D’une enfance précaire aux succès de l’écrivain
PIERRE MAURY
mardi 07 février 2012, 10:57
D’une enfance précaire
aux succès de l’écrivain
Charles Dickens est mort à 58 ans, le 9 juin 1870. C’est sa naissance, le 7 février 1812 à Portsmouth, qu’on célèbre aujourd’hui. Son père, John, travaille pour la trésorerie de la Navy, avec l’obligation de déménager plusieurs fois. A Londres en 1815, puis à Chatham, dans le Kent, en 1817, après la fin de la guerre contre la France, enfin de nouveau à Londres en 1822. Malgré un salaire correct, John a la fâcheuse habitude de contracter des dettes. En février 1824, il est arrêté et emprisonné. La vie de Charles, qui semblait se dérouler sans heurts notables, bascule : il arrête l’école et, à douze ans, commence à travailler. Il colle des étiquettes sur des flacons de cirage et de teinture…
Si les accidents du jeune âge peuvent être utilisés par un futur écrivain, Charles Dickens a bien rentabilisé sa situation précaire d’alors. Bien des descriptions, dans ses romans, s’inspirent en droite ligne de ces expériences difficiles. Dont il ne se sort qu’en combinant travail et études, de quoi se donner les bases d’un travail d’écriture qui passe par le journalisme, avant les premiers textes qu’il donne à la presse en 1833.
Trois ans plus tard, c’est le succès des Aventures de M. Pickwick, d’abord publiées en feuilleton et prolongées par Oliver Twist. Charles Dickens utilise le goût des lecteurs pour les livraisons en épisodes, à l’image de bien des romanciers français qui sont ses contemporains, et lance ses livres par les journaux et les magazines. En 1846, il crée lui-même un quotidien. Sa production personnelle est abondante : Nicholas Nickleby (1838-1839), Le magasin d’antiquités (1840-1841), Martin Chuzzlewit (1843-1844), David Copperfield (1849-1850), Les temps difficiles (1854), Le conte de deux cités (1859), Les grandes espérances (1860-1861) pour ne citer que les principaux ouvrages publiés dans cette période de créativité bouillonnante.
Ils lui valent célébrité et fortune. Mais le dernier, Le mystère d’Edwin Drood, restera inachevé.
















