
CATHERINE MAKEREEL
samedi 27 septembre 2008, 14:23
Une belle au bois dormant, une mère en chaleur, un comité « antisomniaque »… passent par le lit « king size ». © AL. TRELLU.
CRITIQUE
Qui a postulé que la nuit n’engendrait que noirceur, fantômes et angoisses ? Aux Nocturnes du Panach’Club, elle est source de folie furieuse et de rires en cascades. Après A la recherche du sens de la vie perdu et L’illusion chronique, l’équipe de treize auteurs et comédiens se voit une fois encore prise en flagrant délire, sous la direction du complice de toujours, Eric De Staercke.
Cette fois, la compagnie nous convie dans les draps froissés d’un grand lit pour se faire marchands de fables farfelues au cœur d’une nuit d’enfer de deux heures avec entracte. D’un lit à baldaquin « king size », seul élément du décor, émergeront une myriade de personnages hauts en couleurs.
Jaillissant de sous le matelas ou de derrière les coussins, onze comédiens alternent une quinzaine de tableaux plus rapidement que ne battent les paupières en plein sommeil paradoxal. « Mieux vaut s’enfoncer dans la nuit qu’un clou dans la fesse droite », annonce une bande qui prouve que les Monty Python font définitivement partie de leur ADN. Toutes plus absurdes et surréalistes, les scènes font défiler des nuits, sinon plus belles, en tout cas, plus décomplexées que nos jours. Qu’il revisite des nuits célèbres comme celle, fatale (et ici impayable), de Roméo et Juliette, ou qu’il entre dans l’intimité d’un couple lambda déchiré entre vœu d’abstinence et libido déchaînée, le Panach’Club creuse les petits travers, doutes et paradoxes de chacun.
On croise de tout sur ce matelas à ressorts comiques : un prince venu délivrer une belle au bois dormant féministe qui ne croit pas au conte de fées, une mère en chaleur qui se sacrifie lors de la nuit de noces de sa fille pour consommer le mariage, un comité « antisomniaque », une Faucheuse qui se retrouve au chômage à la suite d’une mortelle mission de nuit. Si certaines scènes sont moins réussies, l’ensemble nous séduit haut la main grâce à la générosité et l’imagination débordante d’une équipe qui sait aussi ponctuer son spectacle de numéros musicaux, prouvant que nuit ne rime décidément pas avec ennui.
Jusqu’au 11 octobre au Centre Culturel des Riches-Claires, 24 rue des Riches-Claires, Bruxelles. Tél. 02-548.25.80. Du 15 au 25 octobre au Théâtre Jardin Passion, Namur. Tél. 0472-96.53.16.
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