Les « P'tites Poules » se réalisent à Bruxelles
STAGIAIRE
jeudi 15 juillet 2010, 10:06
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Les livres pour enfants des « P'tites Poules » se sont vendus à un million d'exemplaires. Des dessins animés issus de cette série culte sont diffusés le week-end sur France 5. Ils sont réalisés dans un studio d'animation bruxellois.
Léquipe de Sinematic travaille sur les « Ptites Poules » dans un studio aussi animé que les dessins à réaliser © Sinematic
La chaleur estivale s'est invitée dans les bureaux de Sinematik, la filiale belge du groupe français Blue Spirit. Installé dans le centre d'entreprises Dansaert à Bruxelles depuis deux ans, le studio d'animation bouillonne sous la charge de travail. Les fenêtres grandes ouvertes n'y changeront rien.
Repères
Les P'tites Poules, c'est d'abord une célèbre collection de livres de Christian Jolibois et Christian Heinrich, publiée aux éditions Pocket Jeunesse. Un succès de librairie avec un million de livres vendus et déjà dix tomes parus. C'est ensuite une adaptation en dessin animé. On peut la voir, chaque samedi et dimanche à 9 h 30, dans Ludo Zouzous sur France 5. Chaque fois deux épisodes de la série réalisée par Jean-Luc François. Le pitch ? Les frontières du poulailler sont trop étroites au goût de Carmen et de son frère Carmelito. Ils n'hésitent donc pas un instant à partir à l'aventure, au-delà des murs de la ferme, pour vivre des aventures inédites.Les yeux rivés sur son écran d'ordinateur et grâce à ses innombrables clics de souris, Nicolas donne vie à Coléra et Raspoutine. Quelques pas de course pour ces deux rats, ennemis des P'tites poules, les héroïnes du dessin animé diffusé sur France 5.
Une petite scène : deux secondes. « Mais ça me prendra trois ou quatre heures de travail », avoue l'animateur. L'animation d'un épisode de 11 minutes dure, en moyenne, entre 82 et 90 jours. Huit secondes du dessin animé par jour et par animateur. Un travail de titan.
« Je ne vais pas utiliser des mots trop compliqués pour expliquer mon travail, sourit Nicolas. C'est très technique. Mais il existe énormément de possibilités pour créer une atmosphère ou pour animer un personnage. Montrer la surprise, par exemple, tout le monde ne l'imagine pas de la même manière. » De même pour coller le plus possible au réel, enjoliver les scènes de dizaines de détails. Des animateurs utilisent par exemple un miroir pour travailler une expression.
Debout derrière un animateur, Valérie Spicht, chef de studio, supervise. Son bureau se trouve à quelques pas de ses fourmis ouvrières. Avant de parler du rôle et des missions du studio d'animation, elle présente sur son ordinateur et avec beaucoup de plaisir les dessins animés développés par Sinematik. Ses éclats de rire traduisent la fierté du travail accompli par son équipe. « 12 personnes s'occupent exclusivement des épisodes des P'tites poules, explique Valérie. Car ce n'est pas le seul dessin animé dont on s'occupe. On anime 18 épisodes sur 32 ici à Bruxelles. Le plus souvent, on s'occupe d'adaptation de bédés. La maison mère à Paris achète les droits et nous nous occupons de l'animation en collaboration avec la filiale d'Angoulême. »
Le travail en amont est important avant que le projet n'aboutisse sur le bureau de Valérie Spicht. « Dans un premier temps, les développeurs procèdent à des recherches graphiques pour adapter l'album, commence-t-elle. Ensuite, il faut écrire le scénario et en faire un story-board, c'est-à-dire sa mise en images. On le dessine, scène par scène. Avant de commencer à animer l'histoire, nous avons également besoin de l'animatique : ce sont les dessins du story-board mis bout à bout, en vidéo, avec la bande-son. Enfin, on nous fait parvenir également les décors de référence en fonction des épisodes, les nouveaux personnages ou encore certains accessoires particuliers. »
Après ce travail de préparation, les animateurs de Sinematik deviennent maîtres de la conception du dessin animé. Ils divisent le story-board en séquences, qu'ils se partagent. « Un animateur par séquence, précise Nicolas, toujours occupé avec le jogging de ses rats. Il n'y a pas d'animateur spécialisé pour un seul personnage ou une seule expression de visage, par exemple. »
Le projet P'tites poules se termine fin septembre. Les 12 animateurs en charge du projet quitteront alors le studio d'animation, car ils ne sont engagés que pour la conception de ce dessin animé. Mais d'autres arriveront pour développer les futurs projets de Sinematik.
