Meryl, Angelina et Stéphane Hessel à la Berlinale

NICOLAS CROUSSE

jeudi 09 février 2012, 11:06

Au sommet de l’Olympe des grands festivals de cinéma, on retrouve depuis quelques décennies le même tiercé : Cannes, Venise, Berlin. Par Nicolas Crousse

Meryl, Angelina et Stéphane Hessel à la Berlinale

Meryl Streep, © AFP

Cannes joue à fond le cocktail paillettes mâtiné d’art et d’essai. Venise cultive sa passion des auteurs, en mélangeant rigueur et plaisir. Et Berlin se veut le reflet politique et social de l’état du monde.

La soixante-deuxième édition de la Berlinale, qui s’ouvre ce jeudi soir avec Les Adieux à la reine (Benoît Jacquot) et qui s’est choisi un formidable jury (Mike Leigh, président, Charlotte Gainsbourg, Asghar Farhadi…), ne déroge pas à la règle. En compétition, comme ailleurs, le cinéma nous parlera cette année beaucoup des plaies du monde : la prise d’otages de touristes occidentaux aux Philippines (Captive), la séquestration clandestine d’une jeune femme (A moi seule), la guerre en Bosnie (In the land of blood and honey), le massacre de Nankin (Flowers of war), l’explosif sommet du G8 de Gênes, en 2001 (Diaz), le mouvement des indignés de Stéphane Hessel (Indignés), les enfants soldats de l’Afrique subsaharienne (Rebelle), le douloureux deuil de l’après 11 septembre (Extremely loud and incredibly close), le drame de Fukushima (No man’s zone)… L’inventaire est large, pour une édition dont le directeur artistique, Dieter Kosslick, affirme qu’elle sera celle « du changement radical et du réveil politique ».

Les films qui sont appelés à faire l’événement ont ceci de particulier qu’ils cultivent la surprise. La première, c’est que la sélection officielle réserve beaucoup d’inconnues. Il y a peu de grands maîtres, hormis Herzog, les Taviani ou Zhang Yimou. Il y aura par contre beaucoup de films pointus, et souvent politiques.

L’autre surprise de cette Berlinale, qui fera la fête à Meryl Streep, bientôt à l’affiche de La Dame de fer, est un petit peu plus glamour. Au moins une quinzaine de films parmi les plus attendus proposent des rencontres détonantes. Pointons-en quelques-uns.

Angelina Jolie passe derrière la caméra pour filmer dans Au pays du miel et du sang la guerre en Bosnie. Rencontre du troisième type ? Réponse (et interview par Le Soir) ce samedi.

Bob Marley et Kevin Macdonald. Le réalisateur du Dernier Roi d’Ecosse consacre au roi du reggae un grand portrait. Que viendra commenter, dimanche prochain, Rohan Marley, fils de Bob.

Les Taviani s’attaquent à Shakespeare. Dans César doit mourir, les frères italiens filment les répétitions du Jules César du grand Will, sur fond de réflexion contemporaine.

Max Von Sydow, légende vivante du cinéma et double de Bergman sur une dizaine de films, dont pas mal d’authentiques chef-d’œuvres (Le Septième Sceau, La Source, L’heure du loup), s’invite dans Extremely loud and incredibly close (Stephen Daldry) sur les ruines du 11 septembre et croise la route de Tom Hanks et Sandra Bullock. L’oeuvre est nominée pour l’Oscar du meilleur film.

Christian Bale, alias Batman, se retrouve devant la caméra de Zhang Yimou (The flowers of war) en prêtre américain, prêt à tout pour empêcher le massacre d’écolières de Nankin, menacées par l’attaque des troupes japonaises.

Isabelle Huppert dans le cinéma de Brillante Mendoza, aux Philippines, enlevée avec un groupe de touristes occidentaux par des terroristes musulmans. Retour sur un fait qui a marqué le monde au début des années 2000.

Robert Pattinson, idole des vampirophiles, se glisse dans le costume romanesque de Mautpassant, et de son célèbre Bel ami. Il y incarne l’arriviste Georges Duroy.

Enfin, Ron Howard sera de passage à Berlin pour annoncer un film autour de la Formule 1 et du duel, demeuré légendaire, entre Nikki Lauda et James Hunt.

L’Ours d’or, qui succédera à Une Séparation, sera connu le 19 février.

à Berlin

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