Alizée surprend avec un disque électro-variétés
COLJON,THIERRY
vendredi 02 avril 2010, 09:47
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La chanteuse corse publie son quatrième album. Elle l'a réalisé avec les stars électros du label Institubes. Alizée, 25 ans, est sa propre productrice.
Alizée est têtue et, à 25 ans, sait ce quelle veut Elle a son propre label © DR
On l'a découverte « Moi, Lolita » à 14 ans et demi, sur une production pygmalion de Mylène Farmer et Laurent Boutonnat.
Deux albums et quatre millions de disques plus tard, elle s'émancipe de ses mentors, quitte Universal pour Sony, épouse à 19 ans un transfuge de la Star Academy et donne naissance à 20 ans à sa fille Annily.
Ça fait beaucoup pour celle qui ne fait pas son âge mais révèle un caractère de Corse bien trempé : « On peut le dire, nous a confirmé hier Alizée. Je suis têtue et je sais ce que je veux. Ça n'a pas posé de problèmes à mes parents. Ma mère m'a eue à 22 ans et sa mère l'a eue à 17. Et puis je gagnais déjà ma vie depuis cinq ans aussi. »
C'est vrai qu'elle a dû vite grandir celle qui, à 14 ans, interprétait Axelle Red à l'émission Graine de star. À la sortie de son troisième album, en 2007, le public français ne la suit plus (elle doit annuler les dates au Grand Rex parisien) mais au Mexique et à Moscou, elle devient un véritable phénomène. Allez savoir pourquoi. « Je ne sais pas, non. Mais c'est une chance, j'y retourne d'ailleurs bientôt pour la promo. »
Pour un disque, intitulé Une enfant du siècle, qui risque d'en étonner plus d'un. Productrice financière de ses albums, Alizée a décidé de faire confiance à Jean-René Etienne, le patron du label électro Institubes, qui a réalisé ce disque avec les stars de son écurie : Château Marmont, Rob, David Rubato, Tahiti Boy, etc. Un disque concept sur mesure l'histoire d'une petite Américaine provinciale montant à New York pour la chanteuse qui tenait à rester elle-même : « Oui, ce disque est surprenant. C'est de la variété pop pour moi. Je suis d'un milieu populaire et je tiens à ce côté. Les gens que j'ai rencontrés pour ce disque, je ne les connaissais pas, ni eux ni ce qu'ils faisaient. On ne peut pas avoir la science infuse. Mais je les avais bien briefés sur ce que je voulais. Je voulais rester moi-même, avec ma voix et mon style. Ce disque reste mainstream, pour moi. Même si une nouvelle presse, plus rock, s'intéresse pour la première fois à moi. J'avoue que je me suis offert un luxe. »
Un luxe peut-être calculé mais malgré tout avec le risque réel que son ancien public n'accroche pas aux sonorités qui ne sont pas sans rappeler Sébastien Tellier : « Je suis consciente que je cours un risque mais je ne conçois pas mon métier d'artiste autrement. J'ai peut-être peur de me lasser en faisant chaque fois le même disque. Mais Madonna n'a pas fait autre chose en faisant appel à Mirwais. Ce que je fais peut peut-être rappeler Vanessa Paradis ou France Gall, qui ont également commencé très jeunes. Je les admire et elles m'inspirent, oui. »
Alizée a appelé son disque Une enfant du siècle. Même si, à 25 ans, mariée et mère de famille, elle ne l'est plus vraiment, une enfant. Mais c'est vrai qu'elle ne fait pas son âge : « Je prends ça pour un compliment, une femme aime toujours paraître plus jeune. J'ai appelé ainsi ce disque car j'ai un quart de siècle. J'ai sorti mon premier album en 2000. Je suis une jeune chanteuse de ce siècle. Je me souviens des 45-tours vinyles tout de même. J'en ai acheté étant petite. Je suis plus internet que télévision mais je ne suis pas comme ma fille de 5 ans pour qui un disque ne peut être qu'un DVD. La musique, elle ne l'écoute que sur mon iPod ou mon ordi. Je suis entre deux générations, disons. »
Alizée compte bien partir en tournée à la fin de l'année avec les producteurs de son disque (elle doit seulement attendre qu'ils se libèrent, comme Rob qui est claviériste de Phoenix). Elle va ainsi tenter d'imposer son univers original, un disque ovni (on n'aime pas le mot bâtard) agréable à l'écoute, qui a pour lui d'innover.
Alizée, Une enfant du siècle (Sony).
