Auryn sort de l'hiver
COLJON,THIERRY
lundi 12 avril 2010, 10:52
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Samir Barris a de la chance d'avoir Auryn comme partenaire. Car Auryn, c'est une des plus belles voix qui soient. En Belgique, on n'avait plus entendu ça depuis Maurane.
La fille d'Yvan Cayron, également compositeur renommé dans le milieu de la musique contemporaine, est tombée très tôt dans la marmite musicale : « J'avais 7 ans quand j'ai eu un coup de cur pour le violoncelle après avoir entendu Mischa Maisky jouer Le cygne du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns. Mes parents m'ont inscrite à l'académie de Wavre et quatre ans après, je savais jouer le morceau au violoncelle. J'y suis restée dix ans. »
Et puis Séverine (de son vrai prénom) découvre les Beatles (« Vers 8 ans, je chantais Love me do sans savoir ce que ça voulait dire ») et la pop. Au moment de choisir ses études, c'est pourtant vers le théâtre qu'elle se dirige. Quatre ans plus tard, elle décroche sa licence en art dramatique : « Au bout de dix ans, j'étais saturée de l'académie, des cours, des leçons et de la musique. Je voulais plus aller dans l'émotionnel que la technique. Et puis, être comédienne était un rêve de petite fille. »
C'est durant ces années d'apprentissage à faire le clown entre autres qu'Auryn croise Baptiste Lalieu avec qui elle chante en duo le titre « A neverending story » : « Je l'ai connu avant qu'il ne s'appelle Saule. Il chantait dans le groupe My Second Skin et j'adorais sa voix à la Jeff Buckley dont j'ai toujours été amoureuse. On s'est croisés au bar d'un théâtre et je lui ai dit que si j'avais de l'argent, je produirais son premier CD et qu'un jour, on chanterait ensemble. »
Voilà, c'est fait. Auryn vit aujourd'hui de sa formation de comédienne, en travaillant dans le doublage de voix de films ou dessins animés, mais la musique ne l'a pas lâchée.
A 17 ans, elle a commencé à écrire ses propres chansons puis à les poster sur son Myspace. Ce qui l'amène en décembre 2006, en première partie de Troy Von Balthazar, à la Rotonde du Bota : « Il avait découvert ma musique sur Myspace et m'a demandé de faire ce concert avant lui. J'avais 20 ans, j'étais encore à l'IAD et j'ai joué seule derrière mon orgue Rhodes. » Elle croise ensuite à l'IAD Barbara Dauby qui, des années plus tard, travaillera pour Live Nation et est aujourd'hui sa manager. Elle fait ensuite la connaissance d'Arnauld de Battice, un ancien élève mélomane de son père, qui a une société de production de films, AT. Aujourd'hui, AT est le label d'Auryn et Arnaud a produit son disque : « Il avait envie de produire une chanteuse. C'est comme avec Barbara, je suis sa première artiste. Pour tous les trois, c'est notre première fois. Ça crée un équilibre dans notre enthousiasme. »
Ce disque, Winter hopes, est magique. Chanté en anglais et, pour deux chansons, en français, l'album est un bonheur printanier d'une richesse mélodique et harmonique inouïe. « Pour moi, les espoirs de l'hiver, c'est d'en sortir pour arriver au printemps. »
Entourée des meilleurs (de Sacha Toorop à Greg de Ghinzu, en passant par Christian Schreurs et Pierre Jacqmin de Venus, et, côté technique, Erwin Autrique à l'ICP et Jean Lamoot au Ferber parisien), Auryn livre, entre violon (Margaret Hermant), guitare (Karim Baggili), piano et violoncelle (deux instruments où elle excelle), une des plus belles choses qu'on ait entendues cette année.
Aux Ardentes et à Spa en 2008
En fait, nous avions découvert Auryn et son groupe aux Ardentes et au Salon Bleu des Francos de Spa en juillet 2008. Depuis, elle a fait son chemin, notamment en première partie d'AaRON, Keren Ann, Stephan Eicher et Jeanne Cherhal, et a monté ce groupe avec Samir Barris : « Le Beau Geste, avec Samir et Nicholas, c'est mon repos de l'âme. Je ne fais qu'y chanter. On se sent un peu comme des Liégeois de JauneOrange quand on se retrouve ensemble sur scène. A Bruxelles, on a moins l'habitude de ces échanges en soirée entre musiciens. Pour AaRon, j'avais écrit au chanteur, il a écouté mes chansons sur mon Myspace et quatre jours plus tard, il a mis Broken dreams sur sa page en écoute en disant qu'il adorait. Avant de me demander de faire la première partie d'AaRON à Marseille. »
Les fans de Mika (pas celui de Ghinzu ni la Belge !) seront étonnés d'entendre ce qu'Auryn a fait de son « Over my shoulder » qui se trouvait en titre caché du premier album de Mika : « Je ne suis pas très mainstream dans la musique que j'écoute mais Mika me fait du bien, j'aime le personnage, il est too much mais sincère. J'espère pouvoir lui apporter mon disque en mains propres. »
Auryn présentera son album Winter hopes (AT-PiaS) ce 29 avril au Botanique. www.myspace.com/aurynlight
