
PIERRE MAURY
vendredi 26 septembre 2008, 12:13
Photo : D.R.
Baillon a souvent eu l'inspiration autobiographique. En envoyant Zonzon à Londres, il utilise vraisemblablement l'expérience de Marie Vandenberghe, prostituée flamande qu'il avait épousée en 1902, et qui avait fait ce voyage dans l'exercice de sa profession. Il plonge avec ardeur dans un monde parallèle où toutes les femmes sont prêtes à se vendre et tous les hommes à monter des cambriolages. Le sentiment n'est pas tout à fait absent mais repose souvent sur des rapports de pouvoir. « Mon homme », dans la bouche des filles, signifie « mon protecteur, mon souteneur ».
Les haines sont féroces, surtout entre les prostituées. Zonzon et Betsy, en particulier, se détestent. On comprendra plus tard quels événements les ont montées l'une contre l'autre, au point de provoquer, dès la fin du premier chapitre, la mort de Zonzon : « Il est peut-être idiot de commencer la vie d'une femme par sa mort, mais enfin si l'on vit, c'est pour qu'on meure. »
Tout le roman n'est ensuite qu'un long flash-back, une suite d'anecdotes que Baillon enfile sans trop se soucier de les inscrire dans une construction d'ensemble. Mais en rendant vraisemblable cette déchéance urbaine.
Lecture le 4/10 à 19 heures (Botanique).
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