Le prix de la critique littéraire la plus méchante de l’année

LUCIE CAUWE

vendredi 10 février 2012, 19:11

Adam Mars-Jones remporte le prix pour sa chronique du dernier livre de Michael Cunningham « Crépuscule » parue dans The Guardian.

Ils n’étaient plus que deux candidats à concourir la semaine dernière pour le prix de la critique littéraire la plus méchante de l’année. Le gagnant est désormais connu. C’est Adam Mars-Jones, du journal britannique The Guardian, qui remporte le « Hatchet job of the year award » (littéralement : « le coup de hachette de l’année »).

Cette récompense est attribuée, non pas à un écrivain, mais à un critique littéraire qui a commis « la critique de livre la plus énervée, la plus drôle, la plus tranchante des douze derniers mois ».

Adam Mars-Jones a été distingué pour sa critique du dernier livre de Michael Cunningham, By Nightfall, dont la traduction française vient d’arriver en librairie sous le titre Crépuscule (Belfond).

Sam Leith, membre du jury du prix, a déclaré : « La critique par Mars-Jones de Michael Cunningham avait tout ce qu’un lecteur peut espérer d’une critique hostile. Elle était à la fois érudite, attentionnée, totalement impartiale et outrageusement drôle. »

Dans sa critique, Adam Mars-Jones se moque allègrement de Michael Cunningham et démonte ses intentions littéraires pièce par pièce, appelant même Flaubert à la rescousse, avant d’asséner en finale que ce roman est une “carte postale”!

Les anglophiles trouveront la critique en question ici www.guardian.co.uk/books/2011/jan/23/by-nightfall-michael-cunningham-review?intcmp=239

L’idée qui se trouve derrière le « Hatchet job of the year award » est celle-ci : prouver la pertinence des pages littéraires dans les journaux et promouvoir la critique qui s’élève au-delà du politiquement correct pour véritablement juger les livres, alors que la critique littéraire est en voie d’extinction, notamment à cause de la baisse du lectorat des journaux. Le prix se présente comme « une croisade contre la platitude, la complaisance et la paresse intellectuelle. récompense les critiques qui ont le courage d’aller à contre-courant de l’opinion générale, et qui le font avec style. Avant tout, c’est une célébration publique de cette forme de journalisme sous-payée et sous-évaluée qu’est la critique littéraire. »

On notera que le nouveau roman de Michael Cunningham s’est également fait maltraiter par Eric Neuhoff dans les pages livres du Figaro :

www.lefigaro.fr/livres/2012/01/31/03005-20120131ARTFIG00702-michael-cunningham-crepuscule.php

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