On ne voit pas souvent de grands chefs chez nous. Raison de plus pour ne pas louper ce concert-ci.
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SERGE MARTIN
mardi 03 novembre 2009, 09:52
Riccardo Muti. Photo : Belga/AFP
Liège, Forum, samedi 7. Réservation 04-221.47.22 ou www.orw.be
1941. Naissance à Naples.
1949. Etudes de piano à Naples, de composition et de direction d'orchestre à Milan,
1967. Lauréat du Concours Cantelli. 1968-1980. Directeur musical du Mai Florentin.
1971. Première invitation à Salzbourg dont il deviendra un fidèle pilier. 1972-1982. Directeur musical du Philharmonia à Londres.
1980-1992. Directeur musical de l'orchestre de Philadelphie.
1986-2005. Directeur musical de la Scala de Milan.
2004. Réouverture du théâtre après travaux avec L'Europa Reconusciata de Salieri. Fondation de l'Orchestra Giovanile Luigi Cherubini.
2010-2011. Directeur musical de l'orchestre symphonique de Chicago et de l'opéra de Rome.
C'est un des événements de l'automne musical : Riccardo Muti dirige pour la première fois un opéra en Belgique : Don Pasquale, de Donizetti. En concert, certes, mais à la tête d'une sélection 100 % italienne de jeunes chanteurs et instrumentistes triés sur le volet. Plus de 600 instrumentistes de la péninsule ont en effet passé des auditions pour rejoindre les rangs de cet Orchestra Giovanile Luigi Boccherini.
A côté de cet orchestre de forts en thèmes, on retrouvera à Liège le chur partenaire du Teatro Municipale de Piacenza et un quarteron de jeunes chanteurs : le baryton Nicola Alaimo déjà présent dans une première série de Don Pasquale, le ténor hispano-argentin Juan Francisco Gatell Abre, Laura Giordano qui a chanté Nanetta dans Falstaff à la Monnaie, Mario Cassi, lauréat du Concours Operalia 2003 de Placido Domingo et la basse Luna Dall'Amico qui vient de chanter Iphigénie en Aulide de Gluck à Rome sous la direction du maestro.
Mais qui est vraiment Riccardo Muti ? Pour Vadim Repin, qui a enregistré le concerto pour violon de Beethoven à Vienne avec lui, il représente l'essence même de la musique. « Nous nous sommes présenté sur l'estrade du Philharmonique de Vienne et nous avons commencé à jouer ensemble. Toute parole était devenue inutile parce que nous parlions la même langue de la musique. »
Lorsqu'en 1986, après avoir parcouru le monde entier, Riccardo Muti s'installe à la direction de la Scala de Milan, le monde entier sait que quelque chose d'important se prépare.
Nul n'ignore l'intérêt immense que le chef italien porte au patrimoine musical national. Rien d'anormal en cela de la part de celui qui a dit un jour : « Je rêve d'enregistrer les uns après les autres tous les opéras de Verdi et, ensuite de recommencer à nouveau tant grandes et variées sont leurs richesses. » Un Verdi dont il respecte scrupuleusement les éditions critiques, bannissant systématiquement les notes non écrites par le compositeur et ajoutées par la suite par ses interprètes soucieux de briller.
Ces notes aussi gratuites que prestigieuses, Muti les refusera à ses chanteurs, entraînant parfois de fameux chahuts, et ce jusqu'à la Scala. Son culte du répertoire italien l'amènera aussi à proposer nombre de découvertes, du cycle de mélodies symphoniques la Canzone dei ricordi de Martucci, des grandes fresques religieuses de Cherubini aux partitions napolitaines de Pergolèse ou Jommelli. Avec son Orchestra Giovanile Luigi Cherubini il assure d'ailleurs chaque année au Festival de Pentecôte de Salzbourg un opéra du XVIIIe napolitain : Cimarosa, Paiesello et, cette année Jomelli, également présenté à l'Opéra de Paris.
Esthétiquement, Muti a la réputation d'être très exigeant avec ses chanteurs et peu conciliant avec les metteurs en scène trop aventureux. C'est que, pour lui, un seul principe prédomine : « Primo la musica ». On lui a reproché d'imposer des mises en scène trop statiques dans leur souci de positionner chanteurs et choristes dans des positions idéales face au chef, comme si cela n'était pas la base même du métier. Intransigeant sur le plan des principes, le chef italien a dû faire face à un vent de mécontentement dans sa propre maison qui l'a conduit à quitter en 2005 la Scala. Il n'en a pas moins aussitôt rebondi, confiant ses interprétations d'une rigueur orchestrale exemplaire à Paris, Vienne ou Salzbourg sans oublier Ravenne où il anime un festival cher à son cur. Aujourd'hui, une nouvelle ère s'ouvre pour le chef italien qui reprendra la saison prochaine la direction de l'Opéra de Rome et de l'orchestre symphonique de Chicago.
Généreuse mais rigoureuse, puissamment colorée mais toujours stylée, la direction de Muti est un mélange de verve, de chant et de netteté : des qualités que l'on a souvent accolées aux grands chefs italiens du passé. A commencer par Toscanini.
On ne voit pas souvent de grands chefs chez nous. Raison de plus pour ne pas louper ce concert-ci.
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Musiques
Samedi 7 Novembre 2009
Le Forum, Liège