Sylvie Testud : « Juliette, une femme fatale qui a un côté juvénile »

FABIENNE BRADFER

mercredi 22 février 2012, 09:38

« La vie d'une autre », le premier film de l'actrice Sylvie Testud, est mi-romantique, mi-fantasque, mais pleinement sincère. Un entretien de Fabienne Bradfer

Sylvie Testud : « Juliette, une femme fatale qui a un côté juvénile »

AFP

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On vous connaît comme actrice mais aussi auteur de romans. Voici votre premier long-métrage comme réalisatrice. Quel est votre moteur ?

Un sujet nécessaire auquel j'ai envie de donner corps. Pour Gamines, je voulais la précision des mots. Là, je trouvais que le support ciné était idéal. Je ne me dis pas : « Tiens, je vais faire un film ». J'avais fait un court-métrage il y a vingt ans, puis plus rien. Quand j'ai reçu le bouquin de Frédérique Deghelt, j'ai senti un truc. Ça me faisait rêver : se dire qu'on revient en arrière, qu'on redevient une page blanche, qu'on retrouve l'émotivité d'ado.

Alors pourquoi ne pas avoir joué vous-même ce personnage ?

Je n'ai pas encore la maturité que peut offrir Juliette Binoche. Juliette, c'est une femme fatale qui a aussi un côté juvénile. Parfois, on pense vraiment qu'elle a encore 17 ans. J'ai ça aussi mais le reste m'aurait demandé une construction forte.

Qu'avez-vous appris en réalisant ?

J'étais dans un état particulier. Metteur en scène est un jeu mais sérieux. On peut gonfler dix personnes pour avoir un bateau… Pendant cinq minutes, ça rend mégalo. C'est comme l'enfant face à ses poupées, il en fait ce qu'il veut. Vais-je y retourner ? Je n'en sais rien. Ce métier est génial car le champ des possibles est immense.

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