L’enjeu de la Belgique est économique, pas linguistique

Georges Ugeux Ancien directeur du New York Stock Exchange

mardi 07 décembre 2010, 12:54

L’actualité nous a violemment rattrapés. Au moment où le monde et l’Europe doutent de l’Euro, ce n’est plus tellement la dimension linguistique qui prend le premier plan, même si certains politiciens ne l’ont pas encore compris.

A un moment où le risque de contagion des difficultés irlandaise, portugaise et grecque plane sur l’Eurozone, la Belgique ne peut plus compter sur la « couverture » que représentait la bonne réputation de l’euro et des pays membres de l’eurozone. Nous sommes arrivés au stade où la question que se posent les observateurs et les investisseurs face à la Belgique est aussi simple que la réponse est difficile : dans quel « camp » la Belgique tombera-t-elle ?

La situation de nos finances publiques n’est pas brillante avec près de 100 % de dette par rapport au Produit National Brut. Cela nous met dans le camp des pays menacés de contagion. Déjà, nous constatons sur le marché des CDS et des obligations d’Etat que la marge entre la dette de la Belgique et celle de l’Allemagne s’accroît et vient de dépasser 100 points de base. En termes pratiques, les investisseurs veulent 1 % de plus que le taux des obligations allemandes pour détenir, garder ou acheter des obligations publiques belges. C’est le maximum acceptable. Au-delà de cette marge, nous risquons de voir ces marges s’accroître rapidement.

Heureusement, le déficit budgétaire annuel est, lui, parmi les pays solides. Cela signifie que nous ne dépensons pas plus que nos moyens nous le permettent. C’est donc le poids du passé qui continue à peser, et l’amélioration relative observée il y a trois ans semble avoir disparu.

La lecture de cette relative détérioration de la situation de la Belgique est évidemment une combinaison de la situation économique et de l’incertitude politique. Il ne faut cependant pas rêver : la scission du pays ne changera rien à cette évaluation puisque la dette restera celle du Royaume. Nous n’avons pas le droit de changer de débiteur pour les obligations existantes. Ce n’est donc que la nouvelle dette qui pourrait devenir régionale : et pour les rêveurs, elle coûtera plus cher que la dette fédérale en raison de l’étroitesse de son marché et de la tendance naturelle des investisseurs de ne pas regarder de près le crédit des petits pays. Plus les émetteurs sont petits, plus ils paient cher.

Si nous nous inscrivons dans la logique d’un Etat belge fédéral, la question fondamentale est celle du modèle économique sur lequel nous pouvons nous mettre d’accord. Y a-t-il au Nord et au Sud du pays le même engagement sur la discipline budgétaire et les coûts sociaux ? C’est finalement de la réponse que nous serons capables de donner à cette question-là que dépendra l’avenir de la Belgique. Sommes-nous prêts à nous battre pour être un pays économiquement et socialement capable de ne pas vivre au-delà de ses moyens ? La réponse à cette question ne devrait pas tarder à venir. Et elle devra être sans ambiguïté : à défaut d’un message clair la Belgique rejoindra le camp des pays faibles de l’eurozone.

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[2] markjan dit le 08/12/2010, 15:58


Et voil?a preuve que la ligne ?toriale du Soir est du plus pur sucre "Belgique de papa" ce pays imaginaire o?s francophones sont humili?ruin? et bafou?sans interruption depuis Louvain. Maintenant que madame Delvaux ne peut plus nier les faits surtout depuis le coup de gueule du colonel Gennart, elle fait argumenter sur le terrain financier en insinuant cette id?fausse que l'?t belge en pleine instabilit?t sans gouvernement depuis 2007 sera plus cr?ble que des r?ons devenues Etats homog?s capables de d?nir une politique et de s'y tenir plut?u'un r?me de cooptation partitocratique quasi "vaticanesque" . Madame Delvaux comment faites vous pour relayer autant de contre-v?t?avec autant de s?nit?

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[1] Action dit le 07/12/2010, 15:47

"Plus les ?tteurs sont petits, plus ils paient cher."
Voil?ne de ces affirmations qui sonnent bien et qui sont fausses. Pensez-vous que le Luxembourg, la Suisse ou monaco soient moins bien c? que la Gr? ou l'Espagne, sans parler de la multitude de pays africains ou sud-am?cains. Plus un pays est petit et fort, moins la dette co?a .

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