Copiepresse bafoue les fondements de l'Internet

Rédaction en ligne

jeudi 21 juillet 2011, 13:54

Xavier Damman et Vincent Battaglia réagissent à l'édito de Philippe Laloux « Google bafoue la neutralité du Net ».

Les journaux francophones belges ont récemment été privés de référencement par Google. Ils ont, les uns après les autres, crié au scandale sans jamais remettre en question leur lutte (à travers Copiepresse) pour empêcher Google d'offrir à ses utilisateurs une meilleure façon de découvrir leur contenu. Il y a eu beaucoup de désinformation à ce sujet et nous voulions remettre cet épisode en perspective.

Nous sommes deux « digital natives ». On dit que nous appartenons à la génération Y. Nous consultons régulièrement le site lesoir.be, mais nous n'avons pas acheté une seule fois la version sur support « arbre mort ». Nous ne regardons quasiment jamais la télévision non plus, mais c'est un autre sujet.

Nous avons la ferme conviction qu'Internet est un réseau de libre échange d'information qui a un impact positif sur le monde. Il permet aux gens de communiquer, de s'organiser et même de renverser des dictatures. Il permet à n'importe qui d'assister aux cours de l'université de Stanford gratuitement, ou si vous êtes vraiment motivé, de suivre les négociations parlementaires en Belgique, même depuis San Francisco.

Internet est notre futur. Nous ne pouvons laisser Copiepresse utiliser des lois établies à l'époque du CD-ROM pour saboter ses innovations et ses merveilles sans réagir.

Google est un site Internet comme un autre avec ses qualités, ses défauts et ses limitations techniques. À l'instar de Facebook ou d'autres sites et applications comme Flipboard, ils ont le droit de télécharger n'importe quelle page du site lesoir.be et d'en garder une copie (une version en cache, ce dont Copiepresse se plaignait). Grâce à cela, un service comme « The Wayback Machine » peut vous montrer à quoi ressemblait le site lesoir.be en 1996.

Grâce à cette même technique, Google peut vous offrir l'accès à un site même lorsque les serveurs sont indisponibles. Il vous permet aussi de consulter les news en vous offrant un aperçu qui vous permet de faire le tri entre ce que vous voulez voir et ne pas voir. Le but de tout cela n'est pas de faire du mal ou de s'approprier le contenu de tiers, mais simplement d'améliorer notre accès à l'information.

L'attaque juridique de Copiepresse est donc une atteinte aux fondements de l'Internet. C'est une attaque à vous, lecteurs, qui souhaitez pouvoir consulter votre site d'information francophone via Google News ou d'autres services similaires.

Cette attaque de Copiepresse repose sur des lois qui ont été écrites au siècle précédent pour éviter le libre échange de l'information, aussi connu sous le nom de “copyright”.

Avec l'Internet, l'humanité rentre dans une nouvelle ère qui repose sur le concept de “copyleft”. Le copyleft, par opposition au copyright, a pour but d'assurer un libre échange de l'information tout en préservant l'attribution. En d'autres termes, l'information est libre de voyager sur Internet pour autant qu'il y ait toujours un lien vers l'auteur original. Un excellent exemple est YouTube. Lorsque vous publiez une vidéo sur YouTube, n'importe qui peut la publier sur son site à son tour. Quel que soit le site sur lequel la vidéo est publiée, votre nom sera toujours associé à la vidéo en tant qu'auteur (la plupart du temps, vous avez d'ailleurs tout intérêt à ce que votre vidéo soit largement publiée et vue des milliers de fois). Quel intérêt pour l'auteur ? Une reconnaissance et une influence qu'il peut utiliser pour monétiser son audience. Dans cette nouvelle dynamique, on ne monétise plus un avoir physique qu'on a intérêt à garder pour soi, mais on monétise une distribution, un flux, qu'on a intérêt à partager pour croître son audience.

Si nous prenons le temps d'écrire cette réponse, ce n'est pas pour défendre Google ou l'Internet. Ils vont tous les deux très bien, merci. Telle une force de la nature, l'Internet continuera inlassablement son développement, et ce avec ou sans la fédération Wallonie-Bruxelles et ses médias. Non, si nous prenons le temps de réagir, c'est parce que nous ne voulons pas que cette région (nation ?) au coeur de l'Europe rate ce nouveau wagon porteur de progrès. Arrêtons de nous lamenter sur les vestiges du siècle passé et embrassons ce nouveau monde. Entrons dans le 21ème siècle, maintenant.

Est-ce que nos médias sont prêts à rentrer dans ce nouveau siècle des lumières ou vont-ils continuer à se battre pour défendre un passé qui n'est plus adapté aux nouvelles réalités de ce nouveau monde connecté ? La planète se connecte, la planète partage, la planète apprend.

Êtes-vous sur la même planète ?

Xavier Damman (@xdamman)

Vincent Battaglia (@vinch01)

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Quelques règles de bonne conduite avant de réagir
[25] talussaou dit le 27/07/2011, 14:17

Cette "carte blanche" est la vision de 2 pseudo-geeks. Ils parlent de concepts de "copyleft" inadaptée ou qu'ils ne comprennent pas. Et le fait qu'ils écrivent "Google (...) but de tout cela (...) simplement d'améliorer notre accès à l'information." prouve qu'ils sont assez naïfs. Malgré ça, il reste que celui qui a l'air le moins honnête est bien Copiepress avec ses nombreuses accusations infondées ("boycott" lors d'une application du jugement, "piratage" lors d'une cache indispensable à un moteur de recherche, et une soi-disant non "cohérence de nos contenus")

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[24] yannik dit le 27/07/2011, 12:48

n'importe quoi j'appartiens aussi à la "génération Y", ça ne m'empêche pas de comprendre que les journalistes aussi doivent manger

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[23] cidrolin dit le 25/07/2011, 14:10

XD et VB ne veulent pas des journaux "arbre mort". Ils préfèrent les journaux "électrons radioactifs"...

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[22] Totophe dit le 22/07/2011, 11:05

dirdir: Allez dire ça à Wikipedia, Mozilla Foundation, et consort...

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[21] dirdir dit le 22/07/2011, 10:15

Caca nerveux ! C'est ce que nous font les deux auteurs de cet article. Génération Y ! Faut vraiment être déconnecté de la réalité pour comparer internet à une force de la nature. Ils réclament un internet libre, mais il y a bien longtemps que c'est fini, depuis que la pub s'en est emparée. A cela sont venus s'ajouter les réseaux "sociaux" précurseurs du Big Brother. Je suppose que ces deux "digital natives" bossent pour rien. En tout cas s'ils ont appris l'Histoire sur internet, va falloir qu'ils révisent.

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