Quatre pièces « belges » à voir
mardi 06 juillet 2010, 09:06
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Avignon, c'est aussi l'occasion, pour nombre de spectateurs belges de voir des spectacles qui ont marqué la saison de nos théâtres. S'il est parfois difficile de trouver une soirée libre durant l'année, à Avignon, tout invite à découvrir ici ces petits bijoux. En voici quatre à ne pas manquer.
Les langues paternelles. Faut-il tuer le père ?
David Serge, alias le journaliste Daniel Schneidermann, livre un texte tourbillonnant sur la paternité et son lourd héritage. À partir de ce roman, confession sublime d'un père à son père, Antoine Laubin a mis en scène une partition virevoltante à trois voix. Sur un plateau blanc, que les mots des comédiens vont noircir, littéralement, les voix de trois générations de fils s'entremêlent dans un sprint verbal bondissant. Confus au début, vertigineux ensuite ! (C.Ma.)
Cheval. Rodéo musico-théâtral !
Pièce musico-ludique et technico-sportive, cette performance d'Antoine Defoort livre un objet théâtral fabuleusement disjoncté, conçu comme un traité abstrait du ricochet, une performance du rebond. Pas besoin de se masser les fesses, de saisir une cravache ou de se planter une bombe d'équitation sur la tête : pour ce rodéo-là, ce sont les yeux et surtout les oreilles qui vont galoper. Poilant et insolite. (C.Ma.)
Les monologues voilés. Musulmanes dévoilées.
Quel bonheur de sensualité et de vérités bien envoyées que ce condensé de témoignages, rassemblés par la Hollandaise Adelheid Roosen dans le but de nous faire pénétrer dans l'intimité des femmes musulmanes, trop méconnues en Occident. Sans tabou mais sans provocation non plus, trois comédiennes arabo-belges parlent plaisir, orgasme, amour, virginité ou mutilation, accompagnés musicalement par l'envoûtante Hassiba Halabi. (C.Ma.)
Le chagrin des ogres. Une parole d'aujourd'hui.
La révélation de la saison écoulée. Une équipe jeune emmenée par le metteur en scène Fabrice Murgia pour un spectacle magistral sur les angoisses, les colères, les révoltes des adolescents d'aujourd'hui. Dans une langue forte portée par trois comédiens magnifiques, Le chagrin des ogres, utilise théâtre, son, vidéo avec une pertinence et une évidence rare. Un spectacle total qui a déjà commencé (chose rare) à tourner en Flandre. (J.-M.W.)
