« My Fair Lady », c'est le spectacle de fin d'année
SERGE MARTIN
jeudi 16 décembre 2010, 10:46
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A Bruxelles, pour la fin de l'année, les maisons d'opéra font dans le hit-parade : « La bohème », « Carmen » et « Semiramide ». A Paris, on ose des spectacles musicaux plus légers, avec «My fair Lady » et « Les mamelles de Tirésias »
© MARIE-NOËLLE ROBERT/THÉÂTRE DU CHÂTELET
Pour les fêtes, les maisons d'opéra aiment programmer des spectacles réconciliateurs. Dans le genre, l'opérette et la comédie musicale se taillent généralement la part du lion. Ainsi, sur les seize spectacles programmés en fin d'année sur les théâtres français, cinq concernent des opéras, deux des ballets et neuf des opérettes ou des comédies musicales, avec rien moins que cinq Offenbach et deux Lehár ! Chez nous, l'opéra règne par contre sans partage : Semiramide de Rossini au Vlaamse Opera, une Carmen confiée à Sagi à l'Opéra royal de Wallonie et la relecture décapante de La bohème par Andreas Homoki à la Monnaie.
Mais attention, le genre léger est un art dangereux et on n'y sort pas aisément des références sans jouer à l'éléphant dans le magasin de porcelaine. Et c'est sans doute ce que s'est dit Robert Carsen en s'attaquant à My Fair Lady au Théâtre du Châtelet à Paris. Une maison qui, avec la succulente Véronique mise en scène par Fanny Ardant et le séduisant The sound of music de l'an dernier, est occupée à récupérer sa réputation de temple parisien du spectacle musical léger.
Un professionnalisme inattaquable
Rien à voir bien sûr avec ces superproductions qui se résument à une mise en images de deux ou trois chansons bâclées. Ces spectacles-ci sont réglés au cordeau, avec des interprètes qui parlent, chantent et dansent avec le même entrain communicatif. Grâce aux talents conjoints de Alan Jay Lerner et Frederick Loewe, My Fair Lady fut un des plus grands triomphes de Broadway à New York et du West End à Londres, comptant dans les deux lieux plus de 2.500 représentations, le tout suivi par le fameux film de Cukor avec Rex Harrison et Audrey Hepburn.
En Belgique, on a pu voir la comédie musicale au Cirque Royal et, par deux fois, à l'Opéra royal de Wallonie. Toutes ces productions ne se sont jamais départies d'un littéralisme très respectueux. La comédie musicale est, il est vrai, un genre beaucoup moins innovateur que l'opéra.
Force est de reconnaître que Robert Carsen, l'homme des fameux cycles Puccini et Janacek du Vlaamse Opera, n'a pas pris beaucoup de risques. Son spectacle est rigoureusement conventionnel mais servi par un professionnalisme inattaquable : fluidité des enchaînements de décors, élégance amusée des toilettes, rythme endiablé des ballets et scènes d'ensemble. Même professionnalisme de toute la distribution emmenée par le Pr Higgins de Alex Jennings et la sémillante Eliza Doolittle de Sarah Gabriel. En un mot comme en mille, l'incontournable exemple du spectacle de fin d'année bien réussi.
My Fair Lady , Théâtre du Châtelet, jusqu'au 20 janvier. 00-331.40.28 .28.40 ; www.chatelet-theatre.com


