Une Confédération républicaine pour sauver la Belgique ?
mercredi 13 avril 2011, 17:04
Sergio Bianchini
Photographe et militant PS à Ixelles (l’auteur s’exprime à titre personnel).
Le Pays est bloqué, force est de le constater, et ce depuis maintenant presque une année !
Le petit royaume de Belgique est paralysé par la situation « inédite » qu’est le succès des nationalistes flamands (N-VA) aux dernières élections fédérales de juin 2010. Pour l’occasion, les nationalistes flamands étaient passés de 3 % à 29,5 % des voix et 27 élu(e)s, et ce en l’espace de quelques années et par ailleurs, selon les derniers sondages, ils seraient loin de régresser, car la stratégie du « pourrissement » et leur « communication » sembleraient les faire progresser davantage dans les sondages en Flandre, où ils seraient crédités d’au moins 33 % si nous allions voter demain. (…)
Face au blocage persistant de cette « Flandre nationaliste », N-VA, CD&V, LDD, « ad minima » confédéralistes à indépendantistes dans leurs programmes respectifs, « quoi » pour sortir de l’impasse ?
Dans ce contexte, quelle(s) réponse(s) apporter sans perdre des marges de manœuvres financières considérables pour les francophones au regard de la nécessité de préserver la solidarité nationale, et que céder/revendiquer pour sauver ce pays de l’implosion ?
Les transferts financiers « Nord-Sud » sont à l’évidence un besoin majeur pour que les francophones parviennent à redresser l’économie wallonne (ce qui semble en bonne voie grâce au Plan Marshall qu’Elio Di Rupo avait lancé il y a quelques années) et pour que la région bruxelloise soit « enfin » financée à la juste mesure de son apport au PIB national, en fonction aussi de ses besoins en qualité de « Région-capitale » du pays mais également comme capitale européenne avec toutes les charges qui lui incombent ?
Les négociations qui se déroulent depuis juin 2010 sont, du côté francophone, et à juste titre, dans un périmètre très restreint, dans le souci de ne pas porter atteinte au niveau de vie des Belges francophones, et au détriment des revendications des nationalistes qui ont la main en Flandre et qui par conséquent continuent le « blocage » !
Si l’on regarde de plus près les revendications flamandes et si l’on a à l’esprit la « nature de leur raison d’être », c’est un secret de polichinelle que ce parti souhaite voir l’avènement d’une « République flamande » et donc de fait… la « fin de la Belgique » !
Mais au fait, dans l’idée d’indépendance, il y a également la nature du « Régime monarchique constitutionnel » qui pose problème à cette Flandre-là…
Si l’on suit objectivement l’évolution politique en « Flandre », l’on sent bien que cette marche vers l’indépendance est inéluctable à long terme… à moins que… Et si nous pensions à proposer à la Flandre nationaliste un régime d’une nouvelle nature comme moyen de débloquer la situation ?
Dans l’absolu, le plus important pour ce pays au bord de l’implosion est de trouver une solution pour calmer les appétits flamands en termes de plus d’autonomie. Et si nous gardions comme cadre ultime des compromis, le cadre fixé par le PS d’Elio Di Rupo avec les milliards d’euros (15 milliards d’euros) proposés en termes de compétences transférables, auquel nous ajouterions la possibilité pour le pays d’évoluer vers un cadre républicain à travers un nouveau régime ?
En effet, à l’aune de l’actualité et des besoins du pays, nous pourrions réfléchir à la pertinence de progresser vers un régime de type « République confédérale » comme nouveau cadre « Belgique ».
Nous ferions acte de remerciement pour bons et loyaux services rendus par la famille royale et nous évoluerions vers un régime confédéral et républicain. Il consisterait à mettre en place une « présidence protocolaire » qui remplacerait le Roi.
Il serait élu par les assemblées confédérales pour garantir de ne pas toujours avoir une présidence flamande du fait de leur plus grand nombre. Elle serait alternativement francophone et flamand(e) et devrait, pourquoi pas, être également une alternance homme-femme.
Ce rôle serait purement protocolaire et la présidence serait en fait, issue respectivement du parti politique le plus important de sa communauté et choisi par les parlementaires et sénateurs en fonction.
Une législature confédérale pourrait garder la même durée que la mandature fédérale actuelle et par conséquent, nous pourrions imaginer que le chef de l’État ait un mandat qui dure deux ans et donc, sous une législature fédérale de quatre ans en réalité, deux chefs d’Etat issus des deux communautés existeraient au sein d’un mandat confédéral !
Nous garderions les bases des institutions fédérales actuelles sur le plan de leur architecture. Nous évoluerions progressivement en fonction des conclusions des travaux sur la réforme du Sénat, mais dans « l’essence », nous continuerions à voter de la même façon que sous le régime « Monarchie constitutionnelle et fédérale » !
Donc, ce qui change dans ce contexte, c’est, outre que nous ne dépasserions pas le cadre que les francophones ont défini sur le fond en termes de transferts, le fait que nous passerions à un nouveau « Régime ». Non pas que le Roi ne fasse pas bon office, mais ce serait sans aucun doute le « seul » moyen de faire fléchir les nationalistes les plus durs (cela résoudrait également les craintes que la classe politique nourrit à l’égard du futur roi, le prince Philippe).
S’ils acceptaient le changement de régime pour faire évoluer la situation du pays et par conséquent en respectant le cadre défini par les francophones, alors, nous pourrions sonner la fin des hostilités pour un long moment et garder la Belgique avec ses 3 communautés dans un même cadre !
En effet, si nous changions la nature du régime institutionnel, il faudrait également que les francophones exigent en retour, un pacte « gravé dans le marbre » que la Flandre ne pourrait plus « exiger » d’évolution institutionnelle avant au minimum 30 années.
Cela constituerait un frein aux surenchères nationalistes et relancerait le pays sur de nouvelles bases tout en le sauvant !
Cela permettrait également d’enfin rompre avec les reliquats de l’ancien régime. Nous aurions aussi la possibilité de sauver ce pays au bord du gouffre politique… Ou alors, nous continuons à faire du surplace et à terme, mettons le « Plan B » en œuvre et donc… « la fin de la Belgique » !
Vos réactions
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Un titre alléchant mais un contenu un peu pauvre. En fait de "confédération républicaine", il ne parle que du volet "républicain" (pour lequel je ne suis pas contre) mais pas du volet "confédéral". Bref, on touche au symbole et pas à l'essentiel. Dommage.
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c'est accorder trop de credit aux politiciens qui sont responsables de la situation dans laquelle nous nous trouvons.pas de republique. un roi,un pays,4 communautes linguistiques...en iedereen bediend
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Plusieurs remarques : 1) Quitte à choisir une république, je préfère la République française. 2) Ce texte nie les germanophones. 3) Figer les réformes institutionnelles durant 30 ans, c'est figer le pays : inconscience politique avec la vitesse à laquelle évolue le monde.
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Eh bien moi, je salue ce texte. Il y a des pistes à explorer. De plus, il n'oublie pas les symboles, or on sait que la symbolique dans la situation conflictuelle actuelle est très importante. Pour ma part, je préfèrerais par exemple l'abandon des communautés pour la consécrations des régions (quatre donc, et en charge de toutes les compétences). Mais, comme d'habitude, et cela vaut pour le texte ci-dessus, plus facile à dire qu'à faire ! Mais peu importe. Le signe positif que nous adresse ce texte est qu'une partie des citoyens veulent se joindre à la réflexion, de manière constructive, créative, pour sortir de la crise où nous sommes. Il est évidemment toujours plus facile de décréter d'autorité et sans aucun argument, à partir de je ne sais quel trône, que ces contributions sont des insanités.
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Premier prix du Bisounours qui a fumé la moquette.