Un Belge sur deux est opposé à la grève du 30 janvier

Rédaction en ligne

mercredi 25 janvier 2012, 18:22

La grève du 30 janvier est maintenue. Selon Profacts, plus de 50 % des Belges ont un avis négatif sur cette grève.« C’est la seule façon de se faire entendre », s’est justifié Claude Rolin. Le leader de la CSC a répondu à vos questions

55 % des Belges ont un avis négatif sur la grève du 30 janvier, selon le bureau d’études Profacts qui a interrogé 1.054 Belges début janvier sur la grève annoncée, le droit de grève et les syndicats. A peine 21 % des Belges soutiennent l’action nationale et 24 % sont sans avis.

L’avis négatif majoritaire est principalement fort chez les indépendants (78 % d’opposants), les gens qui ne sont pas syndiqués (69 % contre) et chez les Flamands (60 % contre alors que 49 % des Wallons le sont).

Les Belges majoritairement « pour » un service minimum

Selon Profacts, 89 % des Belges ne participeront aucunement aux actions prévues ce jour-là. Enfin, 61 % des sondés estiment que le droit de grève doit être adapté. Une infime minorité de la population (3 %) pense même que le droit de grève doit être supprimé.

Les Belges sont en grande majorité (84 %) pour l’instauration d’un service minimum dans les hôpitaux (84 %), à la police (79 %) et dans les transports publics (73 %). Une majorité de Belges (56 %) pensent que les syndicats sont utiles.

« On avait prévenu le gouvernement »

Claude Rolin, secrétaire général du syndicat CSC a répondu à vos questions sur la grève du 30 janvier. Une grève contre le gouvernement ou contre le système ?

« D’une part, le plan du gouvernement nous parait très mauvais. C’est un plan qui frappe, qui fait mal aux salariés, aux allocataires sociaux. Un plan qui touche aux allocations de chômage, aux jeunes, qui rend plus difficiles les crédits-temps, les prépensions. »

« Mais d’autre part, nous sommes dans une crise du capitalisme financier. C’est lui qui nous a mis dans le mur dans une crise dont nous n’arrivons pas à sortir. Et aujourd’hui l’Europe nous impose une mauvaise solution. Celle de l’austérité. L’Organisation internationale des travailleurs a d’ailleurs déclaré que les plans d’austérité qui sont menés en Europe sont très mauvais, et que ce qu’il faut faire, c’est de la relance par l’emploi. »

« La grève de lundi, c’est une grève pour un autre mode de croissance : une croissance riche en emploi, mais durable. »

La solution, baisser les charges sur le travail ?

« On ne peut pas parler de charge sur le travail. La fiscalité est un facteur important de cohésion de société. L’élément qui contribue le plus au fonctionnement de la société, c’est le travail. Clairement, il faut diminuer les prélèvements sur le travail et, en compensation, augmenter ceux sur le capital, c’est-à-dire plutôt sur la spéculation financière, par exemple. Afin de rééquilibrer la participation de chacun au fonctionnement de la société. »

Manifester, la seule façon de se faire entendre ?

« C’est le seul moyen qu’il reste aux travailleurs salariés pour se faire entendre, lorsqu’on refuse manifestement de les écouter. Cette grève générale a été initiée avec un très long préavis. Depuis le 14 décembre, les organisations syndicales ont prévenu que s’il n’y avait pas une concertation digne de ce nom pour modifier ce qui est sur la table, et imposé par le gouvernement, il y aurait une grève. »

« La grève, c’est un échec »

« Avant la formation du gouvernement, nous avions déjà prévenu qu’il ne fallait pas s’engager vers certaines voies. Malheureusement, le gouvernement a opté pour cela. C’est clair qu’une grève pénalise les entreprises, mais il faut aussi reconnaître que le monde patronal a souhaité les mesures qui sont mises en œuvre aujourd’hui. »

Une grève pour relancer la concertation ?

« Même s’il est étonnant pour un syndicaliste de dire cela, une grève est toujours un échec. L’échec d’une négociation, l’échec de la concertation. La grève doit permettre de reprendre la concertation, mais sur d’autres bases. Car aujourd’hui, nous n’avons pu ouvrir un réel espace de négociations. Il faut aussi se concerter sur les choses à décider, et ne pas les imposer en ne disant que comment cela s’appliquera. »

Pourquoi pas une action européenne ?

« Ce matin, nous avions une réunion du comité de direction du syndicat européen, la confédération européenne des syndicats. Au cours de celle-ci, nous avons décidé de mener une journée d’actions européennes, le 29 février. Elle aura lieu en même temps, dans tous les pays d’Europe. »

« Ce ne sera pas forcément des grèves, nous devrons définir comment cette journée d’actions européennes sera conduite. Mais dans chaque pays d’Europe, il y aura des actions, au travers du mot d’ordre du syndicat européen. Mais vous avez raison, les enjeux seront de plus en plus européens. »

Outre le droit de grève, le droit de se rendre au travail

« Clairement, le mot d’ordre pour lundi, c’est une journée de grève, c’est-à-dire, on arrête le travail. De notre côté, à la CSC, nous n’appelons pas à des blocages routiers. Nous pensons qu’il s’agit de choses qui ne sont pas bonnes. Parce que l’enjeu d’une grève, c’est aussi d’élargir le front de solidarité. La grève permet aussi d’expliquer aux uns et aux autres ce qui ne va pas, de leur expliquer nos revendications et ce que nous proposons. »

Propos résumés par Bastien Doyen



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Quelques règles de bonne conduite avant de réagir
[128] cidrolin dit le 30/01/2012, 12:30

un belge sur deux est opposé à la grève générale d'aujourd'hui. Donc ce belge sur deux est en accord avec la manière du gouvernement actuel de faire face à la crise financière et économique. Donc ce belge sur deux trouve qu'il vit au-dessus de ses moyens. Donc ce belge sur deux est, d'après lui, trop bien payé; et il trouve qu'il sera mis trop tôt à la retraite, pour percevoir une pension bien trop élevée, et payer bien trop peu pour ses soins de santé. Qu'est-ce qu'il attend pour aller trouver son patron et lui faire part de son souci ? Avec de la bonne volonté, on va pouvoir lui trouver une solution...

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[127] forum29 dit le 30/01/2012, 11:34

placement d'un capital Quand Monsieur Rolin compare 2 utilisations d'un capital " conséquent ", il oublie de dire que celui qui choisit d'investir dans une société, de créer de l'emploi aura d'énormes problèmes avec les syndicats, les grèves, ... que si il fait du bénéfice, il sera critiqué et si il fait faillite, ce sera parce qu'il sera un mauvais gestionnaire, bref, il travaillera 12 heures par jour et il n'aura que des critiques quoiqu'il fasse. Par contre celui qui place son argent, si il le fait intelligemment, il ne risquera pas grand-chose et il aura beaucoup plus de loisirs et de considération.

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[126] JuLiEn-D dit le 29/01/2012, 20:31

Tous ensembles continuons ce que nos anciens ont commencés Comme à chaque fois lors des dernières grèves, un grand débat s'ouvre... Il fut un temps ou l'on se battaient pour gagner une avancée sociale, aujourd'hui on doit se battre pour ne plus reculer et perdre nos acquits ! Alors plutôt que de débattre ici, je garde mon énérgie pour me battre avec mes collègues demain dans les piquets...

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[125] Toscanacio dit le 29/01/2012, 19:04

La grève du 30/1, un mal pour le bien. Il est toujours si facile de critiquer ceux qui mettent de l'énergie à vouloir changer les choses. Il est si facile de laisser parler ses peurs en se rassurant dans de faux semblants. Qui est responsable de la situation de crise, qui est responsable d'avoir laisser aller les choses si loin depuis des décennies? On dit le syndicat bouge mais trop tard ou est inadapté. Mis à part lui, qui aujourd'hui peut encore déployer de l'énergie à rassembler des gens pour ESSAYER de changer les choses? Qui? La responsabilité de la crise est à imputer au dérèglement d'un système, d'une société qui depuis des années forgent les différences entre les classes sociales alors qu'un modèle de société doit pourtant évoluer vers le haut, c-a-d savoir vivre tous ensemble décemment Mais qui tire les rennes de nos sociétés? C'est bien le monde de la finance! Et pourtant, c'est le citoyen qui victime du système doit payer l'addition, cherchez l'erreur! Alors demain, bougeons! Moi je ferai piquet dans le froid.

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[124] dsti dit le 28/01/2012, 16:33

pour manuela Vous posez les bonnes questions et les syndicats en clamant que la finance st la source de tous nos maux nous trompent. La finance a une part de responsabilité mais elle n'est pas à l'origine de nos déficits qui existaient déjà en 2008 et qu'elle n'a fait qu'aggraver. Ceux-ci sont du au chômage qui est né de la globalisation. Nous riches devons maintenant partager nos richesses avec les pays émergents et nous nous appauvrissons tandis que leur niveau de vie s'améliore (300millions de Chinois ont maintenant un niveau de vie supérieur aux Portugais et 700 millions attendent une amélioration). Il y a un siècle le même combat social avait lieu entre les nantis et les ouvriers. La seule voie de sortie est celle de l'Allemagne : une certaine austérité, une excellente formation professionnelle pour exporter des produits chers et de haute qualité.

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