La poésie décomplexée

ADRIENNE NIZET

mercredi 09 juin 2010, 10:04

Délire entre amis et professionnalisme. Excès et rigueur. Poésie et festivités. Overwriting, c’est un peu tout ça à la fois. Le livre du même nom, initié par Jérôme Poloczek et Bertrand Pérignon, concrétisé grâce à l’élan d’Antoine Boute, rassemble une quarantaine de contributions de poètes sur le thème de… l’« overwriting ». Que les comparses définissent ainsi : « Une surécriture narrative qui se révèle par le débordement et l’excès appliqués à un ou tous les signes constitutifs d’un texte. » Des textes qui, après avoir été couchés sur papier, s’apprêtent à être performés.

Reprenons : l’été dernier, Antoine Boute a écrit à son réseau d’amis poètes, leur demandant de participer à cette « fête de l’overwriting », de l’excès en écriture donc pour faire simple, et tous, ou presque, ont répondu présent en envoyant leur collaboration. Des textes inspirés de l’invitation d’Antoine, d’autres totalement graphiques, des délires, des introspections, beaucoup d’imagination. Et toujours cette vie furieuse dans les mots ou le silence. « Il y a dans le côté performatif de la poésie, comme la pratique Antoine, explique Bertrand, quelque chose qui se passe qu’on ne retrouve pas dans le papier. En faisant ce recueil, nous voulions que le lecteur retrouve ce sentiment. »

« Dès le début, ce thème était absurde, un peu vide de sens, explique Jérôme. Ça empêche de cadenasser les auteurs. »

« Il ne fallait pas que ça fasse hypersérieux, ça ne nous correspond pas », poursuit Antoine.

Le recueil sort en mars, mais les comparses refusent qu’ils n’aient une existence que de papier. Tous trois veulent voir une fête dans l’acte poétique. « Dans d’autres disciplines, comme la musique, les artistes collaborent plus », commente Jérôme. Dans cette optique, Antoine Boute, performeur, organise chaque mois des soirées autour de la poésie aux Ateliers Claus, à Saint-Gilles. Mais il y voit plus un moteur qu’une discipline. « La poésie, c’est un grand mot comme la morale ou l’éthique, sourit-il, mais ça dépend ce qu’on met dedans. »

Ce qui est sûr, c’est qu’on ne reste pas indifférent à la lecture du recueil. « Pénétration » de Jérôme Poloczek, alliant réflexion sur le fond et la forme, éblouit. « Contribution de l’agent 6922 » de Stéphane Bernard, prête à sourire. « Il avait il avait » de Lise N. interpelle. Leurs éditeurs s’en réjouissent. Et organisent aujourd’hui cette fête à laquelle ils ont conviés leurs auteurs, pour qu’ils performent leurs textes, ainsi que le groupe K-Branding, pour supporter cette séance chorale. Overfesting, ça se dit ? Oui, si c’est poétique et collectif.

Overwriting , collectif. Editions Brügger et la Cinquième couche. www.brugger.be,

Le jeudi 10/6, 20 h. Passa Porta, rue Antoine Dansaert 46, 1000 Bruxelles. Entrée libre. 02/226.04.54 ; www.passaporta.be

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