Copiepresse et Google : attention aux interprétations hâtives
Rédaction en ligne
mercredi 27 juillet 2011, 08:43
Bernard Marchant, administrateur-délégué du groupe Rossel, dont fait partie Le Soir, répond à l’interpellation de Xavier Damman et Vincent Battaglia.
© A Dewez - Le Soir
C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai pris connaissance de l’édito de Xavier Damman et Vincent Battaglia sur lesoir.be. Si je partage totalement leur avis sur les opportunités fantastiques qu’offre le net pour les métiers de la communication je pense qu’il convient néanmoins de préciser quelques aspects
1.Sur les conflits Copiepresse et Google :
Nous n’avons aucun problème fondamental à ce que Google télécharge nos contenus, mais vous comprendrez que le minimum est de se mettre d’accord avec eux sur ce qu’ils vont en faire. D’accord pour le copyleft, si bien entendu on respecte notre politique éditoriale, soit, le respect et la cohérence de nos contenus et notre choix sur le modèle économique lié à la valorisation de nos contenus (modèle freemium pour ce qui nous concerne). C’est le non-respect de ces deux derniers points (en particulier le premier) qui est à la base de la procédure datant de 2006.
2.Les éditeurs de presse ont vis-à-vis de la disponibilité de leurs contenus sur le net une approche beaucoup plus volontariste que les autres industries du contenu. Une grande partie de nos contenus est disponible librement sur le net depuis de très nombreuses années. On nous en fait d’ailleurs parfois le reproche.
Ce n’est légalement pas le cas de la musique, du cinéma et même de la télévision qui est pourtant le plus souvent perçue comme un média « gratuit « . Essayez de trouver sur Youtube les images exclusives de RTL, CNN ou de la RTBF, elles n’y restent pas longtemps. Des juristes veillent à ce que ces contenus soient exclusivement disponibles sur les sites des TV ! Il semble généralement admis que le « copyleft « s’applique à l’écrit mais beaucoup moins à la vidéo et au son. Est-ce logique ?
3.Un paragraphe de votre texte m’interpelle. « … le but de tout cela (de Google) n’est pas de faire du mal ou de s’approprier le contenu de tiers mais simplement d’améliorer notre accès à l’information… « Croyez-vous vraiment cela ? Non, il ne cherche en effet pas à faire du mal mais le premier objectif de Google est de monétiser les audiences ; il y réussit d’ailleurs pas mal puisqu’il est aujourd’hui la première agence de pub au monde. Nous n’avons pas de problèmes avec cela tant qu’il ne valorise pas nos contenus auprès des annonceurs et qu’il respecte certains fondamentaux.
Ce n’était pas le cas en 2006, même si cela pose en effet moins de problèmes aujourd’hui. Si Google, s’était engagé à ne pas monétiser directement ou indirectement nos contenus, mais de se contenter de monétiser leur référencement, il n’y aurait pas de conflits avec Copiepresse et beaucoup d’autres. Des accords existent d’ailleurs avec certains acteurs importants du secteur (Agence de presse, titre de presse américaine etc.), est-il normal de ne pas les étendre à l’ensemble du marché de façon transparente ?
4.Les éditeurs de presse francophone sont très volontaristes sur le net et nous n’avons plus de problèmes fondamentaux avec Google. La consultation de nos sites n’a rien à envier aux opérateurs d’autres marchés, bien au contraire. Il convient néanmoins à tous de garder l’esprit critique vis-à-vis de ce qui se passe sur internet, y compris sur nos sites, et de s’assurer que des phénomènes de concentration ne viennent mettre à mal ce fantastique « réseau de libre-échange « qu’est le net.
Ce sont donc les pratiques des différents opérateurs qu’il faut sans cesse observer. Google a une telle puissance (en particulier chez nous), et vos réactions ainsi que celles de beaucoup d’autres le prouvent, qu’il faut à tout le moins s’assurer qu’il respecte les fondamentaux de son service.
A ce titre, un acte de boycott était très grave et disproportionné car il remettait en cause les fondamentaux de son service aux internautes. Imaginez, si chaque fois que Google rentre en conflit avec un opérateur, qu’elle que soit son activité, il menace de « dé-référencer « l’opérateur en question. C’est principalement cela qui pose question et qui doit interpeller les internautes.
Nos fondamentaux à nous c’est de continuer à informer de la façon la plus complète, professionnelle et interactive que possible. Cela demande bien évidemment des moyens car la richesse d’internet c’est aussi et surtout l’exhaustivité et la diversité des contenus qui s’y trouvent. En tant qu’éditeurs de contenus, nous avons la responsabilité de sans cesse améliorer la qualité de ceux-ci. C’est notre premier combat. Le second est de trouver les moyens financiers pour y arriver. Et cela nécessite parfois aussi de se faire respecter et de faire respecter la loi. Peut être que celle ci n’est plus adaptée à la situation actuelle, c’est possible, mais ce n’est pas une raison pour ne pas en tenir compte.
En 2006 Google, dans la précipitation sans doute, n’en a pas tenu compte et s’est fait condamner… C’est tout… Cela arrive souvent en matière commerciale et rassurez-vous ce n’est qu’une goutte d’eau sans conséquence fondamentale pour Google si ce n’est de respecter ce que je considère être ses « coopétiteurs » qu’elle que soit leur taille. Mais est-ce une raison pour prendre de telle mesure de boycott ? Certainement pas. Ils ont d’ailleurs réagi très rapidement pour corriger le tir, preuve de l’efficacité de cette entreprise que nous respectons par ailleurs.
Bernard Marchant, administrateur-délégué de Rossel
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A Brusele et talussaou Pour toute clarté. Nous ne comparons pas youtube à google mais les enjeux sont les suivants, si rtl fait de l'audience en publiant un contenu video, que ce contenu est publier sur youtube avec toute la pub àcôté croyez vous que rtl face à youtube ait à moyen terme encore une chance de valoriser son espace. De même, sur google news (pas search!!) , si vous retrouvez une partie importante de l'article (le cas en 2006) et que Google valorise cet espace il sera difficile pour les éditeurs de contenus de le revaloriser après. Ce n'est plus la vente de référencement (principale source de revenus de google) mais vendre de la pub. C'était leur objectif au lancement de google news. Jamais les éditeurs n'ont eu de conflits avec google search ou là nos intérêts sont en effet complémentaires.
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1. Pourquoi affirmer que Google fait du boycott, alors qu'ils ont respecté le jugement? Ça ressemble à de la diffamation de la part de Copiepress, et la plupart de vos lecteurs ont un esprit critique et se font leur opinion. Ils ne sont ni hypnotisés par Google, ni ne donnent raison à Google systématiquement. 2. Vous dites "(...) respect et la cohérence de nos contenus (...) C'est le non-respect (...) qui est à la base de la procédure datant de 2006." C'est une affirmation facile, et sans exemples concrets, on ne vous croit pas. Si vous parlez par exemple d'un extrait du texte du Soir avec une photo de la DH, ce n'est pas vrai puisque les 2 références sont très clairement indiquées.
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Comparer youtube et google, c'est démontrer qu'on a rien compris à Internet et son fonctionnement : google propose une PARTIE d'un article (dont le titre) et quand on clique, hop, on va sur le site du journal (c'est comme ça que j'ai "découvert" lesoir.be...) Youtube n'offre pas de liens, c'est le site de contenu lui même alors forcément on ne peut pas y publier tout ce qu'on veut.. C'est un peu comme si une entreprise portait plainte contre qq1 qui lui fait de la pub (gratuitement)... pfff..
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Ratatouille: Et c'est de nouveau des arguments d'autorité, ou de mauvaise foi: "Votre mise au point est saluée par tous les pros du secteur..." Quel secteur ? Quels pros ? On peut avoir des noms ou bien c'est "ton petit doigt qui te l'as dit" ? De plus, l'article du "Microcosme Bruxellois" (Pour rappel, XD habite aux USA et non à Bruxelles, et ce n'est pas un blogger) ne dit pas à Le Soir qu'il doit distribuer gratuitement son "savoir", mais qu'avant de mener une grande guerre juridique ils auraient pu très bien regarder la partie technique de l'affaire, ce qui aurait évité mauvaise pub pour tout le monde. Et il ne faut pas voir le mal là où il n'est pas... (Don't be evil)
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A Talussaou Rien mais rien du tout dans la décison de justice n'obligeait google à dé-référencer copiepresse de google. Si cela avait été le cas, ils auraient d'ailleurs du le faire en mai, à la date de la décision de justice, pas en juillet. Vous utilisez des termes excessifs de "diffamation" lorsque l'on sait que le jeudi les 2 parties discutent pour finaliser un accord, se donne rendez vous le lundi pour continuer les discussion, et on découvre vendredi le dé-référencement sans que jamais cela n'ai été discuté ! L'esprit critique ne doit pas se faire à sens unique !Encore une fois, il n'y a pas d'agressivité des éditeurs vis à vis de Google, mais des discussions visant à vider un contentieux datant de 2006. Avant de juger de façon aussi marquée une des partie il faut, je pense, avoir tous les éléments du dossier. Sachez que des discussions de ce type google en a énormément dans le monde.