Tous les instruments à portée de clic
NOIRFALISSE,QUENTIN
jeudi 01 avril 2010, 10:02
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Onze musées européens, dont le MIM et le musée de Tervueren, créent ensemble MIMO, une base de données virtuelle et multilingue sur les instruments de musique. Objectif : simplifier la recherche et ouvrir l'univers des instruments aux profanes. La version publique du site devrait être lancée en septembre 2010.
: AFP
Envie d'un renseignement sur un violon Amati de la Cité de la musique de Paris, un tambour à fente congolais du Musée de Tervuren ou un luth suédois du Musée de la musique de Stockholm ? Jusqu'ici, les mélomanes de tous poils, des plus pointus aux plus amateurs, devaient se rendre sur place ou arpenter les bases de données unilingues et parfois incomplètes de chacun des musées. Le projet européen MIMO (Musical Instruments Museum Online), lancé en septembre 2009, devrait leur simplifier la vie. Il s'agit de développer, via internet, un point d'accès unique à toutes les informations et ressources numériques (photos, vidéos, fichiers sonores) relatives aux instruments abrités par les musées européens.
MIMO cest
45.000 images d'instruments d'Europe et du monde entier
1.800 fichiers sonores
300 fichiers vidéos
16.000 photos d'instruments provenant du Musée de Tervuren et du MIM ; la Belgique est le principal contributeur au projet
11 musées d'instruments européens participant au projet
6 langues : anglais, français, allemand, italien, suédois, néerlandais
3.197.870 euros : le coût du projet
1.598.421 euros : la contribution de la Commission européenne (50%)
L'initiative est née en Ecosse, à l'Université d'Edimbourg, courant 2008. « A l'origine, nous voulions lancer un projet de numérisation de livres rares et anciens, mais on nous a vite fait comprendre que nous n'obtiendrions pas de soutien financier » déclare Norman Rodger, responsable du projet. « Un ami universitaire m'a conseillé, autour d'une tasse de thé, d'essayer avec les instruments de musique. Il a eu raison. Collecter et centraliser plus de 45.000 images d'instruments européens et extra-européens, et leurs métadonnées, en six langues (ndlr : anglais, français, allemand, italien, néerlandais et suédois) et ce pour la première fois, c'est tout simplement passionnant. » Aujourd'hui, Mimo est piloté par un consortium de onze musées d'instruments européens, comprenant le Musée des instruments de musique (MIM) de Bruxelles et le Musée royal de l'Afrique centrale de Tervuren. « La Belgique joue un rôle important dans Mimo. Avec environ 8.000 photos pour chacun de nos deux musées, nous représenterons environ un tiers des instruments présents dans la base de données », explique Saskia Willaert, responsable de collection au MIM.
Chacun des musées, en plus du travail de digitalisation de ses collections, apportera une contribution propre au projet. Ainsi, le Musée de Tervuren sera en charge de la phase de test de Mimo auprès des différents publics cibles (enseignants, musicologues, chercheurs, restaurateurs d'instruments, collectionneurs, etc.) et le MIM s'occupera de l'important travail de nomenclature visant à classer et nommer les instruments.
Selon Saskia Willaert, « Mimo peut être considéré comme un agrégateur de recherches, comme Google, mais avec la grosse différence que nous utiliserons un vocabulaire contrôlé et défini à l'avance. L'un de nos objectifs est aussi d'aller au-delà des appellations scientifiques ou méconnues pour toucher le grand public. Ainsi, lorsque vous taperez cornemuse, vous pourrez également découvrir la zukra, qui en est une variante nord-africaine. »
La création de ce gigantesque musée virtuel, dont la version publique devrait être lancée au mois de septembre 2010, est un satellite d'un chantier plus vaste, Europeana, autre projet de vendange culturelle qui a accumulé, depuis 2008, plus de deux millions de films, manuscrits, photographies ou objets représentatifs du patrimoine européen. « Attention, souligne néanmoins Norman Rodger, ce que nous désirons surtout, c'est que les utilisateurs ne se contentent pas de Mimo et poussent leurs recherches plus loin, en continuant de se rendre dans les musées et de se pencher de plus près sur les collections. »
