Après les Magritte, voici les Machins

FABIENNE BRADFER

lundi 30 janvier 2012, 23:46

Rendez-vous à la première cérémonie des Machins : les petits prix du cinéma belge.

Samedi 4 février, la grande famille du cinéma belge foulera le désormais célèbre tapis bleu du Gold Hall du square au Mont des Arts à Bruxelles pour la fameuse deuxième édition des Magritte. On en rêve déjà. Imaginez Helena Noguerra, présentatrice de la soirée, moulée dans une robe en soie couleur marsupilami, lâchant, avec la dynamique d’un Gad Elmaleh, ses bons mots écrits en coulisses par une des plumes vives du Royaume. Patrick Quinet et Luc Jabon, les piliers de l’Académie André Delvaux, impeccables dans leur smoking, brandissant la pancarte d’usage : « Soyons fiers de notre cinéma ». Bertrand Tavernier, le président d’honneur, toujours prêt à monter au front pour les bonnes causes, débarquant avec une tête de bœuf. Jean-Claude Van Damme de retour pour la deuxième édition car il n’a pas bien compris la première. Christelle Cornil offrant la suite tant attendue de son roman-fleuve, dont le chapitre prévu en lecture publique -192 pages- s’intitule « A la recherche du cul du loup ».

Bouli Lanners accompagné de ses petits « géants » face aux frères Dardenne avec leur « gamin » à vélo sur une musique de Ennio Morricone. Une Fée maladroite et pieds nus passera sans aucun doute par là… Et Cécile de France, tout sourire, reniant ses propos dénigrants de 2011, se fendra d’une lettre d’amour aux Magritte, ces César, que dis-je, ces Oscar du cinéma belge. Dehors, une foule compacte et hystérique, prête à arracher la chemise à fleurs d’Olivier Gourmet et celle qui colle au corps d’athlète de Matthias Schoenhaerts.

Tout cela, bien sûr, sous le haut patronage de nos instances ministérielles et relayé en clair sur

BeTv avec la pêche d’un show à l’américaine. Surtout quand Eric Toledano et Olivier Nakache, ces intouchables, arriveront en hurlant « pas de bras, pas de chocolat » pour arracher le Magritte du meilleur film étranger alors qu’ils n’étaient pas nominés. On en rêve, vous dis-je.

Mais qu’en est-il des oubliés, les petits, les sans grade, les ostracisés, les travailleurs de l’ombre ? L’an dernier, nada ! 2012 va réparer ce scandale. Grâce aux Machins, les petits prix du cinéma belge.

Mais qui se cachent derrière ces Machins ? Des fans d’Alfred Machin, ce Français originaire du Pas-de-Calais que Charles Pathé délégua en Belgique en 1912 avec, pour mission, d’exploiter le premier studio de films ? Y aura-t-il une ironie à la Gérard et autres Razzie Awards lors de la cérémonie? Sont-ils les « anonymous » de notre 7e art ? Il semble qu’ils oeuvreront à visage découvert et en toute subjectivité. Sont-ils des cinéphiles approximatifs ? Des individus à l’humour relatif ? Des olibrius un poil subversifs ? Un peu des trois, apprend-t-on sur facebook.

Leur rendez-vous est fixé au vendredi 3 février, dès 21 heures, au Cercle des Voyageurs (18 rue des Carmes), à un saut de puce de la Grand Place de Bruxelles, pour une cérémonie totalement arbitraire en jeans et baskets.

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[1] SNOOZ dit le 31/01/2012, 03:23

Ce qui est fou, c'est que Magritte n'aimait pas le cinéma :)

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