
CHARLINE VANHOENACKER
mardi 22 avril 2008, 12:21
Le réalisateur des images sous-marines doit s’approcher des baleines pour filmer un parasite. © DR.
PARIS
Le téléspectateur qui prend ce documentaire en cours pense à un gag : c’est qui ce type qui chasse la baleine avec une épuisette ? C’est pourtant là que ce film animalier touche à l’exception : Laurent, biologiste, est en train de révolutionner l’étude et la sauvegarde des spécimens à bosse, en tentant de prélever un parasite sur leur dos.
C’est en réalisant la prouesse de récolter le minuscule sur le géant que ce scientifique doit prouver au monde que des populations entières de baleines sont menacées d’extinction. Le cyamidé, hideux crustacé d’un demi-centimètre, squatte le dos des baleines. Chaque population balade son propre type de parasite, qu’on ne retrouvera sur le dos d’une autre population que si les deux sont entrées en contact. Et si Laurent prouve que les parasites prélevés sont génétiquement différents dans les différents groupes de baleines, cela signifie qu’ils ne se sont jamais croisés depuis des milliers d’années.
Le scientifique va s’adjoindre les services d’un spécialiste des prises de vue sous l’eau, qui va filmer les approches : la prouesse de la science entraîne dans son sillage une prouesse audiovisuelle. La tâche n’est déjà pas facile, car selon la phrase de Pascal Anciaux, producteur d’Ushuaïa nature, « Ce n’est pas la peine d’envoyer une invitation aux animaux ». Ce docu ne manque donc pas de rebondissements.
L’aventure scientifique se déroule sur fond de Polynésie française et de Nouvelle-Calédonie, où les baleines viennent se reproduire, après s’être nourries en Antarctique avant une traversée de 4.000 kilomètres.
Et comme dans toute intrigue, il y a du suspense, qui frôle parfois le thriller : les dangers sont nombreux.
Approcher des animaux de 30 à 40 tonnes – soit l’équivalent de 10 éléphants, précise le documentaire – et de 13 mètres de long requiert de ne pas les aborder par l’arrière.
D’un coup de nageoire caudale, la baleine peut briser un bateau en deux. Elle est donc capable d’assommer un nageur sans le toucher : cette caudale exerce dans l’eau une pression d’une tonne par centimètre carré.
Laurent doit habituer l’animal à sa présence par un long travail d’approche. Il sait qu’un caméraman a déjà eu la hanche brisée par un baleineau. Mais s’il parvient à se faire accepter, ce sera l’état de grâce, capable de toucher le téléspectateur, grâce à la caméra de Jean-Michel Corillon.
Sur le dos des baleines, la Une, 23h05. Et dans Thalassa , France 3, vendredi, 20h50.
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