Olé Gad Elmaleh !

PHILIPPE MANCHE

vendredi 26 septembre 2008, 09:00

Le public de l'arène bruxelloise est déjà en ébullition alors que l'humoriste et comédien n'a pas encore montré le bout du nez. Il est 20 h 45 mercredi et c'est le premier des deux soirs (complets) de Papa est en haut, le nouveau spectacle de Gad Elmaleh.

Olé Gad Elmaleh !

Photo : Le Soir / Pierre-Yves Thienpont

Pratique

Gad Elmaleh reviendra à Forest-National les 15 et 16 mai 2008.

Infos et réservations au 0900-00.456 et sur le site www.c-live.be

CRITIQUE

Pour peu, on se croirait à un concert de rock. Et lorsque sur fond de musique funk, genre instrumental de James Brown, l'interprète et coscénariste de Chouchou esquive quelques pas de danse dans un halo de lumière bleutée, on n'est pas loin, en effet, du rappel d'un concert rock.

« Ce soir, on est en live pour un spectacle qui n'a pas encore existé », balance Gad. Et d'annoncer, d'entrée de jeu, l'option prise et assumée d'« observations » diverses qui vont nourrir ce one-man-show d'un peu plus de deux heures. Bien sûr, ce ne sont que les premières dates et on a senti, çà et là, quelques approximations ou « freestyle » mais après tout, lors de la première d'un groupe de rock, le guitariste peut se planter lors d'un solo et personne ne va lui en tenir rigueur.

Ces réserves mises à part, le Gad cuvée 2008 s'avère très personnel et autobiographique. Il est toujours difficile de faire la différence entre réalité et fiction mais lorsque le parrain de l'association Agir Réagir (pour les victimes du tremblement de terre au Maroc en février 2004) évoque son fils ou son paternel, on est dans le vrai.

En fait, Papa est en haut s'inscrit dans la lignée de L'autre c'est moi, son précédent spectacle. Adieu la succession de sketchs. L'humoriste chante, joue du piano, de la guitare, mime, danse et étourdit par sa gestuelle empruntée aux Buster Keaton ou Jacques Tati d'antan avec une filiation familiale comme fil rouge.

D'un dîner de Saint-Valentin dans un restaurant chic, au changement d'heure (« On dort moins ou on dort plus ? ») en passant par Sarkozy – seul moment où Gad sort véritablement du bois (« Il est limite Tecktonik »), les SMS, texto ou autres Facebook (« Vous vous imaginez demander dans un bar à un mec : Tu veux bien être mon ami ? »), Elmaleh prouve qu'il est très fin dans l'observation de ses pairs.

Gad joue sur le registre de l'évidence. Et plus d'une fois, nous avons entendu un « C'est vrai », dans l'assistance. Comme cette démonstration de la voix lubrique d'un GPS, de la visite à Eurodisney ou d'une dernière demi-heure exclusivement consacrée à ses rapports avec son fiston où le gamin, qui ne veut pas s'endormir, sort comme dernier atout un : « Papa, j'ai envie de refaire mes devoirs ».

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