Le 11h02 : « Il n’y pas d’ancien ni de nouveau PS à Charleroi »

Rédaction en ligne

mardi 07 février 2012, 13:17

Eric Massin pour succéder à Jean-Jacques Viseur comme bourgmestre de Charleroi. Ce choix en a laissé certains perplexes. A raison ? Pascal Lorent a répondu à vos questions

Est-ce le retour de l’ancien PS ?

« Tout d’abord, il faut rendre au PS carolo le fait qu’il a fait jouer sa démocratie interne. Si Magnette avait désigné seul le remplaçant de Jean – Jacques Viseur, on aurait crié au déni de démocratie. Le vote s’est exprimé, il est largement favorable à Eric Massin. De plus, autant Massin que Ficheroulle, les deux hommes avaient les qualités pour diriger la ville de Charleroi. Ce n’est donc pas un choix par défaut. Concernant la question, je ne pense pas que ce soit le retour de l’ancien PS. Il n’y a pas d’ancien et de nouveau PS, il n’y a qu’un seul PS. Au sein de celui-ci, certains tiennent un discours plus rénovateur, certaines pratiques ont changé mais on a jamais entendu dire au sein du PS carolo que la gestion passée était mauvaise. Dire qu’il y a un nouveau et un ancien PS, non. Il y a des anciens dirigeants qui sont toujours là. Mais je constate qu’en les laissant continuer à jouer un rôle, le PS carolo se confond avec ses anciens dirigeants. Donc, il n’y a qu’un seul PS, et c’est toujours un peu le vieux PS. »

Pourtant, cette gestion passée aurait dû être pointée du doigt, ne le pensez-vous pas ?

« En effet. On a mal géré, on a conduit cette ville dans le fossé. On a préféré mettre l’argent dans le sport et ça, ce n’est pas seulement Claude Despiegeleer. Cela s’est fait avec la complicité de l’ensemble du collège qui le regardait faire. Parce qu’on se disait que le sport paillette, le sport spectacle allait nous faire gagner les prochaines élections. C’était une logique à court terme. Donc on n’a pas investi dans les bâtiments scolaires, on n’a pas renouvelé les chaudières quand il fallait. Aujourd’hui, elles claquent les unes après les autres. Egalement, il n’y a pas eu de véritable politique de la mobilité, ni de l’urbanisme. Il y a donc vraiment à redire sur cette gestion passée qui a conduit à l’appauvrissement progressif de Charleroi. »

La vieille garde ne fait-elle pas fuir les nouveaux venus ?

« Précisons d’abord qu’Ingrid Colicis, avant l’annonce de son départ, était plutôt favorable à Eric Massin. Est-ce que Colicis est une méchante qui soutient les anciens ? Je pense que Paul Magnette a raison quand il dit que ce ne sont pas deux blocs qui s’affrontent et qu’il y a des nuances et des relations personnelles. Je ne classerais pas Ingrid Colicis parmi les anciens et pourtant, elle est très critique du bilan de Paul Ficheroulle. Elle s’est rapprochée d’Eric Massin. Donc, elle a une approche qui est personnelle. Elle a vécu certaines choses au sein du collège qui explique peut-être son positionnement. Dès le moment où il y avait un scrutin interne, on savait que Paul Ficheroulle perdrait. Ceci pour différentes raisons. La principale est qu’il s’était permis de dire tout haut que la gestion passée avait produit un résultat catastrophique. Et ça, des gens comme Jacques Van Gompel lui ont tenu rancune. Ensuite, comme le reste du collège actuel, il a été plongé dans le marasme de la ville. Les résultats se sont fait attendre. Donc, un certain nombre de raisons ont fait que Ficheroulle n’était pas suffisamment populaire au sein du PS pour s’imposer. »

Propos résumés par Gauvain Dos Santos (St.)