien.

vos réactions

Pour réagir à cet article

  • introduisez votre nom d'utilisateur
  • rédigez votre commentaire
  • postez

Merci pour votre réaction. Votre message doit respecter la charte du Soir, à laquelle vous avez souscrit au moment de votre inscription (lire la charte): sont exclus notamment les messages racistes ou xénophobes, les propos calomnieux ou diffamatoires, les injures ou les attaques personnelles. Confirmez-vous que votre message respecte la charte ?

 

?

recevoir la newsletter quotidienne gratuite

explorer

TicketNet