Attention ! Priorité : quelle est celle de l'écrivain Antoine Wauters ?

VINCENT QUITTELIER

mercredi 15 février 2012, 21:21

Il est l'un de ceux qui a laissé parler sa plume sur une des photos de Cy Twombly exposées à Bozar. S'il n'a le temps que d'une activité culturelle cette semaine, quelle sera-t-elle ?

Elle sera… littéraire : se rendre vendredi à 20h00, à la Maison de la poésie d'Amay, pour écouter Karel Logist présenter son recueil « Mesures du possible », avant, bien sûr, de le relire. « Un livre splendide qui a le mérite de réconcilier avec la vie en général, mais aussi avec la poésie. Ce n'est pas du tout une poésie qui snobe le monde dans lequel on vit, c'est une poésie qui est en phase avec lui, tout sauf une poésie poussiéreuse », se réjouit Antoine Wauters.

Prix Emile Polak en 2008, Antoine Wauters s'apprête lui-même à sortir un récit, "Césarine de nuit", chez Cheyne Editeur, dont vous découvrirez ci-dessous la 4ème de couverture. Et il vient de participer au recueil « Poetry for Cy Twombly » : six textes inspirés à six auteurs belges par l'œuvre de Cy Twombly exposée jusqu'au 29 avril à Bozar. Antoine Wauters nous lit le sien ci-dessous.

Antoine Wauters : "Poésie pour Cy Twombly" by lesoir

La 4ème de couverture de « Césarine de nuit »

« Un texte dur avec des mots doux » dit de Césarine de nuit Antoine Wauters. On ne saurait mieux exprimer le trouble qui saisit le lecteur à mesure qu'il avance dans ce conte cruel. Césarine et Fabien sont deux jumeaux, issus d'une famille paysanne, que leurs parents abandonnent. Ce n'est pas tant leur périple d'enfants perdus, fuyards tôt « repris en main », traînés d'institution en asile qui nous retient : c'est la violence de la traque et des traitements qu'on leur inflige pour les faire rentrer dans l'ordre. On a tôt fait de comprendre que l'enjeu de ce récit dépasse de loin la simple compassion pour une innocence martyrisée. Ce que l'Autorité mystérieuse et impitoyable qui met Césarine et Fabien en prison cherche à corriger en eux, c'est leur indocilité, leur faim de vie libre, leur nature non conforme. Et le conte se mue en réquisitoire implacable contre un monde, le nôtre, qui s'acharne par des moyens très légaux sur ce qui ne se soumet pas à ses lois et ses normes. En ces enfants, c'est le désir qu'on assassine. Jean-Pierre Siméon

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