À Bordeaux, Didier prend la Porte en beauté
Rédaction en ligne
vendredi 25 juin 2010, 18:38
C’est sous les applaudissements nourris de plus de 200 spectateurs que l’humoriste Didier Porte, licencié par le patron de France Inter Philippe Val, a fait ce vendredi à Bordeaux sa dernière chronique pour l’émission « Le fou du roi » animée par Stéphane Bern. Il sera sur « arretsurimages.net » dès jeudi prochain.
©DR
Une heure avant l’ouverture des portes du grand théâtre de Bordeaux, où se déroulait l’enregistrement de l’émission dans le cadre de la « fête du vin », les aficionados du chroniqueur se sont retrouvés pour évoquer leur courroux.
Au fil des conversations, un petit groupe de mécontentes se forme.
Spontanément naît l’idée de demander à lire un mot à l’antenne dans lequel elles regrettent « cette éviction » et affirment craindre que « France Inter perde son éclectisme et sa liberté de ton ». Leur texte se termine par un appel au boycott de l’antenne « en fonction de l’évolution de la situation ». Très gentiment reçues quelques minutes par Stéphane Bern, la porte-parole improvisée de ces auditrices en colère, Patricia Savouret, se voit refuser cette intervention en direct.
« Malheureusement, ce n’est pas possible, car la règle est que Paris coupe le son, pour éviter ce genre de débordement », lui explique l’animateur, tout en lui assurant qu’il rendrait lui-même hommage à son chroniqueur.
France Inter ce sera toujours la station des gauchistes qui critiquent, etc. Le seul moyen de les neutraliser c’est de casser la boutique avant les présidentielles, de foutre en l’air l’audience », explique avec calme l’humoriste. Quelques minutes avant l’entrée en scène du chroniqueur, le maire UMP de Bordeaux Alain Juppé, invité de l’émission, faisant allusion au licenciement de l’humoriste dit qu’ » il faut faire un peu attention quand même ». « Les hommes politiques sont des hommes, parfois ça blesse, ça fait mal », déclare-t-il tout en faisant sienne cette parole de Voltaire : « Même si je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, je me battrai pour que vous puissiez le dire ».
Très vite vient l’intervention du chroniqueur, accueilli sous les acclamations nourries d’un public debout. Il termine son billet en affirmant, avec sérieux, « qu’aucun directeur ou patron de cette station, aussi médiocre ou mal attentionné soit-il, n’a jamais réussi à briser France Inter qui a toujours été plus forte que ces dirigeants grâce à vous ». « Ne leur en voulez pas trop, moi, je sais que ce qui m’arrive n’est pas de leur faute, le vrai commanditaire de notre licenciement (…) je le connais, je ne l’ai pas vu, mais je l’ai tout de suite reconnu à son style inimitable et vous savez ce qu’il disait à Guillon et à moi : « Cassez vous, pauvres cons » », conclut-il.
(D’après AFP)