Poétesse, punk et rebelle

PHILIPPE MANCHE

vendredi 03 février 2012, 10:40

La chanteuse était ce lundi sur une scène parisienne lors d'un concert exceptionnel. Brigitte Fontaine sera ce samedi 3 mars 2012 au Théâtre 140.

Poétesse, punk et rebelle

Brigitte Fontaine photographiée à Bruxelles lors des Nuits Botanique en mai 2010 ©Pierre-yves thienpont

CRITIQUE

PARIS

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL

Autant y aller franco. On a assisté à un tout grand concert, lundi dernier au Trianon, d'une artiste ô combien décalée mais tellement indispensable pour combattre, avec son verbe, sa chair et son sang, la morosité ambiante.

À 72 ans, la poétesse surréaliste est sans doute la plus punk d'entre nous. Et avec un groupe en béton armé de six musiciens où l'on retrouve notamment Yann Péchin (Bashung…) et le fidèle Areski Belkacem, l'ancienne autoproclamée Reine des kékés a revisité les plus belles pages d'un répertoire de plus de quarante ans. En délaissant, c'est finalement une bonne idée, ses tubes comme « Le Nougat » ou un plus récent « Les zazous ».

Avant-gardiste, les couleurs musicales flirtaient autant par le jazz, l'électro, le rock, la musique arabo-andalouse ou la chanson française. Ce nouveau spectacle s'articule en deux parties. La première, de 45 minutes, a offert deux moments de grâce pure. D'abord avec ce qui est sans doute sa plus belle chanson, « Les Vergers » (1975). Arrive Bertrand Cantat, qui a réenregistré le morceau sur le dernier album L'un n'empêche pas l'autre (Universal) de Brigitte. Comment ne pas être troublé lorsque l'ancien chanteur de Noir Désir, chaudement applaudi, s'empare du micro : « Nous sommes tous ici pour pleurer et sourire/Nous sommes tous ici pour choisir nos prisons ». Autre moment de poésie avec « Dans la cuisine » pour clore cette première partie. Un petit couplet pour la route ? « J'ai perdu mon chapeau et mon caleçon/ J'ai gagné l'amour fou du Roi des lions/J'ai perdu la raison et le chemin/J'ai gagné l'art de délirer sans fin ».

Bertrand Cantat reviendra ensuite à deux reprises dont lors de l'unique rappel « Soufi » où il substitue à Grace Jones. On retiendra aussi l'émouvant « Magicien magicienne », sublime chanson d'amour d'Areski, un des temps forts d'un concert, somme toute, très émouvant.

En concert ce 3 mars au Théâtre 140. Infos et réservations au 02-733.97.08 et sur le site theatre140.be .

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