Hollywood s'écarte d'Obama

NICOLAS CROUSSE

mardi 03 janvier 2012, 10:43

Les hommes du Président viennent souvent de Hollywood. Mais hormis George Clooney qui soutient toujours son ami Obama, de plus en plus d'acteurs US, de Matt Damon à Robert Redford, tirent à boulets rouges sur le président américain.

Hollywood s'écarte d'Obama

Pas d’accord avec Matt Damon, Clooney : Obama reste son ami © The White House - News Pictures

Alors que nous voilà officiellement entrés dans l'année électorale américaine, Hollywood montre depuis peu des signes d'impatience, d'agacement, voire de déception avec celui qui convole dans ses bras depuis 2008.

Avant Obama...

« Happy birthday, Mister President »

L'histoire des relations entre Hollywood et les Présidents américains est souvent éloquente… et surprenante. Impossible, pour un élu de la nation, de faire fi de ce véritable temple, artistique et industriel, de la culture américaine.

Surprise, donc : on pense à Kennedy, à qui Marilyn adressa le 19 mais 1962 un très érotique « happy birthday, Mister President », et l'on imagine que JFK était un inconditionnel du cinéma. Faux. Il ne fit projeter que 22 films durant son mandat, brutalement inachevé. À titre de comparaison, Jimmy Carter, vrai fondu de cinoche, en visionna 580 à la Maison Blanche. En commençant par Les hommes du président. Et en n'hésitant pas à recevoir des cinéastes dans le bureau ovale, à l'image de Francis Ford Coppola, qui lui présenta en avant-première Apocalypse Now. Il ne fallut pas expliquer à Ronald Reagan, ancien acteur, ce qu'était Hollywood. Reagan transforma donc régulièrement la Maison-Blanche en salle de projo, en projetant à peu près tout, et même le communiste Reds, de Warren Beatty. Seule censure : les films où apparaissait Errol Flynn, son ex-compère, dont il condamnait la vie sexuelle… et qui lui fit pas mal d'ombre. Clinton, qui adorait Les Rois du désert (avec Clooney et Wahlberg), se la joua bon copain avec le gratin hollywoodien. Juste avant lui, Bush Senior put compter sur le soutien d'Arnold Schwarzennegger. Et Bush Junior se passionna pour le film de guerre propagandiste… ainsi que pour le personnage de Dr Evil (Austin Power).

Si l'Obama-mania est terminée depuis longtemps, l'incroyable flirt entre le locataire de la Maison Blanche et la capitale du cinéma mondial est à son tour en train de toucher à sa fin.

Pour rappel, dès le début de la campagne de 2008, qui vit Barack Obama opposé à John McCain, la profession prit rapidement fait et cause, et avec un enthousiasme dithyrambique, pour le candidat démocrate.

À sa tête, George Clooney, qui dès septembre 2007, déclarait au journal Le Soir, durant la Mostra de Venise : « Je le soutiens parce que c'est à mes yeux le plus armé pour y aller. Je le connais. Il a de la personnalité, du cran, de l'intelligence. » Et Clooney, considérant Obama comme « le meilleur candidat que j'ai jamais vu », concluait alors par un de ces compliments qui aurait pu être adressé à un partenaire de scène : « Quel charisme, en plus, ce type. Quand il entre dans la pièce, vous pensez à une rock-star. »

Quatre ans plus tard, le discours de Clooney, alors partagé par la majorité de ses pairs, ne rassemble plus grand monde.

« Fais quelque chose ! »

Matt Damon, supporter déclaré d'Obama en 2008, exprime sur CNN ce sentiment de désillusion, partagé par Michael Moore, Barbara Streisand, et relayé par quelques shows satiriques. « Je pense qu'il a mal interprété le mandat qu'il a reçu. Il a reculé dans de nombreux domaines. »

Robert Redford, l'un des défenseurs historiques du parti démocrate depuis plus de trente ans, se fait plus frontal, en ciblant l'objet de son mécontentement sur la politique du président en matière d'écologie. Et en particulier, écrivait-il en septembre dans le Huffington Post, sur le projet de contrôle renforcé des émissions de CO2, sous la pression des lobbies. L'administration Obama évoquait des mesures favorables pour l'emploi ? Hypocrisie, s'emporte Redford : « Ce n'est pas une histoire de création d'emploi, mais de plus de profits. »

La communauté juive est par ailleurs fort présente à Hollywood. Une communauté qui n'a pas toujours vu d'un bon œil les pressions exercées en 2009 par Obama sur Israël, afin de renoncer aux nouvelles implantations de colonies en Cisjordanie.

Au Soir, en septembre dernier, le réalisateur Todd Haynes (Mildred Pierce) confessait quant à lui sa déception vis-à-vis d'un homme qui aurait raté son rendez-vous, en ces temps de crise, avec l'Histoire, à la différence de Roosevelt. « Peut-être n'est-il pas assez fort face aux événements d'aujourd'hui. En ce sens, je suis un déçu d'Obama. »

Hollywood est souvent le miroir de la scène artistique, fut-elle musicale. Un des artistes qui a le mieux représenté la ferveur pro-Obama de 2008, c'est will.i.am., rappeur noir, et l'un des membres fondateurs des Black Eyed Peas. C'est lui, en 2008, qui composa la chanson Yes We Can, qui fit instantanément le tour du monde. C'est lui qui, aujourd'hui dans le New York Times, exprime la gueule de bois des artistes. Se sent-il déçu ?, lui demande-t-on. « Je me sens plutôt Argggh ! Parle plus fort ! Fais quelque chose ! »

Obama est-il abandonné par Hollywood ? On n'en est pas là. Et l'homme peut toujours compter sur son premier fan, George Clooney, à qui l'on demandait récemment s'il était lui aussi un déçu du président, et qui eut cette réponse sans équivoque : « Je suis surtout déçu par les gens qui sont déçus par Obama. »

Hollywood a toujours voté démocrate, et il devrait toujours en être ainsi en novembre 2012. Il n'empêche : le philtre amoureux ne fait plus d'effet. Qu'il fasse ou non un second mandat, Obama finira comme Nixon ou G.W. Bush : au cinéma, dans un biopic ! Chiche ?

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[6] Matthieu dit le 03/01/2012, 18:49

Pauvres acteurs déboussolés. Si les lobbies (armes, religieux, entreprises polluantes, ...) peuvent apparaître dans un film ou un documentaire, il n'y aura jamais assez d'impact ou de prises de conscience des gens pour se réveiller et soutenir leur président dans une action efficace contre les lobbies. Le président voudrait limiter l'achat libre des armes? Hop c'est contre l'un des amendements de la constitution. Les américains sont encore à l'âge des cow-boys ou un peau rouge peut encore débarquer dans LEUR propriété pour voler un boeuf, un gigot, ou autre. Tant que les américains n'auront pas pris conscience que les armes appellent la violence et inversement, les lobbies seront surpuissants. Aucun acteur ne pourra rien y changer. Des cow boys avec l'arme nucléaire certains d'être les plus fort du monde. Si demain la Chine réclame le paiement de ses créances, aïe, aïe. Dans le trou les plus fort du monde.

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[5] nadouna dit le 03/01/2012, 18:14

C'est une chose de aire le beau devant une caméra, c'en est une autre de diriger un état. Obama essaye de faire bouger les lignes mais président ne veut pas dire monarque absolu. Il n'est pas un messie. C'est naïf de croire qu'un homme peut tout changer selon sa volonté fusse-t-il président des Etats-Unis.

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[4] islamo-gauchiste militant dit le 03/01/2012, 15:23

le Soir aussi ?

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[3] LotusLover dit le 03/01/2012, 14:23

Réalités Je suis comme CLOONEY: déçu par les déçus d'OBAMA. C'est le premier président qui ose s'attaquer au puissant lobby des assurances médicales / industrie médicamenteuse. Alors, oui il a dû réduire ses prétentions mais s'il ne repasse pas, ce sera simple: sa loi sera purement et simplement abandonnée et des millions d'Américains de la classe moyenne seront privés de soins de santé pendant que l'industrie militaire obtiendra des rallonges de budget. OBAMA n'est pas parfait, mais on savait que c'était un politicien pas le Père Noel. Il a quand même fait de belles avancées. J'espère qu'il pourra terminer ... car même pour nous Européens, il ne serait pas sain que les USA s'enfoncent dans l'extrémisme religieux et/ou libéraliste.

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[2] 750106 dit le 03/01/2012, 12:17

Et oui Obama le grand sauveur noir de l'amérique ça me faisait doucement rigoler lors de son élection et la je continue Un homme ,une femme ,un jaune ,un vert , quand est ce que les gens aurons compris que c'esty le lobbying qui nous gouverne selon la couleur politique c'est juste une question de lobby différent et c'est tout ;J'ai même vu l'autre jour des urluberlu d'une secte en photo avec lui ,just give money!

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