Pi?r Plastic
Pour pi?r plastic, faut du Semtex ou du C4 ?
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THIERRY COLJON
jeudi 29 juillet 2010, 17:00
BELGA
Nous ne comptions pas revenir sur cette lamentable affaire qui fait les choux gras de la presse internationale. Notre article titré « Ce n’était pas ma voix, mais... » a secoué jusqu’au landerneau médiatique français qui, en période estivale calme, est toujours en quête de polémiques bien saignantes.
Mais comme Plastic Bertrand, s’estimant piégé ou son ironie mal comprise, se répand depuis en dénégations et remet par la même occasion en cause notre professionnalisme, il nous contraint ici à apporter - en toute amitié mais avec la neutralité que notre métier requiert - quelques précisions.
Lundi, suite à une discussion avec Me Alexis Ewbank, avocat de Lou Deprijck, nous révélions le contenu du rapport d’expertise qui tranchait en faveur du compositeur dans le procès qui l’opposait à la firme de disques AMC (l’accusant de contrefaçon avec le remix réalisé en 2006 de « Ça plane pour moi »). Plastic Bertrand, en rien concerné par le procès en question (qui doit encore être statué par madame le juge Magerman), était une fois de plus mis en cause.
Madame Pierrette Broodhaerts, collaboratrice de Roger Jouret (de son vrai nom) au sein de la société MDD, nous a contacté pour répondre aux allégations de Lou Deprijck parues dans la presse et donner sa version des faits. Et, dans la foulée, nous proposer de parler à Plastic. Nous avons accepté, estimant que tout accusé a droit à sa défense.
Mardi midi, Plastic nous appelle pour ce qui n’était pas une discussion privée mais une interview en bonne et due forme.
Fatigué de toujours devoir se justifier, Plastic l’était. Mais c’est justement pour être définitivement débarrassé de cette affaire que nous lui avons conseillé de reconnaître une bonne fois pour toutes que c’était bien Lou Deprijck qui avait déposé sa voix sur l’enregistrement original. Et Plastic de répondre : « Je veux bien t’avouer ce que tu veux, mais à condition que tu dises aussi que j’ai été escroqué par Lou au lendemain de mon passage chez Drucker...». Nulle ironie, ici…
De toute façon, en reniant ses propos, Plastic se fait plus de tort que de bien. Que fait-il des conclusions du rapport d’expertise de M. Dutoit ? Que fait-il des témoignages de l’ingénieur du son Phil Delire qui a mixé les pistes au studio Morgan en 1977 ?
On comprend que Plastic regrette – comme nous – le battage médiatique autour de sa personne. Plastic a bien été reconnu « juridiquement » seul artiste-interprète de la chanson par la cour d’appel de Bruxelles, en juin 2006. Mais ce jugement a été corrigé par le tribunal de première instance de Bruxelles qui, en janvier 2007, a estimé que cela n’enlevait pas à Lou Deprijck le droit de revendiquer la paternité de cette interprétation. L’avocat de Lou précise, dans un communiqué : « Les musiciens de l’époque ont confirmé qu’ils avaient enregistré avec Lou Deprijck seul en studio. Plastic Bertrand ne peut pas prétendre à la qualité d’interprète de ces chansons au sens de la loi belge sur le droit voisin d’interprète. »
En revenant sans cesse sur ses propos (comme ce fut déjà le cas par le passé), Plastic ne se grandit pas. En nous accusant de l’avoir piégé, il nous attriste tout simplement, s’enfermant dans une logique destructrice. Plastic ferait mieux de publier un nouvel album de qualité et ainsi prouver définitivement qu’il a du talent et qu’il sait chanter.