On ne sort pas indemne d'un film de Terrence Malick... un des grands r?isateurs encore vivants.... A voir et ?evoir...
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NICOLAS CROUSSE
jeudi 29 juillet 2010, 11:36
C'est l'été. Le cinéma fait la sieste. Côté nouveautés, pas grand-chose à se mettre sous la dent. C'est le traditionnel ventre mou de la saison, heureusement sauvée par de belles choses à la Cinémathèque ou à Écran Total.
Mais courage : la rentrée n'est plus très loin, et s'annonce passionnante. On y retrouvera, rituel oblige, quelques-uns des films phares qui éclairèrent le dernier Festival de Cannes, à commencer par sa Palme d'Or controversée. On y verra sans doute aussi quelques pépites qui auront été présentées, entre-temps, à la Mostra de Venise.
L'automne hiver 2010 ? Ce sera celui de quelques sacrées affiches. Jugez plutôt : Dany Boon et Benoît Poelvoorde y vont de leur grande vadrouille sur la frontière belge (Rien à déclarer). David Fincher s'attaque à Facebook (The social network). Terrence Malick tutoie les questions existentielles de l'humanité (Tree of life). Sofia Coppola revient enfin, en passant du château de Versailles de Marie-Antoinette à celui de Mormont (Somewhere). François Ozon réunit Catherine Deneuve et Gérard Depardieu, le couple mythique du Dernier métro de Truffaut dans Potiche. Stephen Frears signe une satire très farfelue du couple avec Tamara Drewe. Guillaume Canet met aux prises Marion Cotillard et Benoît Magimel dans Les petits mouchoirs. Nicole Garcia met sur le chemin de Jean Dujardin la tentante Marie-Josée Croze (Balcon sur la mer). Et, last but not least, Cécile de France et Matt Damon se donnent rendez-vous devant la caméra de Clint Eastwood (The hereafter).
C'est la Palme d'Or la plus controversée de ces dernières années. Et un vrai film d'auteur, au sens pur (et puriste, ajoutent ses détracteurs), signé par l'auteur thaïlandais de Tropical Malady, Apichatpong Weerasethakul. On y suit un vieil homme, rencontrant dans un voyage aussi mystique qu'initiatique les fantômes de sa femme et de son fils morts. Le célèbre magazine américain Variety y a vu un film « merveilleusement dingue », Le Figaro un objet « prodigieusement ennuyeux ». A l'ère du prêt-à-mâcher, une controverse salutaire.
Alors qu'il vient de signer un très grand film, L'Etrange histoire de Benjamin Button, David Fincher s'attaque avec The social network à un film sur la création du site web Facebook. De la part des studios hollywoodiens, on croirait à une simple success-story. Mais Fincher n'est pas n'importe qui, et son épopée contemporaine, défendue par Justin Timberlake et Jesse Eisenberg (dans le rôle de Mark Zuckerberg), devrait aller bien au-delà. Vers une mise en cause du merveilleux monde des « amis » ?
Deux ans après Bienvenue chez les Ch'tis, Dany Boon propose pour son retour derrière la caméra un duel que l'on serait tenté, sur papier, de croire aussi légendaire que celui des De Funès - Bourvil d'antan. Et pour cause : il opposera Dany Boon (aussi devant la caméra, donc) à Benoît Poelvoorde. Au lendemain du passage à l'Europe, deux douaniers, l'un belge, l'autre français, apprennent la disparition prochaine de leur poste. Les irréductibles ennemis vont être amenés à unir leurs forces.
Après un haletant No country for old men (2007), adapté du roman de Cormac McCarthy et qui flirtait par moment avec l'univers du western, ça y est, les frères Coen se lancent, cette fois dans le monde des cow-boys. Dans cette adaptation du roman éponyme de Charles Portis, déja transformé par Henry Hathaway dans Cent dollars pour un shérif, c'est Jeff Bridges qui reprend le rôle créé en 1969 par John Wayne. La dernière fois que les Coen avaient fait appel à Bridges, c'était pour The Big Lebowski !
Le cinquième film de Terrence Malick, en plus de 35 ans. Le réalisateur de La ligne rouge pense depuis 1978 à ce projet, extrêmement ambitieux, qui entend retracer la genèse de l'humanité, des origines à nos jours. Brad Pitt et Sean Penn sont à l'affiche. Le film devait être la grande affiche du dernier Festival de Cannes, mais le perfectionniste Malick a préféré polir davantage son propos. Sera-t-il dans un mois à la Mostra de Venise ? Rien n'est sûr, avec l'imprévisible cinéaste américain.