John Malkovich, comédien infernal

CATHERINE MAKEREEL

mercredi 12 mai 2010, 11:14

John Malkovich entame au Bozar une tournée mondiale avec « The Infernal Comedy : confessions of a serial killer ». Mélange de théâtre et d'opéra sur la vie d'un tueur en série autrichien. Ce mercredi, il inaugure à la Cinématek la rétrospective qui lui est consacrée jusque fin juin.

John Malkovich, comédien infernal

Malkovich livre un rôle glaçant, d’un humour morbide © Stephan Trierenberg/ap

CRITIQUE

Ce n'est pas un hasard si la Cinématek inaugure son cycle Malkovich avec Mary Reilly de Stephen Frears, l'acteur américain y incarnant l'énigmatique Dr Jekyll et Mr Hyde. Car Malkovich est l'ambivalence incarnée. Au cinéma comme dans la vie. Difficile de cerner cet homme qui salue les journalistes d'un air revêche tranchant avec sa voix douce et traînante. Qui balaie d'un regard torve la salle de presse mais répond aux questions avec une politesse affectée, un rien précieuse. Le dandy ne dégage aucune sympathie mais une intensité singulière, à la fois animale et sensible, à l'image des personnages ambigus qu'il collectionne avec plus de 65 films à son compteur, entre cinéma d'auteur et divertissement commercial.

Comme un pont entre son personnage de séducteur impénitent dans Les Liaisons dangereuses et celui d'assassin psychopathe dans Dans la ligne de mire, le comédien se fond aujourd'hui dans la peau de Jack Unterweger, tueur en série autrichien fasciné par les femmes. Condamné en 1976 pour meurtre, Unter-weger devint écrivain et fut libéré en 1990 grâce à une campagne menée par des intellectuels viennois. À peine six mois après sa libération, l'ancien détenu tua une dizaine de prostituées, les étranglant avec les bretelles de leur soutien-gorge. Au même moment, ses livres étaient célébrés et on l'envoyait comme journaliste enquêter sur les conditions de vie des prostitués en Californie. Inutile de dire que peu de ces prostitués survécurent à ses interviews. Arrêté en 1994, il se suicida pour échapper à une peine à perpétuité.

C'est cette histoire que Malkovich porte sur la scène, sa première passion après le cinéma. « Faire un film, c'est pousser un rocher au sommet d'une colline, faire une pièce, c'est s'accrocher à un train qui file », sourit l'acteur versatile qui a commencé sa carrière au fameux Steppenwolf Theatre de Chicago. Depuis, il se ménage des aventures régulières sur les planches, dont Good Canary de Zach Helm qu'il a mis en scène avec succès en France. Cette fois, l'auteur, acteur et metteur en scène de The Infernal Comedy a choisi de mêler le théâtre et l'opéra. Tandis qu'il incarne – sarcastique, arrogant, rageur – l'assassin venu dévoiler ses confessions, deux sopranos donnent voix aux victimes d'Unterweger sur des musiques de Vivaldi, Haydn, Mozart ou Beethoven, interprétées par l'orchestre de la Wiener Akademie.

« J'aurais pu aller dans des asiles psychiatriques pour me préparer au rôle mais je ne suis pas intéressé par l'imitation, ça freine l'imagination des spectateurs, précise Malkovich qui livre un rôle glaçant, d'un humour morbide. On rit parce qu'on est soulagé que ce ne soit pas nous », précise ce comédien décidément déroutant.

The Infernal Comedy , 12 mai, Palais des Beaux-Arts, Bruxelles (complet) puis en tournée. www.theinfernalcomedy.org . Rétrospective Malkovich jusqu'au 29 juin à la Cinématek. www.cinematek.be

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[9] chicon-andivedit le 14/05/2010, 10:49


@Samh?/b>
Tu as raison, on ne peut rien comparer en mati? artistique, ce ne sont pas des ?ations math?tiques mais la densit?la richesse, la qualit?'?ient pas la m?... Encore une fois, Malkovitch ?it tr?bien, mais la question est de savoir si tu es sorti de ce spectacle ?rveill?ou pas... C'est juste que faire payer 50 euros pour ? et en faire un battage, c'est l?r. Un fim commercial de qualit?oyenne  ? euros, certains peuvent supporter, mais l?on... c'est l?r...

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[8] Samh0tdit le 13/05/2010, 21:00



Ah ben nous, ?uxembourg, tout ?it nickel et Malkovich faisait aussi des r?exions sur la "mauvaise organisation" de la soir? ?doit ?e dans le texte :-)Bien entendu, un spectacle en Belgique, niveau organisation (quand c'est une organisation belge), c'est parfois un peu juste, et ces r?exions pouvaient sembler fort ?ropos :-) Maintenant, il est difficile de comparer Malkovich et son orchestre ?rintignant et son accord?, m? d?amant un si beau texte. Mais l'interpr?tion globale ?it brillante, quant au texte, chacun jugera... Ceci dit, nos derni?s pi?s vues ?ient du th?re con temporain, et apr?avoir subi ? tout peut vous para?e formidable :-)

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[7] charloute is awaredit le 13/05/2010, 20:58



Sans parler du cynisme, sinc?ment d?cieux, de John Malkovitch.Enfin, et il s'agit l?'un point de vue on ne peut plus subjectif, je reste un peu dans le doute sur l'appel ?n orchestre et ?eux cantatrices. Peut-?e est-ce un manque de compr?nsion de ma part, certainement une m?nnaissance compl? du monde de l'op?, mais j'?is venue voir John Malkovitch et moins une repr?ntation lyrique. De ce fait, bien que j’aie pu ?e, dans un premier temps, ?rveill?par les talents des cantatrices, l'ennui a rapidement pris le pas sur ce premier sentiment. En conclusion, j’ai v?tablement ? impressionn?par le jeu de Malkovitch mais je me suis sentie honteuse de la vitrine sur Bruxelles qui a pu ?e lui ?e montr?

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[6] charloute is awaredit le 13/05/2010, 20:43



Comme d'autres, je suis partag?sur la repr?ntation d'hier soir. La soir?a commenc?ur l'annonce d'un probl? technique emp?ant le surtitrage bilingue. La premi? partie sera n?landophone, la seconde francophone (un d?il mais, malheureusement, cette seconde heure est principalement consacr?au chant et non ?a narration). Malgr?n anglais articul?d??'accent et relativement lent, j'ai ?ouv?es difficult??uivre la totalit?u discours.Nouveau probl? technique : l'?airage ponctuel du second balcon. Un vrai remake du "jour / nuit / jour / nuit" des Visiteurs... de tr?mauvais go?#33; Pourtant, les BOZAR repr?ntent ?es yeux l’image culturelle de Bruxelles.Au-del?e l'aspect technique, j'ai appr??a mise en sc? permettant une impression d'intimit?vec l'acteur, un partage avec le public gr? ?'esprit de la "conf?nce". Sans parler du cynisme, sinc?ment d?cieux, de John Malkovitch.Enfin, et il s'agit l?'un point de vue on ne peut p

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[5] charloute is awaredit le 13/05/2010, 20:09


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