« L'érotisme, c'est de l'art »
STAGIAIRE
mardi 21 février 2012, 09:48
Le 1er mars, la Belgique sera, comme Paris ou New York, elle aussi dotée de son Musée de l'érotisme et de la mythologie. Derrière le concept, le Dr Guy Martens y exposera sa collection privée d'oeuvre d'art. Un musée interdit aux mineurs.
« Equilibriste »Travail français, du début du XXe siècle
Guy Martens aime les phallus, les vagins, les seins, les fesses et tout ce qu'on peut faire avec, pourvu que ça soit artistique. En ouvrant son musée, il ouvre sa porte à la critique La mise en lumière de la sexualité choquera sans doute il y a une école juste en face , mais le docteur se défend en mettant en avant le but éducatif du musée. Il s'agit en effet de « faire connaître toute l'histoire de la sexualité ».
A la simple évocation du mot pornographie, celui-ci s'exclame : « Mais enfin, c'est de l'art ! » L'homme aime d'ailleurs citer le collectif Romans libertins du XVIIIe siècle afin de s'expliquer : « L'érotisme est tout ce qui rend la chair désirable, la montre dans son éclat ou dans sa fleur [ ]tandis que l'obscénité ravale la chair, y associe la saleté. »
Loin des sept étages du musée de l'érotisme de Paris, le MEM bruxellois se veut discret. Etabli dans une simple maison du Petit Sablon, le musée ne fait « que » 75 m2 Guy Martens a mis 40 ans pour rassembler tous ces objets et continue encore à écumer les salles de ventes : « C'est une maladie, mais une maladie saine ! » dit-il.
Les visiteurs auront l'occasion d'admirer sculptures, peintures et autres uvres d'art provenant de différentes époques. Parmi lesquelles une clenche de porte d'une ancienne maison close de Paris, lieu qui accueille aujourd'hui les studios de RTL. Au troisième étage, un buste datant du Ier siècle avant Jésus-Christ représente le dieu hermaphrodite Attis, pièce maîtresse que le docteur Martens a cherchée pendant de nombreuses années. De nombreux ivoires et porcelaines datant du XIXe et du XXe siècle font également partie de la collection. Mais aussi, au fil de sa découverte, le visiteur notera l'évolution de la représentation de la sexualité au fil des siècles passant du très cru à une volupté plus discrète où il faut manipuler les éléments afin d'en découvrir les parties cachées.
Le musée a déjà eu droit à son coup d'essai : il a exceptionnellement ouvert ses portes le jour de la Saint-Valentin : « Il y a eu 300 personnes. Beaucoup d'antiquaires, des connaissances J'avais invité des politiques, mais je n'en ai vu aucun »
En attendant l'ouverture officielle le 1er mars, le docteur Martens fait l'inventaire et prépare ses fiches. Ce passionné dit « démarrer une nouvelle vie ». Cela dit, il continuera à enrichir sa collection, car sa « maladie » ne se soigne pas
MEM, 32 rue Sainte-Anne, 1000 Bruxelles. 02-514.03.53. Ouvert du jeudi au lundi de 14 à 20 h. Entrée : 8 euros. www.m-e-m.be
















