Antiquaires et visiteurs sont ravis
DOMINIQUE LEGRAND
mardi 31 janvier 2012, 10:55
Crise ou pas, le rendez- vous du marché de l'art BCBG a fonctionné comme un bingo surréaliste. La Brafa enregistre un accroissement de 15% de visiteurs, soit 45.000 entrées en une semaine.
Un soupçon dérotisme était présent pour enrayer la crise : ce « Bedroom blond doodle » (1984) de lAméricain Tom Wesselman a dû rivaliser avec une fresque romaine bien plus éloquente (Ier siècle
Les meilleurs placements (voire les valeurs solidement ancrées) se sont envolés avant l'ouverture au public venu en nombre : 45.000 visiteurs ! Tout chiffre de vente demeure un secret bien gardé alors que rien n'est définitivement clôturé. Comme au Salon de l'Auto, les antiquaires jouent les prolongations. La Pentecôte, un dessin de Rubens, demeure en négociation chez Klaas Muller (Bruxelles). Nombreux comme Ronny Van de Velde ou Patric Didier Claes se sont séparés de leurs premiers choix avant l'ouverture. Belle valeur sûre qu'Alechinsky puisque la galerie Jamar a vendu sa pièce très remarquée, Les Ovipares (1960), une huile sur papier japon. Toujours côté art belge, Harold 't Kint a enrichi des collections avec plusieurs dessins de Delvaux et un autre Spilliaert, Coucher de soleil bleu et orange (1922), estimé 50.000-60.000 euros. Invitée de marque il y a quelques années, la manufacture De Wit (Malines) frôle les sommets de l'art ancien de la tapisserie en vendant Scène campagnarde avec deux licornes, (Audenarde, XVIe) Nostalgie, dérision : Guy Pieters Gallery (Knokke) a trouvé acquéreurs pour la série Hommage au Congo belge de Jan Fabre, chaque artefact vendu entre 200.000 et 300.000 euros.
Mermoz (Paris) remporte toujours un beau succès avec ses merveilles d'art précolombien alors que Samuel Van Hoegaerden (Knokke) a réalisé une belle ouverture en vendant des sculptures en aluminium de Fred Eerdekens, des uvres de Panamarenko, Christian Dotremont (Bulle après bulle), Constant Permeke (Femmes de pêcheurs) ou un nu de Tom Wesselman.
La Brafa, c'est le choc visuel ininterrompu. Le Sidaner versus Calder. On passe d'un superbe Bassin dit de David Teniers IV (1696) chez Bernard De Leye à un Chagall estimé 700.000 euros (Taménaga) alors qu'à deux pas, un collectionneur belge accapare une très belle pièce de monnaie antique chez Tradart (Bruxelles/Genève) représentant Arethuse, nymphe de Syracuse (Sicile, 450 av.J.C.). L'Antiquité n'était pas en reste dans cette foire qui faisait pourtant la part belle à l'Art déco. Phoenix Ancient Art (Genève) s'est séparé de plusieurs pièces dans sa collection de petites faïences mais aussi son monumental fragment de fresque romaine érotique (Ier siècle) ou la stèle de l'Ancien Empire (Egypte, 2500-2200 av. J.C.) représentant un couple et son enfant.
L'Univers du Bronze (Paris) a créé le buzz avec Rodin, notamment une Faunesse à genoux (1884) très disputée. Surprise d'un tout autre genre, l'engouement remporté par les icônes présentées sur le stand de la Brenske Gallery (Munich). Pour sa première participation à la foire des antiquaires, ce spécialiste a réussi un bon score au-delà des expectatives, notamment avec une Vierge allaitant (Russie, XVIIIe). D'autres nouveaux participants se félicitent. C'est le cas de Jean-Baptiste Fabre (Genève) qui a cédé une impressionnante commode estampillée Mathieu Criaerd, 1738.
Si les portes de Tour & Taxis sont fermées, rien n'est fini. Les cartes de visite sont de précieux sésames pour des acquisitions mûrement réfléchies, la tendance forte de cette édition. La Femme au turban de Renoir (Tamenaga) retourne avenue Matignon. Qui sait, retrouvera-t-elle peut-être un jour Say hello wave goodbye (2010) de David Spiller ?
















