Tintin traverse l'Atlantique
NICOLAS CROUSSE
mardi 27 décembre 2011, 10:00
Voilà Tintin en Amérique ! « Le Secret de la licorne » est sur les écrans américains depuis mercredi. Très gros succès public en Europe, le film de Spielberg ne semble pas y casser la baraque. L'accueil critique est généralement bon, mais sûrement pas unanime.
: DR
Après la marche triomphale mais il faut bien le dire attendue de Tintin en Europe, Steven Spielberg tente, depuis mercredi passé, d'imposer le monde d'Hergé au grand public américain.
Le Secret de la licorne est d'ores et déjà un succès international. Avec des pics de popularité en Grande-Bretagne, en Espagne. Plus de cinq millions de spectateurs en France. Et le cap du million récemment dépassé en Belgique.
L'exploitation du film outreAtlantique s'annonce plus compliquée, Tintin étant là-bas un personnage quasiment inconnu. Mais après tout, avait déclaré Spielberg, confiant, « personne n'avait entendu parler de Toy Story ni de Shrek avant que ces films ne sortent sur les écrans ».
Le verdict est partiellement tombé, depuis le 21 décembre. Au lendemain du week-end de Noël, le film de Spielberg se classe en cinquième position, avec des recettes de 9,1 millions de dollars (7 millions d'euros). Devant lui, et dans l'ordre décroissant, le quatrième volet de Mission impossible, Sherlock Holmes, Alvin et les Chipmunks et Millenium : les hommes qui n'aimaient pas les femmes. Certes, la concurrence était rude. Certes, Tintin ne fait pas partie de la culture américaine. Mais soyons clairs : c'est une petite déception.
Quant à la réception critique, elle est globalement positive, mais avec de solides nuances. Les sites de référence critique attribuent au film ici 74 % (sur Rottentomatoes.com), là 67 % (sur Metacritic.com).
Cela se traduit par des articles aux tonalités diverses. Pour Newsweek, qui entame sa chronique par le constat que les vétérans de Hollywood attaquent en général la dernière ligne droite de leur filmographie, au même âge que Spielberg, « il n'y a rien d'automnal dans les deux derniers films de Spielberg » (NDLR : l'autre étant Cheval de guerre) et à voir le rythme de Tintin, « on est loin du film d'un homme proche de la ligne d'arrivée ». Pour The Independent Weekly, le film est « étonnamment drôle, rafraîchissant et inspirant ».
The Seattle Times parle avec enthousiasme d'un « Indiana Jones avec du toupet ». Et de l'humour, provenant en grande partie du capitaine Haddock, « ivrogne et incurable scélérat » qui joue « les efficaces faire-valoir aux côtés du beaucoup plus sobre Tintin ». Le journal américain évoque le recours de Spielberg aux nouvelles technologies (3D, motion capture) : « Rien de bien innovant, quand on repense par exemple à Jurassic Park, mais Spielberg utilise l'animation high-tech avec la joie contagieuse d'un gamin. »
Il n'y a pas que des compliments. USA Today regrette l'absence de scènes spectaculaires (« il y en a peu »), et s'étonne que la collaboration entre Spielberg et Peter Jackson « manque de sens de magie, d'intrigue et de mystère ». Le Washington Post salue la motion capture tout en la trouvant ici presque « lisse, froide et distante ». Enfin, The Atlantic observe que Spielberg a intelligemment éliminé de son film les relents nauséabonds de l'uvre d'Hergé. « Et qui sont, écrit The Atlantic, le racisme. »
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De Kelly Reichardt. Avec Michelle Williams, Bruce Greenwood, Will Patton, Zoe Kazan, Paul Dano. -
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Our idiot brother
De Jesse Peretz. Avec Paul Rudd, Zooey Deschanel, Elizabeth Banks, Emily Mortimer, Steve Coogan.
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Aussi bon que soit un film, son genre, son syle ne plait pas à tous les publics. Les Américains rient plus facilement avec Superman et autres"comics", c'est une question de culture et aussi d'attente: on s'attend à certaines choses et on ne les voit pas.