
CATHERINE MAKEREEL
mercredi 24 septembre 2008, 09:51
CRITIQUE
En pleine Renaissance, au cur d'une Florence mafieuse, le carnaval bat son plein. Alexandre de Médicis, duc tyrannique et débauché, abuse et corrompt sa cité sans vergogne. A ses côtés, complices de ses orgies, son cousin Lorenzo joue un double jeu. En apparence veule et désinvolte, le jeune homme fomente le meurtre du duc. Duplicité qu'Emmanuel Dekoninck incarne avec l'ambiguïté qui sied au rôle de Lorenzo. Il révèle les contradictions de ce frêle héros avançant masqué vers l'acte fatal. Un geste, au final dérisoire, puisqu'il ne conduira à aucun changement politique. C'est alors, dans un registre désabusé et résigné, qu'Emmanuel Dekoninck est au sommet de son jeu. Face à lui, Jean-Henri Compère teinte son personnage subversif, Alexandre de Médicis, d'une copieuse perversion libidineuse. Dommage que la mise en scène en rajoute avec vulgarité dans le trémoussement des corps.
Aux côtés de ce couple maudit, les rôles secondaires manquent un peu d'épaisseur. Les quelque trente comédiens arpentent la scène à un rythme soutenu mais sans vraiment marquer la rétine. Quant à la scénographie, immense façade grise avec panneaux coulissants, elle a le mérite d'alterner rapidement les scènes, ménageant d'ingénieux nids pour les scènes intimes et de grands espaces pour les soulèvements publics. Pour la beauté architecturale florentine par contre, il faudra repasser. Reste un texte sublime sur la corruption du pouvoir et la naïveté des rébellions. Car tant qu'il y aura des hommes, il y aura des vices.
Jusqu'au 25 octobre au Théâtre de la Place des Martyrs, Bruxelles. Tél. 02-223.32.08.
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