Bernard Giraudeau est mort
Rédaction en ligne
samedi 17 juillet 2010, 12:13
Comédien, réalisateur, écrivain et bourlingueur, Bernard Giraudeau, est mort samedi matin dans un hôpital parisien à 63 ans. Il souffrait du cancer depuis des années.
AFP
Bernard Giraudeau est mort samedi matin à l’âge de 63 ans. Il a joué avec le même brio les séducteurs romantiques de comédie et les héros tragiques, ambigus ou violents avant de passer à la réalisation et, avec succès, à l’écriture. En plus de trente ans de carrière, ce gaillard au sourire enchanteur et aux yeux clairs qui ne voulait pas être « un fonctionnaire de la pellicule », a cultivé nombre de passions : théâtre, cinéma, voyage, écriture, sport.
Né le 18 juin 1947 à La Rochelle (Charentes-Maritimes), fils de militaire, Bernard Giraudeau s’engage à 15 ans dans la Marine nationale et fait deux fois le tour du monde à bord de la Jeanne d’Arc. S’il exerce divers métiers aux Halles ou dans une agence de publicité, il commence le théâtre à La Rochelle à 20 ans. Il s’inscrit au Conservatoire de Paris, où il obtient un premier prix de comédie classique et moderne (1974).
Il apparaît au côté de Jean Gabin en 1973 dans le polar de José Giovanni « Deux hommes dans la ville », puis enchaîne dans son registre préféré, la comédie – « Et la tendresse, bordel ? »(1978), « Viens chez moi, j’habite chez une copine »- où il rencontre le succès.
Capitaine séducteur dans « Passion d’amour » (1980), d’Ettore Scola, Bernard Giraudeau passe du héros romantique au loubard, justicier solitaire dans « Rue Barbare » (1983), qui le révèle au grand public.
Réalisateur de deux longs-métrages (« L’Autre », 1990 et « Les Caprices d’un fleuve », 1996) et de documentaires, il mène aussi une carrière de romancier à succès avec « Le Marin à l’ancre » (2001), « Les Hommes à terre » (2004) et « Les femmes de nage » (2007).
Atteint d’un cancer du rein en 2000 puis du poumon cinq ans plus tard, il témoignait avec courage, dans les médias, de sa vie avec la maladie.
Chevalier de la Légion d’honneur, Bernard Giraudeau a eu deux enfants de la comédienne Anny Duperey, Gaël et la comédienne Sara, qui a remporté le Molière 2007 de la révélation féminine théâtrale.
Mitterrand déplore la disparition d’un « grand comédien »
Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a déploré samedi la disparition de Bernard Giraudeau, qualifié de « grand comédien (…) qui par leur personnalité, leur force, leur regard et leur voix, laissent leur marque dans notre mémoire », après l’annonce du décès du comédien qui souffrait d’un cancer depuis des années. Il avait 63 ans.
Dans un communiqué, M. Mitterrand rappelle que ce séducteur aux yeux bleus « aura eu le bonheur de commencer sa carrière au côté de Jean Gabin, dans ‘Deux hommes dans la ville’, puis de tourner avec les plus grands réalisateurs et enfin de passer avec succès derrière la caméra, pour réaliser des films inspirés par son goût des voyages, de l’aventure et sa passion de l’Afrique, notamment le magnifique ‘Caprices d’un fleuve’ ».
Le ministre a également salué un « romancier de talent, poète du grand large, qui savait faire partager son amour de la mer ». Cet « homme de coeur et de caractère (…) avait réagi et combattu avec un courage et une détermination vraiment admirable, dès les premières attaques de la maladie qui l’avait atteint dans la force de l’âge ».
(AFP, AP)